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Un combat sans merci contre la mine


« Je ne veux pas vendre, c’est ma maison ici. C’est pourquoi nous avons décidé de nous battre », raconte Daniel Tokateloff, résident du lac Taureau depuis quarante ans.

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Ce dernier n’aurait jamais pensé qu’une mine de graphite à ciel ouvert, la plus grande en Amérique du Nord, puisse être implantée dans la région, à quelques kilomètres de Saint-Michel-des-Saints, insérée entre Lanaudière et le parc du Mont-Tremblant.


Un combat sans merci contre la mine

Photo de courtoisie

Daniel Tokateloff, un citoyen qui a choisi le lac Taureau pour sa nature sauvage, se battra contre la mine de graphite.

« C’est une belle région. Réaliser qu’une mine va détruire et saccager tout cela est inacceptable. Ça nous prend aux tripes », lance celui qui fait partie de l’Association de protection du lac Taureau, un organisme de plusieurs citoyens qui sont contre le projet.

Situé dans le bassin versant

Cet amoureux des grands espaces s’inquiète de voir cet environnement naturel et touristique transformé et pollué par les activités minières.

« Cette mine se trouve dans le bassin versant du lac. On craint que les déchets de la mine aillent vers la rivière Matawin qui alimente le lac. Nous voulons également empêcher qu’une mine à ciel ouvert ne cause la destruction de notre région », dit-il.

« Nous ne voulons pas que notre région devienne comme Malartic. Nous avons choisi cet endroit pour sa tranquillité, sa beauté… Il n’y a pas de chalets autour de la fosse Malartic ! « , il continue.

Malgré le projet qui divise la population, Québec a déjà donné son feu vert à la mine de graphite, un minerai essentiel à la construction de batteries, l’un des projets phares du gouvernement caquiste.

La mine est actuellement en pré-production et devrait fonctionner à pleine capacité à partir de 2025 et générer 100 000 tonnes de graphite.

Un partenaire gênant

La société Nouveau Monde Graphite est propriétaire de la mine. La société est cotée en bourse et l’actionnaire principal est Pallinghurst (20,7%) un groupe associé à plusieurs entités enregistrées dans des paradis fiscaux comme l’île de Guernesey, qui est également dénoncée par le groupe de citoyens.

Rejoint par Le journalNouveau Monde Graphite nie avoir des intérêts dans des pays à fiscalité avantageuse.

« Nous faisons affaire avec Pallinghurst Graphite, nous n’avons aucune interaction avec les paradis fiscaux, notre structure est au Québec avec les règles fiscales en place », a soutenu Julie Paquet, vice-présidente de Nouveau Monde Graphite.

Investissement Québec, qui est également actionnaire à 10,4 % de la mine, a également défendu son partenaire en affirmant que l’entreprise est enregistrée au Royaume-Uni.

« Les retombées économiques seront majeures pour tout le Québec », a également soutenu sa porte-parole, Isabelle Fontaine.

Encapsuler les résidus miniers

La compagnie minière dit comprendre les inquiétudes, mais elle affirme avoir agi de manière exemplaire depuis la découverte du gisement. En accord avec la communauté, Nouveau Monde a mis en place un procédé d’encapsulation des résidus miniers potentiellement acides.

« Ce sont des solutions qui existent ailleurs sur la planète, nous sommes allés chercher les meilleures pratiques », explique Mme Paquet.

La société minière doit également se conformer à une quinzaine de recommandations du Bureau d’audiences publiques en environnement (BAPE), qui a émis des réserves.

« Ce n’est pas un chèque en blanc qu’on nous a signé, nous sommes redevables au gouvernement », dit-elle.

Nous ne les croyons pas

Malgré tout, de nombreux vacanciers n’ont aucune confiance en la compagnie minière.

« On ne les croit pas, il y a un gros problème de stabilité avec ces montagnes de résidus, c’est expérimental, ça n’a jamais été fait en milieu nordique. La population de la région servira de cobaye », déplore M. Tokateloff.

Nouveau Monde Graphite promet plus de 150 emplois aux résidents de la région. La mine est située sur le territoire non cédé de la communauté attikamek.

« Nous sommes en pourparlers en vue de conclure une entente sur les impacts et les bénéfices », a déclaré Mme Paquet.

L’entreprise vient de signer un partenariat avec Mason Graphite pour exploiter une autre mine, celle du Lac Guéret, à près de 300 km de Baie–Comeau et qui jouit d’une grande acceptabilité sociale.



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