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retour à la table des négociations, au point mort depuis cinq mois

Après une pause depuis mars, les négociateurs nucléaires iraniens sont attendus mercredi à Vienne pour reprendre le fil des pourparlers difficiles sous l’égide de l’Union européenne. Il s’agit d’une énième tentative pour sauver un accord devenu moribond.

Les différents protagonistes du dossier nucléaire iranien sont de retour à la table des négociations à Vienne mercredi 3 août. Après une longue pause, les pourparlers – difficiles – vont reprendre leur cours sous la houlette de l’UE.

« En route pour Vienne pour discuter du retour à la pleine application du JCPOA », a tweeté le coordinateur de l’Union européenne Enrique Mora, en référence à l’acronyme anglais désignant l’accord de 2015 censé empêcher Téhéran de se doter de l’arme atomique. Il sera rejoint sur place par le négociateur en chef iranien Ali Bagheri. Son équipe « partira dans quelques heures », a annoncé le ministère des Affaires étrangères.

L’émissaire américain Robert Malley visite également la capitale autrichienne. « Nos attentes sont mesurées, mais les Etats-Unis saluent les efforts de l’UE et sont prêts de bonne foi à essayer de trouver un accord », a-t-il écrit sur Twitter.


Les pourparlers entre l’Iran et les grandes puissances, entamés en avril 2021 avec la participation indirecte des États-Unis, sont au point mort depuis mars. Alors qu’un accord était présenté peu avant comme « imminent », le processus a déraillé, et les pourparlers au Qatar fin juin n’ont abouti à aucune avancée.

« Des attentes modestes pour cette nouvelle session de discussion »

Dans une ultime tentative, le chef de la diplomatie européenne, Josep Borrell, a présenté le 26 juillet un projet de compromis et appelé les parties à l’accepter pour éviter une « crise dangereuse ». L’Iran s’est dans la foulée montré « optimiste », Ali Bagheri se disant « prêt à conclure les négociations dans un court délai ».

« Dans ce round de pourparlers (…), des discussions auront lieu sur les idées présentées par les participants, notamment celles présentées cette semaine par l’Iran à l’autre partie », a précisé le porte-parole du ministère, Nasser Kanani, dans un communiqué. communiqué de presse.

Interrogé par l’AFP, un diplomate européen basé à Vienne s’est félicité « d’une rencontre qui montre la volonté de chacun d’aller de l’avant ». « C’est positif, mais en même temps il n’y a absolument rien de garanti », a-t-il prévenu. « Nous essayons de conclure les négociations depuis des mois. »

>> Nucléaire iranien : de l’espoir diplomatique à une nouvelle escalade

« Les attentes sont à juste titre faibles pour cette nouvelle session de discussion », a déclaré Henry Rome, spécialiste de l’Iran au cabinet de conseil américain Eurasia Group. Il évoque des « divergences » persistantes entre les Etats-Unis et l’Iran « sur plusieurs dossiers clés »: la levée des sanctions, la demande de garanties de Téhéran et la clôture d’une enquête par l’Agence de sécurité internationale. Atomic Energy (AIEA), le chien de garde nucléaire de l’ONU.

Alors pourquoi revenir autour de la table maintenant ? « Les autres options ne sont pas attrayantes, donc aucune des parties n’est prête à enterrer les négociations », a déclaré Ali Vaez, de l’organisation de prévention des conflits International Crisis Group.

L’Iran a largement dépassé le taux d’enrichissement d’uranium de l’accord de 2015

Conclu par l’Iran et six puissances (Russie, États-Unis, Chine, France, Royaume-Uni et Allemagne), le JCPOA vise à garantir le caractère civil du programme nucléaire iranien, accusé de chercher à acquérir l’arme atomique malgré ses démentis.

Mais suite au retrait unilatéral des États-Unis sous la houlette de Donald Trump en 2018 et au rétablissement des sanctions américaines, Téhéran s’est progressivement libéré de ses obligations.

L’Iran a ainsi dépassé le taux d’enrichissement d’uranium de 3,67 % fixé par le JCPOA, passant à 20 % début 2021. Puis il a franchi le seuil inédit des 60 %, s’approchant des 90 % nécessaires à la fabrication d’une bombe, tout en limitant l’accès à Inspecteurs de l’AIEA.

>> À lire aussi : Que manque-t-il à l’Iran pour se doter de l’arme nucléaire ?

Dans cette escalade, Téhéran a commencé cette semaine à approvisionner en gaz « des centaines » de nouvelles centrifugeuses, une mesure présentée comme une réponse à de nouvelles sanctions pour empêcher l’Iran de vendre son pétrole.

« Le programme va très, très vite (…), monte en ambition et en capacité », s’est inquiété, mardi, le directeur général de l’AIEA, Rafael Grossi, lors d’une conférence de presse au siège des Nations unies, à New York . « Dans le domaine nucléaire, les bonnes paroles ne suffisent pas », a-t-il ajouté, appelant l’Iran à la « transparence ».

Avec l’AFP



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