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Nouvelles du Canada

Réduire les émissions de GES des engrais, un défi de taille pour les agriculteurs de l’Ouest


Le gouvernement fédéral a annoncé en décembre 2020 qu’il souhaitait réduire les émissions de gaz à effet de serre provenant des engrais de 30 % d’ici 2030 par rapport aux niveaux de 2020.

Ces dernières semaines, cependant, le débat est entré dans l’arène politique. Plusieurs élus provinciaux albertains, ainsi que les candidats à la direction du Parti conservateur du Canada Pierre Poilievre et Leslyn Lewis en ont fait un de leurs dadas. Ils prétendent que le gouvernement fédéral veut imposer une réduction de la quantité d’engrais utilisée.

Le cabinet de la ministre de l’Agriculture, Marie-Claude Bibeau, répond toutefois que l’objectif, ce sont les émissions et non la quantité d’engrais épandue. Il précise également qu’il n’est pas question de rendre la cible contraignante.

Derrière le théâtre politique se cachent pourtant de sérieuses interrogations sur l’avenir du monde agricole à l’ère du changement climatique.

La réalité sur le terrain

Sur sa ferme du centre de l’Alberta, Roger Chevraux se prépare à ce qu’il décrit comme la récolte la plus chère de sa carrière agricole. Le prix des engrais a presque doublé au cours de la dernière année. Les prix du diesel ont également fortement augmenté.

Selon Roger Chevraux, qui est également président de l’Alberta Canola Growers’ Commission, ses membres n’ont pas besoin d’incitatifs supplémentaires pour consommer moins.  [La cible de réduction des émissions] entraînera, à mon avis, inévitablement une baisse de la production et rongera nos revenusil explique. Je suis très inquiet.

Selon Roger Chevraux, qui est également président de l’Alberta Canola Growers’ Commission, ses membres n’ont pas besoin d’incitatifs supplémentaires pour consommer moins.

Photo: Radio-Canada / François Joly

Le gouvernement [fédéral] ne comprend pas ou n’accorde pas suffisamment de crédit aux agriculteurs pour tout le travail que nous faisons dans nos fermes depuis des annéesestime pour sa part Jason Lenz, vice-président de l’Alberta Wheat Board, un regroupement de producteurs.

Ottawa fait notamment la promotion de l’approche des 4R comme l’une des solutions aux émissions d’oxyde nitreux. Cette approche a été lancée par Fertilizer Canada, le groupe qui défend les producteurs d’engrais synthétiques comme Nutrient et Koch.

Un tas de grains d'orge gisant sur le sol.

Le gouvernement fédéral précise qu’il n’est pas question de rendre l’objectif contraignant.

Photo: Radio-Canada / François Joly

Les principes des 4R sont d’utiliser le bon engrais, au bon moment, au bon endroit et au bon taux pour éviter le gaspillage.

Dans un document de travail (Nouvelle fenetre) publiée sur son site Web, Agriculture et Agroalimentaire Canada indique que l’adoption généralisée des 4R dans l’Ouest canadien pourrait réduire les émissions de deux à trois mégatonnes, soit de 50 % à 75 % de l’objectif de réduction des émissions du gouvernement.

Ces méthodes sont déjà utilisées pour vous assurer de tirer le meilleur parti de chaque livre d’engrais, dit Jason Lenz, propriétaire d’une ferme dans le centre de l’Alberta. Il estime qu’une majorité d’agriculteurs utilisent ces méthodes sans nécessairement être inscrits dans un programme de certification.

Comment les engrais contribuent aux gaz à effet de serre

Les engrais sont principalement destinés à fournir aux plantes une source d’azote sous forme de nitrates. Dans certaines conditions, en particulier dans les sols humides et froids, certaines bactéries décomposent les nitrates pour produire de l’oxyde nitreux (N2O). La quantité de GES émise est donc très variable et difficilement prévisible.

D’après le 5e Rapport du GIEC, N2O est un gaz à effet de serre 265 fois plus puissant que le CO2. Selon Ottawa, l’application d’engrais synthétiques a entraîné des émissions de GES équivalant à 12,75 millions de tonnes de CO en 20192. Cela représente environ 1,7 % des émissions totales du Canada de tous les secteurs. Les groupes d’agriculteurs, cependant, disent qu’ils doutent de la validité de ses données.

Au Canada, l’utilisation d’engrais a augmenté de 71 % entre 2005 et 2019. Cependant, cela s’est accompagné d’une forte augmentation des rendements agricoles.

Graphique montrant une forte augmentation des émissions entre 2005 et 2019.

Agrandir l’image (Nouvelle fenetre)

Émissions directes et indirectes provenant de l’application d’engrais synthétiques, 2005 à 2019.

Photo : Agriculture et Agroalimentaire Canada

L’objectif ambitieux d’Ottawa

L’objectif d’Ottawa pourrait s’avérer difficile à atteindre à moins que la consommation d’engrais ne soit réduite, comme l’Union européenne envisage de le faire. Jason Lenz craint que les quotas réglementés ne soient la suite logique du processus de consultation actuel, même si Ottawa maintient qu’il ne veut pas imposer de plafond à la consommation d’engrais de synthèse.

En maintenant les quantités d’engrais actuelles, je ne crois pas qu’on puisse limiter les quantités de N2O, estime le professeur de physique des sols Jean Caron de l’Université Laval. Il ajoute qu’une baisse de l’apport d’azote entraînerait une baisse de la production agricole.

Une autre agriculture est possible

L’adoption massive de certaines pratiques pourrait permettre de produire autant de nourriture avec moins d’engrais.

Je pense que c’est réaliste dans la mesure où nous accompagnons les objectifs de réduction de l’utilisation d’engrais avec des programmes qui favorisent une meilleure santé des sols dans lesquels la matière organique du sol peut compenser une partie de la perte de sol. apport par engrais minéralil ajoute.

C’est par exemple ce que fait Colby Hansen depuis environ 5 ans. Cet agriculteur et éleveur près de Westlock, au nord d’Edmonton, a réduit de près de 50 % la quantité d’engrais synthétiques qu’il utilise pour faire pousser son maïs.

Il associe la culture des céréales à des plantes comme le trèfle, qui captent l’azote du sol. Cela permet de maintenir la couverture végétale, même après la récolte. Ces plantes peuvent ensuite être broutées par les quelque 400 vaches appartenant à Colby Hansen. Le fumier de bétail contribue ainsi à enrichir le sol.

Colby Hansen pose en extérieur, en août 2022.

Colby Hansen a réduit de près de 50 % la quantité d’engrais synthétique qu’il utilise pour faire pousser son maïs.

Photo: Radio-Canada / François Joly

C’est possible, croit-il, mais le gouvernement doit soutenir les agriculteurs.

Il y a encore beaucoup de scepticisme de la part des anciennes générations, mais je leur dis que je fais ça depuis plusieurs années et j’ai vu les résultats.

Selon Jean Caron, davantage de recherches sont nécessaires, notamment sur l’état de santé des sols, pour savoir si des méthodes agricoles alternatives pourraient permettre de maintenir les rendements à long terme tout en réduisant les émissions de GES.

Ottawa entend mettre la main à la pâte avec un investissement de 1,5 milliard de dollars annoncé en mars pour accélérer la réduction des émissions du secteur agricole.

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Jewel Beaujolie

I am a fashion designer in the past and I currently write in the fields of fashion, cosmetics, body care and women in general. I am interested in family matters and everything related to maternal, child and family health.
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