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Un collectif demande aux organismes culturels de refuser l’argent de la Fonderie Horne


Dans une lettre publiée dans la Devoirils prétendent que Les dons de Glencore à la culture et à d’autres cercles encouragent l’autocensure et la peur de critiquer l’entreprise de peur de mettre en péril les finances des organisations parrainées.

Parmi les 70 signataires, on retrouve notamment les artistes Richard Desjardins et Safia Nolin.

Le collectif estime qu’avec toutes les informations dévoilées ces derniers mois concernant les émissions polluantes de la Fonderie Horne et leur possible impact sur la santé, l’entreprise tente d’investir dans son image.

« Il faut revoir tout le financement de la culture car ce n’est pas normal que des entreprises privées le fassent. Cela crée une culture malsaine et une sorte de tabou dans la ville. Travailler sur cette lettre a d’ailleurs été compliqué, car cela a créé des conflits », a déclaré l’un des auteurs de Rouyn-Noranda, Samuel Touchette.

Financement nécessaire

La présence de Glencore et de la Fonderie Horne est omniprésente à Rouyn-Noranda. Même l’arène des Huskies porte le nom de l’entreprise.

De nombreux événements et organisations importants de la région sont parrainés par la fonderie Horne. Le Festival des musiques émergentes, le Festival mondial de la guitare, le Festival international du film de l’Abitibi-Témiscamingue, l’Orchestre symphonique régional de l’Abitibi-Témiscamingue et Osisko en lumière en sont quelques-uns, mais il y en a bien d’autres.

La direction de la plupart de ces événements n’a pas souhaité commenter la lettre de ce collectif ou n’a pas retourné nos appels.

Le directeur général de la Corporation des Fêtes pour tout le monde, Frédéric Roy-Hall, responsable d’Osisko en lumière, a pour sa part assuré qu’il ne se sent pas du tout bâillonné par la Fonderie Horne.

« En tant qu’organisation, nous nous considérons vraiment comme apolitiques. Il est hors de question que nous prenions position sur quoi que ce soit, même si nous parlons de l’homme sur la lune ou autre. Notre objectif est vraiment de créer de grands événements, nous a-t-il dit.

Frédéric Roy-Hall, directeur général d’Osisko en lumière.

Photo : Radio-Canada / Alexia Martel-Desjardins

Frédéric Roy-Hall rappelle également que les financements publics dépendent aussi des financements privés.

 » Les subventions gouvernementales, surtout au niveau fédéral mais aussi au niveau provincial, ne donnent rien si rien n’est investi du côté privé. Le privé ne s’embarque pas non plus s’il n’y a pas une certaine ampleur. Donc tout cela est un écosystème créé pour soutenir la culture et c’est comme ça en ce moment. Si nous disions demain matin que nous ne voulons plus de parrainage privé, nous ne publierions rien sur notre site, nous ne pourrions tout simplement pas exister. »

Une citation de Frédéric Roy-Hall, directeur général de la Corporation des Fêtes pour tout le monde

deux choses distinctes

Jacques Marchand, qui s’implique activement dans le milieu culturel de Rouyn-Noranda, croit que le financement des organismes et la qualité de l’air sont deux choses distinctes.

Il estime que ce n’est pas parce qu’on arrête de prendre des subventions que la qualité de l’air va s’améliorer pour autant.

Si j’étais administrateur d’entreprise et que je mettais 100 000 $ ou 200 000 $ dans la communauté et que la communauté ne veut plus de mon argent, je vais le mettre dans ma poche. Cela ne résoudra pas du tout le problème.fait-il remarquer.

Un modèle à revoir ?

Au Conseil de la culture de l’Abitibi-Témiscamingue, on nous assure que la réflexion est déjà amorcée pour déterminer comment on pourrait réduire la dépendance des festivals et événements aux entreprises privées.

 » Le cas de la Fonderie Horne a vraiment exacerbé un malaise qui existait déjà dans le milieu culturel. »

Une citation de Geneviève Béland, présidente du Conseil de la culture Abitibi-Témiscamingue
Geneviève Béland au studio de la radio de Radio-Canada à Val-d'Or.

La présidente du Conseil culturel de l’Abitibi-Témiscamingue, Geneviève Béland.

Photo : Radio-Canada / Thomas Deshaies

Mme Béland croit que c’est une réflexion qui prendra encore du temps puisque le modèle est en place depuis des années.

Est-il important pour notre milieu culturel de dépendre du privé ? Certes, je comprends le malaise, alors qu’actuellement, le milieu culturel est un peu pris en otage car ces questions ne se résolvent pas du jour au lendemain. Il faut donc trouver des solutions pour qu’ils ne soient pas perdants dans cette situation.observe Geneviève Béland, tout en mentionnant que le financement privé sera toujours essentiel.

Une solution possible, selon elle, serait par exemple de créer un fonds plus indépendant dans lequel des entreprises privées investiraient. Des événements pourraient alors y trouver des financements sans être directement liés à une entreprise.

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Jewel Beaujolie

I am a fashion designer in the past and I currently write in the fields of fashion, cosmetics, body care and women in general. I am interested in family matters and everything related to maternal, child and family health.
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