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Pourquoi Jordan Bardella se trompe sur les voitures électriques

Jordan Bardella, candidat aux élections européennes, s’en prend aux voitures électriques. Démêleons le vrai du faux dans ses déclarations et explorons les véritables enjeux de la transition énergétique dans le secteur automobile.

Jordan Bardella, candidat RN aux élections européennes

Jordan Bardella, candidat aux élections européennes 2024 pour le Rassemblement National, exprimé a critiqué à plusieurs reprises les voitures électriques.

Même si certaines de ces préoccupations sont légitimes, il est important de démêler les faits de la fiction et d’apporter des nuances pour mieux comprendre la transition vers les véhicules électriques.

« Le tout électrique entraînera une augmentation des factures pour le coût d’acquisition et le coût de réparation »

Il est vrai que les voitures électriques coûtent généralement plus cher à l’achat que leurs équivalents thermiques. Cependant, il faut considérer le coût total de possession (TCO), qui comprend les coûts d’exploitation et de maintenance. Les véhicules électriques sont alors moins chers à utiliser au quotidien, grâce à des coûts d’énergie et d’entretien réduits. Concernant l’achat, les aides gouvernementales et les incitations fiscales peuvent réduire l’écart de prix entre les véhicules électriques et thermiques.

Concernant les coûts de réparation, les véhicules électriques comportent moins de pièces mobiles, ce qui réduit les risques de pannes et les coûts de maintenance. Cependant, le remplacement des batteries peut s’avérer coûteux, même si leur durée de vie s’améliore et que leurs coûts diminuent de plus en plus.

Enfin, selon l’Agence internationale de l’énergie (AIE), le TCO des véhicules électriques devrait devenir compétitif par rapport à celui des véhicules thermiques d’ici 2025-2030, voire plus tôt dans certains cas.

« Augmenter notre dépendance à l’égard de la Chine »

La Chine est en effet un acteur majeur dans la production de batteries et de terres rares, matériaux essentiels aux véhicules électriques. Cependant, l’Europe et les États-Unis investissent massivement dans la recherche et le développement de technologies alternatives et dans la production locale de batteries. De plus, des efforts sont déployés pour recycler les batteries usagées et réduire la dépendance aux terres rares.

Un exemple ? La société Lithium de France va investir 44 millions d’euros pour exploiter des gisements de lithium en Alsace. De quoi réduire la dépendance de l’Europe tout en produisant des batteries pour voitures électriques moins polluantes.

Mine de lithium
Mine de lithium

Sans oublier que les batteries au sodium (totalement dépourvues de lithium et de cobalt) commencent à se développer à grande vitesse.

A noter également que les batteries se recyclent très bien, contrairement aux idées reçues. Suez développe par exemple un procédé innovant pour « atteindre, voire dépasser, les exigences de la future réglementation européenne en matière de recyclage, avec une utilisation des ressources naturelles et une empreinte carbone réduite ». Pour mémoire, l’Europe impose dès 2027 recyclage de 90% du cobalt, du cuivre et du nickel et 50% de lithium.

L’emplacement de ce site n’a pas été choisi au hasard puisque la ville située dans le nord de la France accueillera également l’usine Envision, qui produira des batteries pour les futures voitures électriques de Renault.

D’autres veulent aller encore plus loin, comme le géant chinois CATL. Cette dernière prévoit de construire plusieurs usines de recyclage en Europe afin d’atteindre 99 % de valorisation dans les années à venir.

Par ailleurs, une start-up allemande, spécialisée dans le recyclage des batteries lithium-ion, a commencé à livrer du lithium recyclé à ses premiers clients.

Il est également important de noter que la dépendance aux importations de pétrole pour les véhicules thermiques n’est pas négligeable. La transition vers les véhicules électriques peut contribuer à réduire cette dépendance et promouvoir l’indépendance énergétique.

Enfin, l’Union européenne n’est pas restée les bras croisés : l’Union européenne a récemment dévoilé une série de mesures pour contrer l’invasion de ces marques chinoises, tout en envisageant également d’augmenter encore les droits de douane.

MG4
MG4 // Source : MG

De son côté, la France agit à son échelle en ayant supprimé le bonus écologique pour les voitures produites en Chine, comme la Tesla Model 3, la Dacia Spring, la BYD ou la MG4, entre autres.

« Des industriels désorganisés, beaucoup d’industriels qui font marche arrière »

Il est vrai que certains constructeurs automobiles ont rencontré des difficultés dans leur transition vers les véhicules électriques. Pourtant, de nombreux acteurs majeurs de l’industrie automobile ont annoncé des investissements massifs dans l’électrification de leur gamme et le développement de nouvelles technologies.

Si la transition vers l’électricité pose des défis aux fabricants traditionnels, elle offre également de nouvelles opportunités significatives. Ces mouvements stratégiques ne traduisent pas un déclin mais plutôt une nécessaire adaptation à un marché en évolution.

« Apple a dépensé 1 milliard de dollars pour la voiture, Apple fait maintenant marche arrière »

Quant à Apple, l’entreprise n’a jamais officiellement confirmé son intention de produire une voiture électrique. Les rumeurs autour du projet « Titan » suggèrent plutôt un intérêt pour les technologies de conduite autonome et les services de mobilité. Même s’il est vrai que le projet Titan aurait été abandonné.

Mais cet abandon ne serait pas lié au coût, mais plutôt au retard pris par Apple. La concurrence est déjà de mise, avec Tesla ou de nouveaux venus venus d’Asie, comme Xiaomi, Sony, Nio, Xpeng, etc.

A noter que ces projets technologiques d’une telle envergure font souvent l’objet de réajustements en fonction des avancées technologiques et des conditions du marché, ce qui est typique de la gestion de projet chez Apple.

« Beaucoup d’agences de location de voitures électriques font marche arrière parce que c’est cher »

C’est vrai, certaines agences de location ont du mal à intégrer les véhicules électriques dans leur flotte, en raison du coût d’acquisition et des contraintes liées à la recharge et aux réparations.

Si Hertz a décidé de se débarrasser de ses Tesla, à des prix très bas, c’est parce que ces voitures coûteraient trop cher à réparer.

Si les coûts de reconditionnement d’une voiture électrique sont généralement inférieurs, ce n’est pas le cas de ceux de la marque américaine. En moyenne, il coûte 5 552 $, contre 4 474 $ pour les autres fabricants.

« Je milite pour l’abrogation de cette décision d’interdire la vente de véhicules thermiques d’ici 2035. »

Il est important de souligner que cette proposition ne signifie pas la fin des véhicules thermiques en circulation, mais plutôt l’arrêt de la vente de véhicules neufs émetteurs de gaz à effet de serre. Les véhicules d’occasion et les véhicules existants pourront continuer à circuler.

Rappelons enfin que la politique européenne est un engagement fort contre le changement climatique. L’abrogation pourrait non seulement compromettre les objectifs environnementaux, mais également isoler l’Europe technologiquement et économiquement dans un marché mondial en évolution vers l’électricité.

Pourquoi ce que dit Jordan Bardella est dangereux

Les critiques contre les voitures électriques, comme celles exprimées par Jordan Bardella, peuvent réellement faire reculer nos efforts pour lutter contre le changement climatique et réduire notre dépendance aux combustibles fossiles.

Les voitures électriques sont essentielles pour réduire les émissions de gaz à effet de serre, notamment dans le secteur des transports qui pollue beaucoup. Si nous ralentissons cette transition, nous risquons de continuer à dépendre des énergies fossiles et de passer à côté des engagements pris, comme ceux de l’accord de Paris.

De plus, cette résistance au changement prolonge notre dépendance au pétrole qui doit être importé, ce qui n’est ni économique ni sûr. La combustion de ces énergies fossiles libère également des particules fines qui, selon Santé Publique France, tuent prématurément 40 000 personnes par an en France et réduisent de huit mois l’espérance de vie des Français.

La France a aussi tout à gagner à promouvoir l’électricité verte. Grâce à son expertise dans le nucléaire et à ses investissements dans les énergies renouvelables, elle pourrait devenir leader dans la production de véhicules électriques propres. Cela contribuerait non seulement à réduire notre empreinte carbone, mais également à renforcer notre industrie automobile et à positionner la France comme un leader sur le marché international.

Bref, le discours de Jordan Bardella contre les voitures électriques est dangereux, car il ignore les questions environnementales, de santé publique, d’innovation, de compétitivité et d’indépendance énergétique, et risque de ralentir la transition vers un modèle de mobilité plus durable. et respectueux de l’environnement.


Ray Richard

Head of technical department in some websites, I have been in the field of electronic journalism for 12 years and I am interested in travel, trips and discovering the world of technology.
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