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Tournée risquée au Cameroun et au Bénin pour Emmanuel Macron


Pour la première tournée africaine du second mandat d’Emmanuel Macron, l’Elysée avait un temps envisagé une visite en Zambie, une escale inattendue inspirée, dit-on dans l’entourage présidentiel, par « la forte impression » laissé par son président, Hakainde Hichilema, lors de leur rencontre en février à Bruxelles, lors du sommet Union africaine-Union européenne. Rien ne va arriver.

Plutôt qu’un président nouvellement élu, qui envisage, en pleine guerre en Ukraine, d’utiliser la production agricole de son pays pour contrebalancer la pénurie de céréales et pallier l’insécurité alimentaire qui en résulte, M. Macron a finalement opté pour un voyage plus « classique ». du 25 au 28 juillet au Cameroun, au Bénin et en Guinée-Bissau. « Le choix des trois pays visités traduit à la fois une volonté de continuité sur le fond, mais aussi d’approfondissement des partenariats »explique-t-on à l’Elysée.

« Une priorité politique »

Après avoir cherché en vain une médiation dans le conflit russo-ukrainien, en pleine présidence française de l’Union européenne au premier semestre, le chef de l’Etat entend signifier, dès le début de son deuxième quinquennat terme d’un an, que le  » renouvellement «  les relations entre Paris et les capitales africaines perdurent « une priorité politique », en malgré le retrait forcé des troupes françaises du Mali et la rivalité de fait avec Moscou sur une partie du continent.

En 2017, le contexte était très différent. A peine élu, Emmanuel Macron avait effectué son premier déplacement sur le continent à Gao, au Mali, pour soutenir les militaires de l’opération antiterroriste « Barkhane » et gronder le président de l’époque, Ibrahim Boubacar Keïta (« IBK »), qu’il considérait trop indécis dans la lutte contre les djihadistes et la stabilisation de cet État défaillant. Depuis, IBK a été renversé par des putschistes en août 2020, avant de mourir moins de deux ans plus tard.

Aujourd’hui, la France est contrainte à un retrait militaire quelque peu glorieux du pays, qui devrait s’achever à la fin de l’été, après l’intrusion des mercenaires russes de Wagner, qui soutiennent la junte. Et son influence sur le continent n’a jamais fait l’objet d’une telle remise en cause dans les rues d’Afrique francophone. « Notre objectif n’est pas d’être moins présent au Sahel qu’en Afrique, au contraire, explique maintenant la présidence, mais nous devrons apprendre à nous voir différemment et à être vus différemment. »

Ce mouvement dans « zones d’intérêt stratégique » est donc une manière de ne plus perdre de terrain : le Cameroun et le Bénin sont deux pays africains francophones qui, pour des raisons différentes, occupent une place à part dans les relations franco-africaines. Mais ce sont aussi deux régimes autoritaires, l’un au crépuscule, l’autre en construction, à l’heure où les principes démocratiques sont remis en cause partout sur le continent.

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