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Un Québec branché, mais à quel prix?

Radio-Canada a compilé les données relatives au financement des émissions Éclair I, II et III pour procéder au raccordement de l’ensemble du territoire. Au total, les contribuables québécois ont investi à eux seuls 1,3 milliard de dollars pour raccorder un peu moins de 250 000 clients. Ajoutez à cela plus de 450 millions de dollars investis par Ottawa.

Pour respecter son engagement d’un premier mandat, le premier ministre Legault n’a ménagé aucun effort. Les exemples ne manquent pas de clients connectés individuellement à des prix élevés, avec des sommes investies dépassant fréquemment 10 000 $ par résidence et atteignant parfois 25 000 $ pour un seul client.

C’est une aubaine pour plusieurs entreprises. Bell, par exemple, a reçu 1 million de dollars pour service sécurisé aux résidences déjà desservies aux Îles-de-la-Madeleine. Avec Cogeco, Vidéotron et Telus, c’est l’une des entreprises qui a reçu la plus grande part des investissements.

Ces acteurs ont également investi dans l’opération, mais à des niveaux bien inférieurs à ceux des gouvernements fédéral et provinciaux. Par exemple, dans le Bas-Saint-Laurent, la part des entreprises était de 3 millions de dollars sur les 29 millions de dollars nécessaires pour raccorder de nouveaux clients.

Elon Musk en renfort

Selon nos informations, en plus des grandes entreprises de télécommunications présentes au Québec, la promesse de CAQ bénéficiera à une figure bien connue de la haute finance internationale : Elon Musk.

L’adjoint parlementaire du premier ministre, également responsable du dossier Internet, Gilles Bélanger, devrait annoncer lundi en conférence de presse que le gouvernement compte sur la constellation de satellites Starlink, propriété de SpaceX, pour compléter la connexion.

Lors de l’étude des crédits budgétaires, il a confirmé que 180 000 à 190 000 foyers ne sont pas encore desservis, mais sont sur le point de l’être, à raison de 30 000 raccordements par mois.

Cela laisse 8 000 soi-disant ménages orphelins, dont le raccordement reviendrait beaucoup trop cher par voie traditionnelle, selon une source. Mais ces clients ne seront pas abandonnés à leur sort : Québec devrait leur fournir les équipements, dont le dôme, pour se connecter au réseau satellite du nouveau propriétaire de Twitter.

Le ménage devrait alors assumer au moins une partie de l’abonnement mensuel, afin d’avoir accès à un service équivalent, et au même prix, que celui qu’il recevrait en milieu urbain.

Le Québec à l’avant-garde

Lors de son annonce lundi, Gilles Bélanger, député d’Orford, devrait aussi dévoiler une carte interactive pour permettre aux Québécois de mesurer l’avancement du projet.

Il sera donc possible de savoir où se trouvent les endroits où l’accès au réseau haut débit est encore difficile et où se trouvent les derniers foyers orphelins.

Malgré les investissements colossaux et le travail qui reste à faire, le premier ministre François Legault voit déjà dans l’opération une raison de se réjouir. Il est intéressant de dire qu’au moment où nous nous parlons, nous sommes connectés à 94 % au Québec, alors que l’Ontario est à 88 % et l’Alberta à 87 %.

En commission parlementaire, il s’est réjoui que le Québec soit devenu un chef de file des connexions à haute vitesse au Canada.

Un investissement nécessaire

Pour le président de la Fédération québécoise des municipalités, Jacques Demers, il ne fait aucun doute que le jeu en vaut la chandelle.

 » Dites-moi à quel prix il aurait fallu arrêter de brancher ? Il fut un temps où il y avait de l’électricité au Québec; nous ne nous sommes pas arrêtés car une ferme était située à deux kilomètres. »

Une citation de Jacques Demers, président de la Fédération québécoise des municipalités

Non seulement c’est une question d’équité pour lui, dans un Québec qui a décidé d’occuper ses régions, mais il souligne que ce lien aura aussi des retombées économiques positives.

Avec la collaboration de Hugo Lavallée

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