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« Son décès a été si brutal, nous pensions qu’elle serait avec nous pour toujours »


Au lendemain de l’annonce du décès de la reine Elizabeth II, de nombreuses personnes, britanniques ou étrangères, sont spontanément venues se rassembler devant le palais de Buckingham, à Londres, pour manifester leur attachement au souverain défunt. Bouquets de fleurs, silences et larmes. Reportage.

Fait inhabituel à Londres, les promeneurs déambulent dans la ville avec un bouquet de fleurs à la main. Hommes en costumes sombres, familles en poussettes, couples enlacés, tous convergent vers un même point de départ : Buckingham Palace. Le Mall, avenue imposante qui mène droit au palais, ne cesse de voir passer les badauds, calmes et recueillis. Quel lieu plus emblématique que le Palais Royal de Londres pour rendre hommage à la Reine, décédée jeudi 8 septembre à l’âge de 96 ans ?

Méditer devant sa résidence londonienne était une évidence pour beaucoup. « C’était normal que je vienne déposer un bouquet de fleurs pour exprimer le grand respect que j’ai pour la reine », a déclaré David, un Américain de 62 ans en visite dans la capitale britannique. « L’annonce de sa mort a provoqué une telle onde de choc à travers le monde, notamment dans mon entourage resté aux Etats-Unis qui m’a inondé de messages émouvants, qu’il était impossible de ne pas faire un geste pour elle. Et puis sa disparition provoque aussi un sentiment de nostalgie, puisque l’évocation de la reine est intimement liée au souvenir de mes parents. »

« Un personnage qui a marqué plusieurs générations »

A quelques mètres de là, une famille allemande est venue visiter Londres pour quelques jours. Impossible pour ces Bavarois de ne pas assister à ce rassemblement populaire improvisé. « Nous sommes vraiment tristes, confie la mère de famille, la voix saisie par l’émotion. Avant de poursuivre : « La reine était un rocher qui ne faillit jamais au milieu de toutes les turpitudes, elle force le respect.


Un peu plus loin, Katie, 29 ans, est accompagnée d’une amie et de sa mère, qui a spécialement fait le voyage depuis le centre de l’Angleterre. Toutes les trois, un bouquet de fleurs violettes à la main – un peu comme les couleurs chatoyantes des tenues de la reine – sont simplement venues lui dire « merci ». « Sa mort a été si brutale, on avait l’impression qu’elle serait avec nous pour toujours, avoue la jeune femme. Nous sommes également venus pour le caractère historique de ce moment. C’est un personnage qui a marqué plusieurs générations. Plus tard, on peut dire : ‘J’y étais.' »


« Nous entrons dans une triste période »

Il faut dire qu’à Londres et dans le reste du Royaume-Uni, la présence de la reine est partout. Sur les billets de banque, les boîtes aux lettres, les poteaux. Chaque élément de mobilier urbain est estampillé du sceau de la Reine, un monogramme « E » accompagné du chiffre deux en caractères romains.

L’avènement d’un nouveau roi bouleversera inévitablement le paysage ainsi que les esprits. « Nous sommes tous tristes et nous entrons dans une période sombre à tous points de vue, économiquement et socialement. Et je ne suis pas sûr que le prince Charles puisse incarner la constance et la sérénité qu’avait apportées Elizabeth. ne sera jamais aussi populaire qu’il l’a été. » Un sentiment partagé par Andrea, une Italienne qui vit à Londres : « La reine était très proche de son peuple, on ne sait pas si Charles saura incarner cette même proximité. « Dans la foule, les avis divergent. « Charles incarne la continuité de la monarchie voulue par la reine, tranche Anne, Londonienne de 35 ans. Qu’il ait le temps d’imposer son style et d’être aimé comme sa mère.

Au fil de la journée, bouquets de fleurs, petits mots et photographies s’entassent devant les grilles du palais. Partout, des discussions en langues étrangères témoignent de l’extraordinaire caractère universel de la reine. Pas d’éclats de rire, pas de querelles dans la foule, seulement le silence de la contemplation et le plaisir de se retrouver. Quelques larmes aussi. Une tristesse qui fait écho à l’un des discours les plus émouvants de la reine, prononcé après le 11 septembre 2001 dans une église new-yorkaise. « Le chagrin est le prix que nous payons pour l’amour. »



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