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DOSSIER. Contrôle technique : pourquoi de plus en plus de Français assument de ne plus le passer

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Une étude récente montre que de plus en plus d’automobilistes français n’effectuent plus de contrôles techniques sur leur voiture. Un choix financier, parfois volontaire dans la plupart des cas. Explications d’un phénomène qui pose question et qui ne cesse de s’accentuer en France.

La date du contrôle technique de votre véhicule approche mais vous faites semblant de ne pas voir cette échéance venir. Certains se reconnaîtront peut-être dans cet oubli volontaire, souvent lié à une fin de mois compliquée. Une dépense de plus, parfois difficile à supporter. Lorsqu’un véhicule semble rouler sans problème, cette visite est retardée, oubliée, voire annulée par de nombreux Français. C’est ce qui ressort du premier baromètre annuel de 40 millions d’automobilistes.

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L’association, grâce aux données collectées par le réseau Autovision – numéro deux du secteur du contrôle technique en France avec plus de 1 000 centres sur les 6 170 que compte l’Hexagone – s’est particulièrement penchée sur l’âge moyen des voitures qui bénéficient de cette visite. Il a diminué : de 16,8 ans en 2019 à 13,4 ans en 2023. Ces chiffres contredisent l’âge moyen du parc automobile français vieillissant qui était de 12,5 ans en 2022, contre 11,2 ans en 2013 selon les données de l’UTAC-OTC (Organisme Technique Central pour le contrôle technique des véhicules).

1 million de voitures roulent sans contrôle technique

Une des explications de cette tendance réside dans la réticence des propriétaires de véhicules de plus de 10 ans à y assister. Celui-ci est cependant obligatoire tous les deux ans depuis 1992 pour les voitures d’un poids inférieur ou égal à 3,5 tonnes âgées de plus de 4 ans. « De plus, depuis une loi de 2018, il existe un niveau ‘critique’ du contre-contrôle, rappelle Brice, responsable de plusieurs centres de contrôle technique à Toulouse. Ce qui contraint le propriétaire à ne plus pouvoir conduire son véhicule à partir du soir même où il a été averti de procéder à un second contrôle, sous peine d’immobilisation immédiate de la voiture. » Une mesure qu’il estime efficace en termes de sécurité, mais qui décourage de plus en plus de Français qui utilisent régulièrement leur véhicule.

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Ainsi, plus une voiture est ancienne, plus elle risque de présenter des défauts donnant lieu à une contre-inspection. Il s’expose donc à des réparations qui peuvent s’avérer coûteuses. En 2023, un quart des voitures de plus de 10 ans (26,01%) ont dû effectuer un deuxième contrôle technique, contre 12,22% pour les véhicules de 7 à 10 ans et 11,6% pour ceux de moins de 10 ans. 4 années.

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Malgré cela, selon les chiffres de l’OTC, l’état du parc automobile français est stable avec un taux de contre-contrôle qui n’a quasiment pas évolué entre 2022 et 2023. Un résultat trompeur puisque les propriétaires de voitures anciennes n’effectuent plus ce contrôle et ne augmenter ces pourcentages. Des chiffres inquiétants puisque, selon 40 millions d’automobilistes, près d’un million de voitures circulent illégalement sur les routes françaises et l’association estime qu’entre 5 et 7 % des véhicules ignorent désormais le contrôle technique en France.

Amendes et réparations

Ces derniers s’exposent à une amende de 135 euros, pouvant être réduite à 90 euros, portés jusqu’à 750 euros maximum, s’ils n’effectuent pas ce contrôle technique dans les délais. Mais le coût de la vie quotidienne a augmenté, tout autant que les pièces détachées qui ont connu une augmentation d’environ 8 % entre 2022 et 2023. Dans les garages, la facture a vu un bond de près de 26 % selon l’association de sécurité et de réparation en dernières années.

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« C’est tout un truc, juge Brice. Si les clients ne réparent plus, ce n’est pas à cause du coût des pièces, mais à cause de la durée de vie en général. Et quand on interroge les Français, difficile de contredire les propos tenus par le propriétaire de plusieurs centres de contrôle technique. « J’ai peur d’une contre-inspection, je n’ai pas envie de dépenser de l’argent pour la parcourir et réparer d’éventuels dégâts », résume simplement Samuel, étudiant de 22 ans. Il n’est pas seul dans cette situation, des milliers de ses compatriotes ont fait ce même choix, parfois au détriment de leur sécurité.

Ray Richard

Head of technical department in some websites, I have been in the field of electronic journalism for 12 years and I am interested in travel, trips and discovering the world of technology.
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