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Comment des jeunes ont trompé une ville entière avec une fausse flamme olympique conçue avec des sous-vêtements – Édition du soir Ouest-France

Il s’agit de l’un des plus grands canulars de l’histoire du relais de la flamme olympique. En 1956, juste avant les Jeux de Melbourne, un groupe d’amis déguisés et portant une fausse torche trompa une ville entière.

Si le relais de la flamme olympique s’effectue désormais selon un protocole très strict, il fut un temps où les organisateurs n’avaient pas pensé à tout. Un manque d’expérience qui donna lieu, en 1956, à l’une des plus grosses plaisanteries de l’histoire de la compétition.

Nous sommes le 18 novembre 1956 à Sydney, ville étape du relais à l’époque. Ce matin-là, toute la ville était en émoi. Une foule de plusieurs dizaines de milliers de personnes attend l’arrivée du champion de cross et porteur du flambeau, Harry Dillon. Outre la foule, tout un bataillon de policiers, certains à moto, d’autres en voiture, se tiennent aux portes de la ville et dans les rues.

Vers 9h30, un homme accourut, torche à la main. Pantalon gris, chemise blanche et cravate, ce dernier ressemble plus au citoyen lambda qui sort de son bureau en fin de journée qu’aux athlètes vêtus tout de blanc qui apparaissent à la télévision et dans les magazines. Mais l’euphorie du moment l’emporte sur toutes les questions, et très vite, les acclamations retentissent. Les policiers, de leur côté, se sont mis en ordre d’escorte pour assurer la sécurité du coureur.

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Après avoir traversé la ville, ce dernier arrive à la mairie de Sydney, où l’attend Pat Hills, le maire. Cette dernière est déstabilisée. Le coureur devait arriver plus tard, et le voilà déjà en haut des marches, la torche à la main. L’élu réagit tout de même rapidement, reprend le flambeau et débute son discours en suivant le protocole mis en place.

Et c’est là que le drame entre en jeu pour Pat Hills. Au milieu de son discours, un administrateur s’approche de lui et lui fait remarquer que le flambeau qu’il tient a l’air drôle. Pire encore, cela semble totalement faux. Pat Hills tourne la tête, cherche le coureur, mais ce dernier a déjà disparu.

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Les Jeux oui, mais sans le relais

Vous l’aurez deviné, l’homme qui a passé le flambeau au maire n’était pas Harry Dillon. D’ailleurs, ce dernier arrivera quelques temps plus tard avec le véritable flambeau. Mais alors, qui aurait bien pu tromper la ville ?

Cet homme est Barry Larkin, un étudiant de Melbourne. Un jour, il apprend par un ami que la flamme olympique devait passer par Sydney. Cet ami, membre de l’organisation du passage de la flamme dans la métropole, lui donne en détail les points de passage et les horaires prévus pour l’événement. Barry Larkin et ses amis décident alors de tromper tout le monde. Pour quoi ? Parce qu’ils sont fondamentalement contre le relais de la flamme, en raison des origines de la pratique. Car si la flamme olympique est apparue pour la première fois en 1928, lors des Jeux d’Amsterdam, le premier relais a été créé à l’initiative du régime nazi, pour les Jeux de Berlin en 1936.

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Un pied de chaise, une boîte de conserve et… des sous-vêtements

Pour faire passer leur message, Larkin et ses amis décident de créer une fausse torche, portée par un faux coureur, escorté par un faux policier.

Pour ce faire, ils récupèrent un pied de chaise en bois et une boîte de conserve vide qu’ils peignent en argent. Le faux coureur s’habille en blanc et le faux policier enfile un uniforme de réserviste. Et pour la flamme ? Les amis ont la bonne idée de remplir la canette de… sous-vêtements, qu’ils trempent dans du kérosène et y mettent le feu.

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Le grand jour, le duo est à l’entrée de la ville, prêt à lancer sa farce, mais le coureur tombe et finit par s’enfuir. Et c’est là que Barry Larkin prend littéralement le relais. Il court devant les policiers qui craquent en même temps que la foule des spectateurs, et c’est en triomphe qu’un Barry Larkin en haillons arrive devant le maire de Sydney.

En fin de compte, le canular a été plutôt bien accueilli et aucune accusation n’a été portée contre Larkin et sa bande. Le jeune homme a même été ovationné par ses camarades de classe à sa rentrée universitaire et décoré par le directeur de l’établissement. Côté olympique, l’incident a conduit à renforcer les mesures de sécurité autour des relayeurs. Quant au maire, Patt Hills, on se souviendra de lui comme de l’homme qui a pris des sous-vêtements en feu pour la flamme olympique.

Cammile Bussière

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