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Réforme des retraites : comment la pénibilité est-elle prise en compte ?


Bruno Bothua Secrétaire Général de la Fédération Nationale CGT des Employés de la Construction, du Bois et de l’Ameublement

Avec la dangerosité de nos métiers, les ouvriers du bâtiment ont une espérance de vie réduite de sept à dix ans, ce qui justifie la mise en place de préretraites.

A chaque réforme des retraites, la question de la reconnaissance de la pénibilité se pose. Même s’il n’a pas trouvé de réponse satisfaisante à la situation vécue par les salariés, il a fait l’objet de nombreuses études, de nombreuses études, sondages et autres rapports. Il a également fait l’objet de négociations ouvertes en 2005 entre les organisations patronales et les syndicats de salariés. Ils se sont terminés par un constat d’échec, mais un consensus s’est dégagé sur plusieurs points, notamment la définition de la pénibilité : « Un travail qui a des conséquences irréversibles sur la santé des salariés et qui réduit l’espérance de vie. »

Les négociations ont également permis de rappeler les critères d’exposition : contraintes physiques marquées (port de charges, posture douloureuse, vibrations, contraintes articulaires), environnement agressif (chaleur, froid, intempéries, bruit, produits toxiques, exposition aux agressions et morale et incivilités physiques, etc.) et certains rythmes de travail (nuit, horaires alternés ou décalés, travail en chaîne ou répétitif, cadences imposées, longs trajets fréquents, etc.).

« En intégrant les intérimaires qui travaillent dans nos secteurs, c’est un travailleur qui meurt chaque jour travaillé. Les salariés de nos secteurs ne méritent-ils pas mieux que de mourir sur leur lieu de travail ? »

Les régimes dits « Sarkozy » de 2010 et « Touraine » de 2014 n’ont en rien amélioré la situation des salariés de nos secteurs et n’ont pas répondu à notre demande de bénéficier d’une retraite anticipée en pleine santé. Arrivé au pouvoir en 2017, Emmanuel Macron a rejeté le terme même de « difficulté ». Il a mis en veilleuse la régie chargée de gérer le compte de prévention et en a coupé le financement. La pénibilité de nos champs professionnels n’a pas été reconnue. Notre fédération met en avant la dangerosité de nos métiers. En intégrant les intérimaires qui travaillent dans nos secteurs, c’est un travailleur qui meurt chaque jour travaillé. Les salariés de nos secteurs ne méritent-ils pas mieux que de mourir sur leur lieu de travail ? Vinci, Bouygues et Eiffage affichent ensemble 3,5 milliards d’euros de bénéfices. Les moyens existent donc pour améliorer les conditions de travail. Notre objectif est également de permettre aux salariés qui ont une espérance de vie réduite de sept à dix ans de prendre une retraite anticipée et de bénéficier ainsi d’une retraite d’une durée équivalente à celle des autres salariés.

Nous proposons également un dispositif de départ immédiat pour les salariés pouvant justifier des années d’exposition et pour lesquels la prévention ne peut plus avoir d’effet. Pour les autres, il faut mettre en place une traçabilité des carrières et une reconstitution des droits au titre de la pénibilité. Le bonus serait alors proportionnel à la durée d’exposition. Un tel dispositif professionnel coûterait 2 % de la masse salariale du secteur.

En matière de financement, la CGT réclame une cotisation patronale partagée, une contribution financière des employeurs modulée en fonction de la prise en compte de la prévention dans les entreprises et des résultats obtenus.

Coralie Benech et Benoit Hubert Co-secrétaires généraux du Snep-FSU

Les professeurs d’éducation physique et sportive (EPS) ont trois fois plus d’accidents du travail et d’arrêts maladie. Il est impossible de les faire travailler jusqu’à 64 ans.

En 1997, Michel Zorman, médecin-conseil au ministère, écrivait que les professeurs d’EPS « forment un groupe exposé à des risques spécifiques. Leur enseignement nécessitant un fort investissement physique, il arrive souvent qu’ils présentent des traumatismes articulaires ou autres lésions observées en médecine du sport. Poursuivre leur activité jusqu’à 60 ans peut être rendu difficile… ». Penser maintenant au professeur d’EPS de 64 ans devant ses élèves sans tenir compte d’une pénibilité spécifique est une impossibilité professionnelle et une véritable provocation.

En 2011, après la fin de l’arrêt progressif d’activité, fortement utilisé par les professeurs d’EPS, ils n’ont eu de cesse de réclamer la reconnaissance d’une pénibilité particulière.

Parmi les enseignants, ceux d’EPS ont trois fois plus d’arrêts pour maladie professionnelle et accident du travail. Après un passé sportif générant de nombreux microtraumatismes, le port de charges (chariots à tapis, matériel), les sollicitations liées aux gestes du métier (défilé, position debout) et à la voix, le bruit (le matériel sportif est très mal insonorisées), l’attention et la vigilance fortement sollicitées avec des effectifs de plus en plus chargés (et des activités à contraintes particulières : gymnastique, escalade, etc.), des variations de température entre les installations sportives et l’extérieur… produisent à terme des troubles musculo-squelettiques et psychosociaux non négligeables troubles reconnus par l’établissement lui-même puisqu’en 2009, une enquête réalisée à l’époque par le ministère de l’Éducation nationale concluait que « L’usure du corps est une réalité pour les professeurs d’EPS ». Ce qui rend ce travail difficile ne réside pas dans les facteurs identifiés pris un à un et séparément, mais plutôt dans leur accumulation et leur répétition dans le temps tout au long d’une carrière.

« En 2019, 81,8 % des professeurs d’EPS estimaient que les conditions actuelles d’exercice de leur profession pouvaient nuire à leur santé, et ce dès le début de leur carrière. »

Selon une vaste enquête réalisée par le Snep-FSU en 2022, tous âges confondus, 81,8% des professeurs d’EPS estimaient que les conditions actuelles d’exercice de leur métier pouvaient nuire à leur santé, et ce dès le départ. l’entrée dans la carrière. Dès 50 ans, et parfois avant, de nombreux enseignants présentent des pathologies spécifiques et bien connues liées à leur pratique professionnelle : problèmes articulaires, problèmes de dos, problèmes d’audition, problèmes de voix témoignant d’une souffrance au travail non prise en compte.

Cette santé dégradée du personnel peut avoir des répercussions et des impacts sur les apprentissages des élèves et parfois sur leur sécurité.

Face à cette situation, et dans le cadre d’une nouvelle réforme des retraites qui aura un impact négatif très important, le Snep-FSU a contacté Élisabeth Borne, Premier ministre, et Olivier Dussopt, ministre du Travail, du Plein-Emploi et de l’Intégration en charge de pensions, et a fait face à la fin de l’interdiction de territoire.


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Cammile Bussière

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