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International

La guerre hybride de la Russie contre l’Europe est-elle un signe de faiblesse ou un prélude à un véritable conflit ?

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Ces derniers jours, les signaux d’alarme se multiplient en Europe. Le chancelier allemand Friedrich Merz a résumé l’ambiance générale : avec la Russie, « nous ne sommes pas en guerre, mais nous ne sommes plus en paix non plus ». Sa collègue danoise, Mette Frederiksen, affirme que « nous vivons la situation la plus difficile en Europe depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale ». Quant à l’ancienne patronne des services secrets britanniques, Eliza Manningham-Buller, elle a poussé la réflexion plus loin : « Peut-être est-il juste de dire que nous sommes déjà en guerre contre la Russie. »

Derrière ces déclarations résumées par Gideon Rachman pour le Financial Times, un terme, celui de « guerre hybride ». Cette stratégie, que Moscou utilise habilement, consiste à multiplier les actions offensives qui ne dépassent pas un certain seuil de violence : « Un jour les drones, le lendemain les cyberattaques, le troisième le sabotage »schématise Mette Frederiksen. Ces dernières semaines, des drones russes ont pénétré l’espace aérien polonais et des avions de combat ont violé à plusieurs reprises l’espace aérien estonien. Les aéroports de Copenhague et de Munich ont même été contraints de fermer temporairement, le Danemark ne laissant guère de doute sur l’origine des perturbations.

Même si le terme « guerre hybride » fait désormais la une des journaux, il ne décrit pas une nouvelle tactique. L’année dernière déjà, la Russie avait été impliquée dans des incendies criminels en Europe et dans un projet visant à placer des colis piégés sur les vols cargo de DHL. L’Otan accuse également Moscou d’avoir envisagé d’assassiner le PDG de Rheinmetall, puissant fabricant d’armes allemand. Les violations de l’espace aérien estonien ont été fréquentes, mais la dernière, plus longue, a été perçue comme un changement d’échelle et une véritable provocation.

Face à cette offensive hybride, une question revient de manière récurrente dans les chancelleries : est-elle un substitut à la guerre conventionnelle, ou un prélude à celle-ci ? La stratégie de réponse choisie par les pays concernés dépendra de la réponse. Certains y voient un signe de faiblesse : embourbée dans le conflit ukrainien, la Russie aurait recours au harcèlement hybride, faute de moyens pour affronter directement l’Otan. Les frappes ukrainiennes sur ses raffineries – près de la moitié ayant été endommagées – affaiblissent un pilier essentiel de ses revenus d’exportation.

Faiblesse ou prélude ?

À Moscou, le discours officiel est tout autre : en fournissant à Kiev des missiles à longue portée et des renseignements militaires, l’Occident mène une guerre par procuration contre la Russie. Le Kremlin laisse entendre que les bases militaires de l’Otan servant de relais à l’aide ukrainienne pourraient devenir des cibles. Pour l’instant, la réponse reste limitée, sans bombardements directs sur le territoire allié – signe, selon certains experts, que la dissuasion occidentale fonctionne.

Mais d’autres estiment que ces attaques hybrides sont des tests, destinés, comme des éclaireurs, à jauger les réactions et à tester la cohésion de l’OTAN. Dans cette perspective, chaque incursion, chaque sabotage préparerait le terrain à une escalade militaire. Les discussions houleuses de l’Union européenne autour d’un « mur de drones » pour contrer Moscou, laissée sans décision claire, auraient pu renforcer l’idée de Vladimir Poutine selon laquelle l’unité occidentale est en train de se fissurer. Une alliance divisée donnerait à la Russie la possibilité d’isoler ses membres les plus vulnérables.

Une troisième hypothèse, plus inquiétante, met l’accent sur le risque d’accident. En multipliant les attaques et en jouant dans cette « zone grise », Moscou pourrait provoquer une catastrophe involontaire : Rachman prend l’exemple d’un éventuel sabotage d’un avion cargo qui transporterait des passagers et ferait des centaines de morts. Au regard du droit international, il est difficile de ne pas qualifier une telle tragédie d’acte de guerre. L’Europe répondrait-elle d’une seule voix ? Jouerait-elle la sécurité en évitant à tout prix l’escalade ?

La réponse idéale, selon certains stratèges, serait d’exploiter la même ambiguïté que la Russie, tout en restant en dessous du seuil de la confrontation directe. La guerre hybride est asymétrique : l’Occident doit réagir avec des tactiques similaires, sans franchir de ligne rouge.

Les États-Unis, le Royaume-Uni et la France disposent de capacités offensives en matière de cybersécurité, rarement utilisées ouvertement. Leur vocation pourrait être justement de dissuader une Russie qui, pour l’instant, teste jusqu’où elle peut pousser ses adversaires.

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