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Procès jubilaire. Jour 11. « Je me suis mis en colère, je me suis débarrassé d’elle » : ce qu’il faut retenir

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« Je vais la tuer, je vais l’enterrer et personne ne la retrouvera. » Cette phrase, lâchée par Cédric Jubillar à sa mère Nadine le mois précédant la disparition de l’infirmière de 33 ans, est restée gravée. Peut-être qu’elle est revenue à sa mémoire lorsque sa mère “presque à genoux pour supplier Cédric” de dire la véritéen garde à vue, la dernière fois qu’elle l’a vu.

Le quinquagénaire a livré un témoignage accablant sur ce 11e jour du procès de son fils, ce mercredi 8 octobre 2025. Puis, son mari, peu bavard, lui a succédé à la barre, suivi d’anciens codétenus de l’accusé : il aurait avoué à certains avoir tué Delphine. Revenons à ceci “Journée noire pour Cédric Jubillar”– comme le résume l’un des avocats de la famille du défunt, Me de Caunes.

#1. “Il n’était plus le même Cédric”

Longtemps tiraillée entre son amour pour son fils et ses doutes sur sa culpabilité, Nadine livre un témoignage qui risque de peser lourd dans ce procès. Elle lui dit changement de comportement, l’année précédant la disparition de Delphine. Ses cris, son attitude colérique et impulsive. « Ce n’était plus le même Cédric. »

La mère de Cédric Jubillar s'est livrée aux jurés.
La mère de Cédric Jubillar s’est livrée aux jurés. (©Anaëlle Montagne / Actu Toulouse)

Elle évoque aussi les difficultés du trentenaire à accepter la séparation souhaitée par Delphine, sa peur de perdre sa maison, “son statut social et familial, son statut d’homme”. Et puis Nadine justifie, tant bien que mal, tentatives de géolocalisation du téléphone de Delphine fin septembre 2020 – à l’instigation de son fils, avoue-t-elle.

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#2. “Je me sens coupable d’avoir pris au pied de la lettre tout ce que mon fils m’a dit”

Alors, il est temps de raconter ce qui s’est passé dans ce parking, début novembre 2020. Cédric la rejoint alors sur sa pause, il est en colère. “J’en ai marre de Delphine. Je vais la tuer, je vais l’enterrer et personne ne la retrouvera. »

Au tribunal, force est de constater que Nadine a du mal à prononcer ces mots. “Je n’ai pas compris leur signification au début. (…) Aujourd’hui, je regrette de ne pas avoir donné plus de sens à cette phrase. » Elle confiait alors : « Je me sens coupable d’avoir pris au pied de la lettre tout ce que mon fils m’a dit. »

Cédric reste impassible tout au long de son témoignage. Voudrait-il parler ? «Je n’ai rien à déclarer», répond-il avec moins confiant que d’habitude.

#3. La violence d’Olivier

Place ensuite au témoignage du beau-père de Cédric, Olivier. En tous points de vue, il semble diamétralement opposé à sa femme. Une véritable armoire à glace, très peu bavarde – même particulièrement indisposé à parler -, Olivier livre des bribes de réponse au président.

Dans les heures précédentes, elle avait interrogé Nadine sur le violence qu’il aurait perpétré sur Cédric lorsqu’il était enfant. Hésitante, la quinquagénaire a fini par raconter un épisode marquant. “Au collège, Cédric a commencé à fumer.” Les parents désapprouvent. Olivier décide alors d’acheter un paquet de Gauloises. « Il lui faisait fumer tout le paquet dans l’après-midi dans l’espoir de lui faire cesser l’envie de fumer. » Silence dans la pièce.

« Oui, Olivier aurait pu être vindicatif », reconnaît Nadine. Je n’aime pas le mot “violent”… mais il a su corriger Cédric par moments. »

Olivier n’aime visiblement pas non plus ce mot. Il se dit « autoritaire, oui », mais pas violent. C’est à peu près tout ce que le magistrat tirera du quinquagénaire.

#4. Le passage chaotique de codétenus à la mémoire courte

L’après-midi, place aux témoignages des codétenus de Cédric Jubillar, enfermés dans des cellules adjacentes à la sienne au quartier d’isolement de Toulouse-Seysses. Ils ne se voyaient pas, mais pouvaient parler à travers la fenêtre.

Les trois premiers à témoigner, Aymen, Michael et Sofiane, ne comprennent pas bien pourquoi ils sont là. Ils n’ont pas jamais entendu Cédric admettre avoir tué sa femmeassurent-ils.

Michael, imposant et parfois véhément, précise : “Je suis désolé pour la famille de Delphine, mais je ne vais pas dire quelque chose que je n’ai pas vu. Jubillar, c’est aussi une vie. »

Sofiane, de son côté, a raconté une blague de l’accusé lors d’une audience en 2021 : « Il a dit qu’il avait commis le crime parfait. » Une phrase dont un quatrième codétenu, Erwan, se souvient très bien : « Il l’a dit à la fenêtre, 40 détenus l’ont entendu. »

Pourtant, aujourd’hui, Sofiane ne s’en souvient plus. Pour être honnête, il ne se souvient de rien. Sauf que Marco, à qui Cédric aurait avoué avoir tué sa femme, serait « un mythomane, complètement malade ». Il lui succède également à la barre.

#5. Il l’appelait “l’autre”

Marco (Marc Aurèle, son prénom), est arrivé aux assises tout droit du Portugal. D’origine corse, il a des traits fins, des cheveux noir ébène, porte une doudoune sans manches. Son témoignage est dispersé. Cédric était son voisin direct à l’isolement et rapidement, en discutant par la fenêtre, Marco frappé par la froideur du Tarnais envers sa femme.

“Il ne l’a jamais appelée par son prénom. C’était toujours “l’autre”. Le psychiatre qui l’a évalué en détention l’a également constaté. Interrogé sur les autres noms qu’il a donnés à sa femme, Marco refuse de les dire. Trop grossier. Erwan, de son côté, n’hésite pas (“Cédric doit assumer ses responsabilités”). « Il disait que c’était une salope, une pute. » Il confiera également que l’accusé s’est surnommé “l’homme le plus cocu de France”.

#6. “J’ai perdu mon sang-froid et je m’en suis débarrassé”

Cette froideur et cette violence auraient poussé Marco à raconter ses aveux d’une nuit d’été à la gendarmerie. Cédric lui aurait dit : “Je me suis débarrassé de l’autre. Je suis descendu à la cuisine chercher mon chargeur et J’ai vu qu’elle envoyait des messages à l’autre PD (sic). J’ai perdu mon sang-froid et je m’en suis débarrassé. Ils n’ont même pas trouvé le couteau, ces idiots. »

Il lui aurait également parlé d’une voiture utilisée pour se débarrasser du corps de la femme disparue, « à côté d’un endroit où il a brûlé » (la ferme à côté de la maison Jubillar, ndlr). Contrôlés par les gendarmes, ces éléments ont conduit à des impasses.

La célèbre ferme, fouillée par les gendarmes.
La célèbre ferme, fouillée par les gendarmes. (©Anaëlle Montagne / Actu Toulouse)

#7. Le violeur plaide la cause des femmes

La défense doute des raisons avancées par Marco, sur la base de ses aveux (d’abord anonymes) à la police. Audacieux plaider la cause des femmes, répond Me Franck, avocat de la défense, pour un détenu reconnu coupable de viol et d’actes de torture et de barbarie. « Ce n’était pas une femme, c’était un garçon, un enfant », insiste Marco avec un aplomb paradoxal.

Pour avoir dénoncé les propos présumés de Cédric, Marco a-t-il pu bénéficier d’une sortie de prison plus rapide ? C’est ce que les avocats de la défense ont voulu démontrer. La tension monte, les procureurs généraux s’offusquent, on indique que cela ne cadre pas avec la chronologie de son dossier judiciaire. ” Je suis surprise des personnages auxquels la justice donne du crédit», tranchera M. Franck à l’issue de l’audience.

Lors de l'audience, Me Emmanuelle Franck s'est montrée agacée par les réponses
Moi Emmanuelle Franck. (©Maréva Laville / Actu Toulouse)

#8. Recevoir un cadavre

Le président revient également sur la rencontre entre Marco et Séverine, avec qui Cédric s’est mis en couple après la disparition de Delphine. Pendant sa détention, en vue de la sortie de prison de Marco, l’accusé lui confie deux lettres destinées à Séverine. La première est une lettre codée, que Marco doit envoyer à l’avocat tarnais. « Les codes, c’était pour échanger des propos un peu grossiers entre nous », explique Cédric Jubillar, vêtu cet après-midi d’un pull gris clair.

Marco envoie une seconde missive directement à Séverine, début octobre. Là, il lui parle de la ferme où Cédric aurait avoué avoir caché le corps. “Elle ne met pas l’étagère sur son gros orteil quand tu lui en parles ?” »questionne Me Boguet. “Non”, répond Marco, “elle n’a pas l’air surprise.”

Il la rencontrera quatre fois en deux mois. A la barre, il confirme qu’elle a transmis des photos de l’amant de Delphine, son adresse, celle de son travail. « Pour y placer l’ADN » – et détourner les soupçons. La nouvelle compagne de l’accusé aurait également évoqué l’idée de déplacer le corps de l’infirmière. Ce qui lui a valu d’être mise en examen pour recel de cadavre, avant que les charges retenues contre elle ne soient abandonnées.

Séverine et Cédric, présents sur les réseaux sociaux. A l’époque, elle était la nouvelle compagne du plâtrier.
Séverine et Cédric, présents sur les réseaux sociaux. A l’époque, elle était la nouvelle compagne du plâtrier. (©Facebook)

#9. 95% des témoignages sont faux

Cédric Jubillar est catégorique : 95% des témoignages de ses codétenus sont faux. Et les 5% restants ? “En fait, j’ai dit que j’étais le mec le plus cocu de France. Et quand on m’a demandé où j’avais mis le corps, j’ai répondu, à la ferme qui a brûlé.”

Sauf que le corps de sa femme n’est pas là. Pourquoi mentir ? “Parce qu’il me posait la question tout le temps. J’ai dit la même chose à Séverine, quand elle n’arrêtait pas de me la poser. (…) C’était une blague, un mauvais présagemais c’est toujours une blague. »

L’ancienne compagne de l’accusé sera entendue aux assises ce jeudi 9 octobre. Dans l’après-midi, Jennifer, la dernière petite amie de Cédric Jubillar – à qui il a également avoué le meurtre de Delphine – pourrait également témoigner. Si elle le fait, ce sera par vidéo, étant donné que son état de santé ne lui permet pas d’assister aux réunions, indique le président.

Les temps forts du jour 11

–>”J’espère qu’il n’a pas fait une bêtise” : un message, envoyé par le beau-père de Cédric à sa mère, au lendemain de la disparition de Delphine.
–> « Je lui ai envoyé des photos pour lui rappeler qu’il avait des enfants » : Nadine Jubillar raconte qu’elle a envoyé des photos de Louis et Elyah à son fils incarcéré via sa dernière compagne, Jennifer, car il ne surveillait pas ses enfants.
–> “Tu ne vas pas faire comme ton père” : prononcé par Nadine sur un ton humoristique, lors d’un repas entre amis, tandis qu’Elyah frappe doucement le visage de quelqu’un avec un coussin.
–> “Tu as dit que tu n’aimais pas les médias, je t’ai vu à Hanouna”, dit Me Martin à Marco, qui était aussi surnommé Cyril Hanouna pour son appétit pour l’émission TPMP
–> “Vous êtes un mouton” : M. Martin conclut ainsi l’interrogatoire de Marco, insinuant qu’il a été envoyé par la justice pour arracher des aveux à Cédric.

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Cammile

Cammile est une talentueuse rédactrice allemande pour Lomazoma.com, reconnue pour ses articles captivants et ses analyses approfondies. Née à Munich, Adele a développé très jeune une passion pour l'art de raconter des histoires. Elle est diplômée en communication de l'Université Ludwig Maximilian de Munich, avec une spécialisation en médias numériques et écriture créative. Les articles d'Adele sur Lomazoma.com couvrent un large éventail de sujets, tels que la culture, les voyages et les technologies. Son écriture se caractérise par sa clarté, ses recherches approfondies et son talent pour les récits captivants. Elle possède une capacité unique à donner vie à des sujets complexes, les rendant accessibles et intéressants pour ses lecteurs. Outre l'écriture, Adele est passionnée de photographie et illustre souvent ses articles de ses propres clichés. Ses contributions à Lomazoma.com informent, divertissent et incitent les lecteurs à explorer de nouvelles idées et perspectives.
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