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DOSSIER. Guerre en Ukraine : les nouvelles frontières dans le viseur de Vladimir Poutine

l’essentiel
Après deux ans de guerre en Ukraine, Vladimir Poutine reste une menace pour plusieurs de ses voisins au nom d’une vision expansionniste russe, sur terre, mais aussi dans le cyberespace.

L’anecdote était connue mais, en la rappelant sur un plateau de la chaîne LCI la semaine dernière, le commissaire européen Thierry Breton lui a redonné toute sa pertinence. « A la fin de son mandat Chirac reçoit Poutine à l’Elysée, nous étions 4 ou 5 à dîner. A un moment, on parlait de frontières et Poutine a dit à Chirac : Tu vois Jacques, la Russie c’est comme un continent mais aussi comme un océan. Pour nous, la frontière n’existe pas. Sur un océan, elle va et vient… », affirme l’ancien ministre de l’Economie de Jacques Chirac, expliquant qu’il « n’a jamais oublié cette phrase ».

« Le modèle unipolaire est non seulement inacceptable mais aussi impossible »

Dix-sept ans plus tard, il illustre bien l’état d’esprit de Vladimir Poutine et sa vision expansionniste – pour ne pas dire impérialiste – des frontières russes. D’ailleurs, en 2007, lors de la conférence de Munich sur la sécurité, le maître du Kremlin – qui a toujours considéré que la chute de l’URSS en 1991 était la « plus grande catastrophe géopolitique du XXe siècle » – prévenait : « Qu’est-ce qu’un monde unipolaire ? C’est un centre unique de pouvoir, un centre unique de force, un centre unique de décision. C’est le monde d’un seul maître, d’un seul souverain. J pense que dans le monde contemporain, le modèle unipolaire est non seulement inacceptable mais aussi impossible. »

Depuis, en 2014, il y a eu l’annexion de la Crimée – et de son port stratégique de Sébastopol pour la flotte russe de la mer Noire – puis, le 24 février 2022, l’invasion de l’Ukraine, autrefois grenier de l’URSS, dont Poutine a l’influence. voudrait évidemment regagner du terrain en récupérant les anciens pays satellites de l’Union Soviétique.

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Ces derniers prennent les menaces territoriales du maître du Kremlin bien plus au sérieux que les pays d’Europe occidentale. Les trois pays baltes – Estonie, Lettonie, Lituanie – aujourd’hui démocraties remarquables, membres de l’Union européenne et de l’OTAN, dont deux partagent une frontière commune avec la Russie, craignent réellement de subir le même sort que l’Ukraine, « d’autant qu’ils séparent les frontières russes ». l’enclave de Kaliningrad de sa patrie.

Plus de stands de tir en Finlande à préparer

La Finlande, qui possède la plus longue frontière européenne avec la Russie – 1 130 kilomètres – craint également une invasion. Alors que les tensions se sont accrues le long de cette frontière – la Russie étant accusée d’orchestrer une crise migratoire en envoyant des migrants vers la Finlande – le pays nordique encourage ses citoyens à utiliser les armes et a multiplié les stands de tir. Elu président en février, le conservateur Alexander Stubb, atlantiste et fervent pro-européen, a sorti son pays de sa position historique de non-alignement pour rejoindre l’Otan l’année dernière. La Suède a suivi le même chemin cette année en devenant le 7 mars le 32e membre de l’OTAN. En envahissant l’Ukraine, Poutine pensait diviser l’Europe et l’OTAN, mais c’est le contraire qui s’est produit.

Un bateau d'assaut rapide suédois de classe CB90 lors de l'exercice militaire Nordic Response.
Un bateau d’assaut rapide suédois de classe CB90 lors de l’exercice militaire Nordic Response.
AFP

Depuis 2022, l’Alliance atlantique – qui a déployé de nombreux militaires sur le front de l’Est, dont des Français en Roumanie avec la mission Eagle ou en Estonie avec la mission Lynx – a également multiplié les exercices. Depuis janvier, dans des conditions souvent extrêmes, environ 90 000 soldats ont participé au plus grand exercice de l’Otan depuis la fin de la guerre froide, baptisé Steadfast Defender 2024. « Nous montrons ainsi que nous sommes prêts à défendre nos territoires et il est très important d’agir. ensemble pour renforcer nos capacités », a expliqué le ministre suédois de la Défense, Pal Jonson.

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Le vice-ministre polonais des Affaires étrangères a également déclaré mardi dernier que l’OTAN étudiait la possibilité d’abattre des missiles russes s’approchant trop près des frontières de l’Alliance atlantique, deux jours après que la Pologne a signalé une violation de son espace aérien par un missile de croisière russe qui a visé l’Ukraine. .

Les régions arctiques sont de plus en plus stratégiques

L’exercice militaire de l’OTAN intervient dans le contexte de la guerre en Ukraine, mais aussi parce que les régions arctiques sont de plus en plus stratégiques – économiquement et militairement – ​​en raison des nouvelles routes de traversée permises par le réchauffement climatique qui font fondre la glace. Depuis 2000, la Russie continue d’investir dans ce domaine.

La Moldavie affronte les séparatistes pro-russes dans la région de Transnistrie
La Moldavie affronte les séparatistes pro-russes dans la région de Transnistrie
AFP – DANIEL MIHAILESCU

Par ailleurs, le Kremlin joue sur d’autres dossiers : il soutient les séparatistes pro-russes de Transnistrie, en Moldavie, comme il a soutenu ceux du Donbass ou de Géorgie ; et influence les tensions politiques dans les Balkans occidentaux, et particulièrement au Kosovo, qui pourrait redevenir la poudrière qu’elle était à la fin du XIXe siècle.e et au début du 20ème sièclee des siècles.

Enfin, si les ambitions territoriales de Poutine restent pour l’instant une menace, il en va autrement dans le cyberespace. Là-bas, le Kremlin mène déjà une guerre hybride de cyberattaques et de désinformation, dont la France est l’une des principales cibles…

Gérard Truchon

An experienced journalist in internal and global political affairs, she tackles political issues from all sides
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