Nouvelles locales

Pourquoi y a-t-il tant d’incendies à Pointe-à-Pitre ?

Pourquoi Pointe-à-Pitre brûle-t-elle si souvent ? La question se pose puisque cinq incendies ont été signalés depuis le début de l’année. À chaque fois, des maisons prennent feu. A chaque fois, l’incendie se déclare dans un immeuble abandonné, puis touche les maisons voisines. Le SDIS et les autorités judiciaires enquêtent, tandis que le maire de la ville a déjà sa propre idée quant à l’origine de ces sinistres.

Le 25 février rue Raspail, le 25 mars à l’angle de la rue Jaurès et de la rue Lamartine, le 31 mars à Morne Miquel, le 22 avril rue Albert Prauca et le 5 mai rue Peynier ; en moins de trois mois, Pointe-à-Pitre a connu cinq incendies qui ont à chaque fois détruit une ou plusieurs habitations.


Après les incendies, qui se répètent à Pointe-à-Pitre, il reste des cendres et de nombreuses interrogations.


Pour le maire de Pointe-à-Pitre, une telle récidive n’est pas le fruit du hasard.

J’ai l’impression que Pointe-à-Pitre est victime d’un acharnement, d’une main criminelle (…). Tous ces incendies ne peuvent pas être accidentels. Compte tenu de l’ampleur de l’incendie, il ne peut pas être provoqué par un mégot de cigarette. Il y a donc une volonté d’une main occulte. Je ne cible personne (…)

Harry Durimel, maire de Pointe-à-Pitre

Harry Durimel, maire de Pointe-à-Pitre



©Christian Danquin – Guadeloupe La 1ère

Pointe-à-Pitre est-elle réellement victime d’un pyromane, voire d’un « main occulte » comme le déclare le maire de la ville ?
Contactée ce matin, la procureure de la République de Pointe-à-Pitre, Caroline Calbo, a confirmé que chaque incendie faisait l’objet d’une enquête pour en déterminer l’origine. Ces investigations, confiées au commissariat, n’ont malheureusement rien donné jusqu’à présent. Mais les investigations se poursuivent.

A défaut de retrouver le(s) auteur(s) de ces catastrophes, il reste possible d’identifier des facteurs de risque.
C’est le travail de l’Unité de Recherche sur les Causes et Circonstances des Incendies (RCCI) du Service Départemental d’Incendie et de Secours (SDIS) de Guadeloupe. Il s’avère que les foyers concernés sont jugés »précaire »par les pompiers.

Difficultés d’accès, rapidité de propagation. Nous le savons tous : le bois n’est pas la meilleure protection contre les flammes. Et donc ces habitats assez conséquents (parfois R+2, R+3 tout en bois), avec des structures qui se touchent, sans isolement, les unes des autres, rendent ces habitations particulièrement dangereuses, dès qu’un incendie se déclare. là-bas.

Colonel Stéphane Lhomme, directeur départemental adjoint du SDIS 971

Colonel Stéphane Lhomme, directeur départemental adjoint du SDIS 971



©Eric Stimpfling – Guadeloupe La 1ère

Ces maisons sont donc très souvent squattées, selon les riverains.

Une source policière s’interroge même sur la présence éventuelle d’un crack de cuisine, avec des solvants et de l’éthanol, des produits extrêmement inflammables.

Des maisons abandonnées, non débarrassées, non entretenues, laissées à la merci des sans-abri et/ou des toxicomanes, voire des trafiquants de drogue. Compte tenu de ces éléments, la responsabilité des propriétaires pourra être engagée.

Ce sont des destinées humaines qui sont affectées. Dans cette maison où l’incendie s’est déclaré, réside une grande partie de mon enfance, chez Man Vèvè ! Voir la maison de Man Vèvè dans cet état me brise le cœur. Il n’y a pas trois semaines, j’ai alerté les héritiers directs, pour leur dire : « Ne sors pas de la maison de Man Vèvè comme ça, va en poudre  » Tiens, on m’a dit non, ce n’était pas dans un état d’abandon évident (…).

Harry Durimel, maire de Pointe-à-Pitre

Harry Durimel, maire de Pointe-à-Pitre



©Christian Danquin – Guadeloupe La 1ère

Depuis 2020, la ville a recensé 147 propriétés abandonnées, dont 37 ont fait l’objet d’une mise en demeure. Seuls quatre propriétaires ont demandé un délai supplémentaire, sous prétexte de projets imminents ou de difficultés intrafamiliales.

En effet, aujourd’hui, l’ensemble de Pointe-à-Pitre constitue une zone à risque d’incendie.

A LIRE AUSSI :

Gérard Truchon

An experienced journalist in internal and global political affairs, she tackles political issues from all sides
Bouton retour en haut de la page