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Pouvoir d’achat : nouveau marathon à l’Assemblée et nouveau couac pour la majorité


C’est une XVIe législature qui démarre sous la forme d’un marathon. Les 577 députés de la nouvelle Assemblée nationale, après avoir passé la semaine dernière à étudier durant de longues journées et nuits de travail la loi « Pouvoir d’achat », dont le montant avoisine les 25 milliards d’euros, se sont lancés lundi dans une nouvelle course de fond : la vote du projet de loi de finances rectificative pour 2022. Et les débats de la soirée se sont éternisés jusqu’à mardi 2 heures du matin. Dans un calendrier déjà bousculé, les macronistes espéraient boucler cette première lecture du jour au lendemain pour passer le relais au Sénat.

De nombreux sujets ont été abordés via des amendements, poussant le numéro 2 du gouvernement à fustiger un blocage parlementaire. « On assiste à une véritable déformation du débat démocratique » avec « de la pure politique politique », a dénoncé Bruno Le Maire, le ministre de l’Economie. « Nous considérons que ce sont des sujets importants, urgents, décisifs (…) Il n’y a pas de volonté de blocage », a rétorqué sur LFI Manuel Bompard. A la clôture de la session, plus de 230 amendements étaient encore à l’ordre du jour.

Un nouveau couac pour LREM à 230 millions d’euros

Les discussions – parfois très tendues – ont donné lieu à plusieurs votes qui ont exaspéré le parti présidentiel, qui ne dispose que d’une majorité relative à l’hémicycle. Cela a poussé Bruno Le Maire à appeler à la modération budgétaire : « J’en appelle au MoDem, à Horizons, aux Républicains et à Renaissance, gardons les comptes publics ! », confirmant ainsi que les macronistes sans majorité absolue se tournent d’abord vers LR pour tenter d’assurer les suffrages sur ce paquet pouvoir d’achat.

Après un couac samedi à 120 millions d’euros pour la majorité LREM votée via un amendement à la loi pouvoir d’achat, le gouvernement a essuyé un nouveau revers : les oppositions se sont regroupées pour voter 230 millions d’euros en faveur du chauffage des foyers au fioul, un LR amendement face à l’inflation. L’exécutif a privilégié une aide de 50 millions d’euros destinée aux ménages modestes. Concernant le carburant, Bercy est prêt à augmenter temporairement la décote sur le litre de carburant de 18 à 30 centimes, dans un compromis avec les députés républicains.

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« La décote pourrait passer de 18 à 30 centimes d’euro en septembre et octobre, puis passer à 10 en novembre et 10 en décembre », a détaillé samedi Bruno Le Maire. Avec la remise de 20 centimes à la pompe annoncée par TotalEnergies, « vous auriez dans certaines stations-service en France un carburant à 1,5 euro », seuil défendu par LR. Le geste de Total, qui gère un tiers des stations-service en France, aura « un effet sur la concurrence », a souligné le patron du groupe de droite Olivier Marleix lundi matin sur France Inter, se félicitant que les députés LR soient « utiles « . La menace, finalement écartée, d’une taxe sur les « superprofits » des grands groupes, qui était réclamée par la gauche, le RN et mezzo voce par la droite et certains dans la majorité, a fait son effet, a-t-il dit. également soulevée.

Lundi soir, les députés ont également voté, via un amendement LR, un soutien financier de 15 millions d’euros aux petites et moyennes stations-service indépendantes, essentiellement en zone rurale. Les eurodéputés ont également voté une aide de 15 millions d’euros pour renforcer l’aide alimentaire outre-mer.

La nationalisation d’EDF en débat mardi à l’Assemblée nationale

Gros morceau encore en suspens : l’Assemblée doit valider le financement par l’État de la renationalisation à 100 % d’EDF, une opération à 9,7 milliards d’euros destinée à sortir le groupe de production et de distribution d’électricité de son ornière financière et industrielle. EDF sera dans le rouge cette année et sa dette pourrait atteindre 65 milliards d’euros. « Le groupe n’a pas pu passer l’année », prévenait il y a quelques semaines Philippe Page Le Merour, secrétaire du Comité central social et économique (CSEC). Pour éviter ce sort désastreux, l’État devait reprendre le contrôle.

L’Etat détient déjà 84% d’EDF et compte lancer une offre publique d’achat (OPA) qui doit se terminer fin octobre. Les oppositions ne lui sont pas hostiles mais posent leurs conditions concernant la réorganisation d’EDF et la politique énergétique. Certains groupes d’opposition craignent que cette opération capitaliste menée par l’Etat ne soit un premier pas vers la relance du plan Hercule et le « découpage » de l’électricien français. « La nationalisation à 100% ne sera qu’une première étape d’un processus dans lequel on séparera les activités compétitives (renouvelables, réseaux) des activités non compétitives (nucléaire) », a indiqué l’économiste Elie Cohen. Compte tenu de la sensibilité de cet enjeu politique, la nuit à l’Assemblée nationale sera encore longue et chaude ce mardi.


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