Soumya Bourouaha, député communiste de Seine-Saint-Denis, siège à la Commission des affaires culturelles et de l’éducation à l’Assemblée nationale. Elle est en charge du fichier audiovisuel. Pour l’humanité, il déchiffre les réactions suscitées par la fermeture des canaux C8 et NRJ 12 et donne des perspectives pour mieux contrôler les médias entre les mains des milliardaires.
Publié le 27 février 2025
Publié le 27 février 2025
Dans le sillage de la décision du Conseil d’État de rejeter les appels de C8 et NRJ12, la droite et l’extrême droite ont monté dans le créneau. Comment analysez-vous ces réactions?
Je suis très inquiet de l’instrumentalisation idéologique et politique des concepts de liberté d’expression et de pluralisme qui ont également pour effet d’effacer les réelles raisons de la fermeture de ces chaînes (non-conformité aux spécifications établies par l’arcom et les problèmes de rentabilité). La liberté d’expression ne peut pas justifier les nombreux glissages homophobes, sexistes, insultants et humainement dégradants auxquels les amendes et les avertissements de l’arc n’ont jamais pris fin. Cependant, il est de la responsabilité d’une chaîne de réguler son contenu.
En outre, nous ne pouvons pas non plus défendre le respect du pluralisme lorsque les thèses de l’extrême droite sont proposées pour dénoncer systématiquement ceux qui s’y opposent. Loin d’être neutre dans sa ligne éditoriale, C8 a progressivement changé dans un désir manifeste de manipuler l’opinion et de servir l’idéologie de son propriétaire: Bolloré. L’extrême droite et la droite se battent de la gauche pour inverser les rôles et nous faire passer pour les extrémistes. Les médias concentrés entre les mains de milliardaires servent leur soupe. Nous vivons un moment dangereux. La gauche semble très faible face à ce pouvoir financier, la lutte dans cette bataille idéologique sera difficile mais nous n’arrêterons pas de la diriger.
Arch a été directement attaqué par des journalistes des médias de Bolloré au premier plan dont Cyril Hanouna. Ces accusations ont été retenues par des chiffres de la droite. Qu’en penses-tu?
L’idée d’un complot ciblant Cyril Hanouna ne me surprend pas du groupe Bolloré, mais j’ai été rebelle par les paroles de Laurent Wauquie qui attaquent directement l’arc. Il est allé jusqu’à le décrire comme «une autorité administrative obscure». La dérive du droit républicain pour des raisons purement électorales est très inquiétante à ce sujet, mais encore une fois, pas nouveau. Enfin, cette position s’aligne sur celle de l’extrême à droite à travers la voix d’Eric Ciotti qui propose, lui-même, de simplement supprimer l’Arcom.
Cependant, Arch protège notre démocratie et notre pluralisme, nous le défendrons toujours. Ses pouvoirs pour pénaliser les chaînes qui contreviennent aux spécifications devraient être renforcées pour mieux défendre le pluralisme. À ce jour, les amendes ne sont pas suffisamment élevées pour forcer les groupes entre les mains de milliardaires pour plier les règles définies. De plus, je peux comprendre la méfiance envers les citoyens concernant le mode de nomination de la gouvernance de l’Arcom. Il aurait sans aucun doute besoin de plus de transparence et que le président de la République n’est plus responsable de la nomination du président de l’institution. En cela, nous donnerions certainement aux citoyens une plus grande garantie de neutralité.
Sur TNT face aux médias privés, l’Audiovisuel public est-il assez fort?
Très sincèrement, je crains que non. La concentration des médias entre les mains de quelques milliardaires augmente et contraste douloureusement avec le désinvestissement chronique de l’État envers l’audiovisuelle publique. Défendre ce service public, c’est défendre l’indépendance des médias face aux intérêts capitaux. C’est pourquoi je travaille précisément dans la préparation d’un projet de loi sur le financement de l’audiovisuelle publique.
Depuis l’abolition de la royauté par Emmanuel Macron, cette fonction publique a été considérablement affaiblie, son modèle de financement est même resté sans réponse en raison de la dissolution. Les craintes audiovisuelles publiques d’être sans budget. La solution était enfin celle d’une perforation de la TVA qui reste la taxe la plus injuste. De plus, l’audiovisuelle publique subit des coupes budgétaires de plus en plus drastiques qui menacent finalement ses missions. Les citoyens doivent récupérer les services de l’audiovisuelle publique et cela doit passer par un retour au modèle de financement selon les frais. Il doit être universel et proportionnel bien sûr le revenu. Une fonction publique de qualité est la garantie de la démocratie et du pluralisme.
C’est le pied, un argument contre l’argument selon lequel nous devons combattre l’extrême droite. Et c’est ce que nous faisons tous les jours dans l’humanité.
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