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Pesticides. La France renonce enfin aux néonicotinoïdes

Enfin ! Après bien des tergiversations, la France n’autorisera plus l’utilisation des néonicotinoïdes dans les champs de betteraves sucrières. Cette annonce, tombée en début de semaine, fait suite à la décision de la Cour de justice de l’Union européenne (CJUE) qui, le 19 janvier, a jugé illégales les dérogations accordées pour l’utilisation de pesticides interdits, lorsque ceux-ci sont appliqués. comme traitement préventif des semences, comme c’est le cas pour les néonicotinoïdes sur betteraves – substances théoriquement interdites dans l’Union européenne depuis 2018 pour les dommages qu’elles causent aux abeilles, aux pollinisateurs et à la biodiversité en général.

Le gouvernement ne proposera donc pas de « Troisième année de dérogation sur l’enrobage des semences de betteraves, (…) la décision de la Cour de justice (européenne) est suffisamment puissante pour ne pas déstabiliser davantage le système », a déclaré le ministre de l’Agriculture, Marc Fesneau. Un changement de braquet à cent mille lieues depuis l’annonce faite aux planteurs de betteraves en décembre dernier par le même ministre de l’Agriculture que les néonicotinoïdes seraient à nouveau autorisés en 2023 !

Une « grande victoire » pour la biodiversité, un coup dur pour les betteraviers

La Ligue pour la protection des oiseaux (LPO) a salué un « grande victoire pour la biodiversité » avec cette décision « montre que la protection de la biodiversité, le respect du droit européen et la garantie des revenus des agriculteurs peuvent être conciliés ». « Une décision courageuse » claironnait l’association Agir pour l’environnement, qui avait porté à deux reprises cette lutte contre les néonicotinoïdes devant le Conseil d’Etat, en 2021 et 2022, réclamant en vain leur interdiction totale. « Nous nous félicitons de cette décision et de cette victoire que nous remportons après de durs combats. Nous alertons depuis des années le gouvernement sur cette impasse que sont ces dérogations accordées aux produits dangereux et qui de surcroît sont interdites »a également réagi François Veillerette, porte-parole de Générations Futures et membre de PAN Europe, qui appelle à « pour sortir de l’impasse des pesticides de synthèse ». « Le gouvernement doit maintenant changer de cap et faire évoluer en profondeur notre agriculture vers l’agroécologie. Nous demandons donc que la future loi d’orientation agricole permette enfin de repenser notre modèle agricole en promouvant des systèmes de production qui ne dépendent plus des intrants chimiques.

Plusieurs pays européens ont accordé des dérogations pour préserver les rendements sucriers

Bien que ces substances soient interdites dans l’UE depuis 2018, plusieurs pays européens ont accordé des dérogations pour préserver les rendements en sucre, ces insecticides permettant de lutter contre un puceron vecteur de la jaunisse de la betterave. Selon le réseau d’associations Pesticide Action Network (PAN) Europe, entre 2019 et 2022, au moins 236 dérogations ont été délivrées pour des substances considérées comme « très toxique », dont près de la moitié (47,5 %) pour les néonicotinoïdes. A l’inverse, des pays comme l’Italie ont prouvé qu’il était possible de se passer des néonicotinoïdes, y compris pour la betterave. Selon Pan Europe, les États membres n’évaluent pas la nécessité de ces dérogations et leur conformité avec le droit de l’UE, favorisant l’agro-industrie au détriment de la protection de la santé des citoyens et de l’environnement.

A l’inverse, les betteraviers se disent « s’est effondré ». « Il y aura des baisses de surface, des planteurs qui vont baisser les bras. Si c’est une année avec une pression basse (d’ictère), on pourra s’en sortir, mais si c’est comme 2020 là où on a perdu un tiers de la récolte, ce sera catastrophique », a déclaré à l’AFP Franck Sander, président de la Confédération générale des planteurs de betteraves (CGB). Jusqu’au dernier moment, les planteurs ont fait pression sur le gouvernement. Avec ses 23 700 planteurs de betteraves, la France est le premier producteur européen de sucre de betterave (34,5 millions de tonnes en 2021-2022) et le deuxième au monde, derrière la Russie. Pour tenter de rassurer le secteur, le ministre de l’Agriculture a prévu un fonds d’indemnisation en cas de perte de récolte. De même, il a indiqué qu’il fera le nécessaire pour que cette règle d’interdiction s’applique partout au sein de l’UE afin de limiter l’effet d’une éventuelle concurrence déloyale. Et surtout, le gouvernement s’engage à tout mettre en œuvre pour faire émerger des solutions alternatives. Dont acte.


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Cammile Bussière

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