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Bourse Entreprise

SVB, Credit Suisse: la crise bancaire plonge les bourses mondiales dans la tourmente


Difficile de ne pas faire le parallèle. Quinze ans presque jour pour jour après la chute de la banque d’affaires Bear Stearns en mars 2008, les faiblesses du système bancaire secouent à nouveau les marchés mondiaux. Il y a d’abord eu la débâcle de la Silicon Valley Bank et de la Signature Bank, respectivement les 2e et 3e faillites bancaires les plus importantes de l’histoire américaine. Puis le vent de panique provoqué par les déboires du Credit Suisse, l’une des rares banques considérées comme d’importance systémique au niveau mondial.

Cependant, en regardant les résultats des bourses mondiales, on peut douter de la gravité de la situation. Ils ont en effet fait preuve d’une résilience surprenante ces derniers jours. La Bourse de Paris (-1,4% vendredi) a ainsi enregistré des pertes de 4% au cours de la semaine écoulée. Une mauvaise passe, certes, mais loin d’être exceptionnelle. L’indice CAC 40 a subi cinq fois plus de pertes hebdomadaires l’an dernier, dont une baisse de plus de 10 % à la suite de l’invasion russe de l’Ukraine. Comble de ce flegme apparent, à Wall Street, le S&P 500 et le Nasdaq réussissent même l’exploit d’afficher des gains sur la semaine.

Problèmes «idiosyncratiques» chez SVB, Signature et Credit Suisse

Souvent, immédiatement évoqué, le spectre de la grande crise financière de 2008 est évacué. Les problèmes rencontrés par Silicon Valley Bank, Signature et Credit Suisse ne sont pas généralisables, insistent analystes et superviseurs. Selon eux, l’incendie a été maîtrisé. «Idiosyncratique» est devenu le mot préféré pour décrire les problèmes de ces mauvais élèves. L’assainissement des bilans et le renforcement de la supervision se répètent comme des mantras. Mais visiblement, les marchés s’interrogent sur la stabilité financière. Et il ne faut pas chercher bien loin pour prendre la mesure de ce stress.

L’érosion du poids des banques en bourse depuis la crise financière a certes permis d’amortir le choc au niveau des indices boursiers comme le CAC 40. Début 2007, l’indice parisien comptait 6 banques et assureurs dans ses rangs, qui représentaient 22 % de sa capitalisation totale. Début mars, les 4 groupes qui y figuraient encore (BNP Paribas, Axa, Crédit Agricole et Société Générale) ne pesaient que 8,5% de l’indice. Mais en France comme ailleurs, les valeurs bancaires ont traversé une semaine d’une rare violence. Depuis le 6 mars, près de 1 000 milliards de dollars de capitalisation boursière sont partis en fumée, indique l’indice MSCI ACWI Financials.

BNP Paribas, première banque cotée de la zone euro, a chuté de plus de 10% jeudi en une seule séance. Son titre a fait preuve d’une telle volatilité que les disjoncteurs d’Euronext ont déclenché, entraînant une suspension temporaire des échanges. La banque de la rue d’Antin n’a connu d’aussi turbulentes séances qu’en de rares occasions depuis la crise financière : lors de la crise de la zone euro fin 2011, après le vote du Brexit en juin 2016 et lors de la panique boursière de mars 2020. La situation de BNP Paribas n’a pas fondamentalement changé en dix jours, mais « le discours dominant sur le secteur » a en revanche été chamboulé, note Emmanuel Cau de Barclays.

Des injections massives d’argent

« Alors que l’on s’attendait à ce que la hausse des taux gonfle les marges d’intérêt des banques, il s’avère que des taux plus élevés peuvent également être une source de stress pour le système bancaire », observe-t-il. « Avec des craintes exacerbées autour des risques systémiques, les banques ne seront plus considérées comme les bénéficiaires dans tous les cas de hausse des taux », ajoute-t-il. Le brusque changement de perception du secteur se reflète dans l’afflux des fonds actions : après avoir attiré des capitaux chaque semaine depuis le début de l’année, les fonds européens ciblant les valeurs financières ont fait face à d’importants rachats la semaine dernière.

Certains espèrent que les injections massives de liquidités effectuées en urgence par les banques centrales suffiront à insuffler un nouveau souffle aux bourses mondiales. Mais les signaux d’alarme se succèdent. Reflétant les craintes croissantes des investisseurs concernant la croissance mondiale, les matières premières, y compris le pétrole, ont récemment faibli. La volatilité du marché obligataire, telle que mesurée par l’indice MOVE, a atteint des niveaux observés uniquement pendant la crise financière. Par exemple, le taux américain à 2 ans a enregistré lundi sa plus forte baisse en une seule séance depuis le début des années 1980 et l’ère Volcker.

Les banques centrales devaient déjà jongler entre pressions inflationnistes et croissance économique, elles doivent désormais prendre en compte les risques pesant sur la stabilité financière. Bien consciente de l’enjeu, la BCE n’a donné aucune indication sur sa prochaine décision après avoir annoncé jeudi une hausse des taux de 50 points de base à 3%, laissant ainsi les investisseurs dans le flou. « Indications prospectives [les indications données sur la trajectoire de la politique monétaire, NDLR]c’est fini pour de bon », constate, laconique, Frédéric Ducrozet de Pictet Wealth, qui conseille d’être patient.

L’impact des événements récents sur les conditions de crédit, souligne-t-il, prendra du temps à se matérialiser. Mais certains craignent le pire et s’inquiètent de la réticence de la BCE à suspendre le resserrement monétaire. « La fragilité du système financier n’est plus à démontrer et très malin qui peut dire quelle étincelle pourrait être susceptible d’allumer un feu », prévient l’économiste indépendante Véronique Riches-Flores.

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