« Retour au bon sens »… Pourquoi aurez-vous probablement encore votre véhicule thermique en 2035 ?

[ad_1]
Conducteur sensible et au grand cœur que vous êtes, le 8 juin 2022 pourrait marquer la date à laquelle vous avez entamé le processus de deuil de vos futurs véhicules. Ce jour-là, le Parlement européen votait l’interdiction de la vente de voitures thermiques neuves en 2035 sur son territoire, afin de répondre à ses ambitions écologiques. Reposez en paix pompe à essence, diesel, moteur vibrant et échappement crachant de la fumée noire sur la route.
Mais séchez un peu vos larmes de crocodile : vos achats thermiques de demain ne sont peut-être pas déjà morts. Dix ans avant l’échéance fatidique, la pression se fait de plus en plus forte de la part de différents constructeurs pour repousser l’échéance. Ce mardi, c’est une voix bien plus importante, le chancelier allemand lui-même, qui a exprimé son « Nein » à l’idée de la fin de l’énergie thermique en 2035, au nom d’une industrie automobile nationale au bord de l’agonie. Huit cent mille emplois directs sont concernés outre-Rhin.
Une façon de faire « totalement idiote »
Alors, les voitures thermiques survivront-elles après 2035 ? « Ce serait un retour au bon sens », estime Eric Saint-Frison, consultant automobile. La démarche qui vise à réduire en profondeur les émissions de gaz à effet de serre, notamment dans le secteur automobile, est infiniment louable et souhaitable, certes, mais la manière d’y parvenir est totalement idiote. » Il critique notamment un basculement trop radical, passant d’une technologie 100 % énergie fossile à une technologie 100 % électrique en quelques années, « sans savoir si l’Europe en avait les ressources et les compétences pour cela, ni sans étudier les conséquences sur une industrie essentielle du continent ».
Flavien Neuvy, directeur de l’observatoire automobile Cetelem, pointe des volumes de ventes encore trop faibles « avec des conséquences économiques et sociales désastreuses pour l’Europe ». Les ventes de voitures européennes ont chuté de 17 % entre 2000 et 2025 sur le Vieux Continent, tandis que les ventes de véhicules chinois ont décuplé depuis 2010. En 2024, le géant allemand Volkswagen déclarait qu’il lui manquait plus de 500 000 ventes annuelles pour atteindre ses objectifs. Trente-cinq mille emplois seront supprimés d’ici 2030 et plusieurs usines sont menacées. Début septembre, Ford a annoncé qu’il supprimerait jusqu’à 1.000 emplois dans son usine de Cologne, tandis que Stellantis mettrait des milliers de salariés au chômage partiel dans toute l’Europe, là encore faute de ventes suffisantes.
Des chiffres de ventes bien trop faibles pour l’électrique
En France, les ventes de véhicules neufs ont chuté de 12 % sur le seul printemps 2025 par rapport à 2024. Les véhicules qui résistent le mieux sont… les hybrides, loin de répondre aux conditions de 2035. Les ventes de véhicules 100 % électriques sont à des années lumières des temps de transition prévus. L’électricité ne représente que 15,8 % du marché automobile européen en 2024, alors que ces ventes devraient se situer entre 20 et 25 % pour tenir l’objectif 2035.
Eric Saint-Frison poursuit : « La domination de la Chine dans l’électricité a été sous-estimée. Aujourd’hui, l’Europe ne contrôle plus la chaîne de valeur : matières premières, technologies, production de batteries. » Selon le cabinet McKinsey, 85 à 90 % de la valeur ajoutée d’une voiture thermique européenne est fabriquée en Europe, contre seulement 75 % pour les voitures électriques.
Les coûts finaux des véhicules sont bien plus élevés que prévu, « faute de progrès technologiques et techniques suffisants dans les véhicules électriques », poursuit l’expert. En Europe, en 2024 le prix moyen d’une voiture électrique était de 63 000 euros, contre 37 000 euros en moyenne pour un véhicule thermique. Gaëtan Toulemonde, ancien analyste spécialiste du marché automobile chez Deutsche Bank, parle d’un produit croisé acharné dans l’automobile : « Quand le prix augmente de 1 %, les ventes chutent de 1 %. »
Une clause de révision en 2026, voire avant
« Il y a peut-être eu un péché initial de la part de certains constructeurs européens. Quand on pense être plus forts que la concurrence, on est généralement favorable à des règles répressives et dures, pensant qu’on va pouvoir creuser l’écart », poursuit Gaëtan Toulemonde. Mais en réalité, « tous les constructeurs se rendent compte qu’ils ont perdu, car le gâteau est tout simplement devenu plus petit qu’avant ».
Enterrer la technologie thermique semble donc pousser dans la tombe de nombreux constructeurs européens. De quoi, peut-être, économiser vos propres achats thermiques. « Il faut revenir à quelque chose de raisonnable. Oui pour l’électrique, notamment pour occuper l’espace périurbain et les trajets courts, mais il faut aussi du thermique », estime Eric Saint-Frison. Au vu de la percée chinoise et de tous les maux présentés dans ce document, « il n’est pas encore trop tard pour se réveiller, mais plus nous attendons, plus nous perdons du savoir-faire. C’est maintenant ou jamais pour l’Europe de se réveiller ».
« Les réglementations peuvent évoluer, tant qu’elles ne sont pas entrées en vigueur », rassure Flavien Neuvy. Une clause de révision est prévue pour 2026, pour faire le point sur l’accord de 2035, mais plusieurs entreprises poussent à avancer cette date de révision. Le sort de votre thermique devrait bientôt être décidé.
[ad_2]
Source link




