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Pénurie de sauveteurs : des mesures aux côtés des vrais enjeux

La mesure nécessiterait un investissement de 21,5 millions de dollars du gouvernement du Québec, réparti sur cinq ans. Les modalités d’application de l’aide promise par le gouvernement caquiste n’ont toujours pas été dévoilées.

Pour devenir sauveteur, une formation totalisant une centaine d’heures et un coût approximatif de 1 000 $ est requise.

Selon Raynald Hawkins, directeur général de la Société de sauvetage de Québec, 500 sauveteurs et 1 500 sauveteurs adjoints manquent à l’échelle de la province pour répondre aux besoins.

Le coût de la formation, loin d’être le seul frein

Le manque d’effectifs serait dû à deux facteurs : le retard accumulé dans la formation des nouveaux sauveteurs en raison de la pandémie, ainsi que la baisse d’attractivité de la profession.

 » Il est très difficile depuis deux ans d’offrir des cours de natation. De plus, nous nous rendons compte maintenant que nous avons de nombreux décrocheurs aquatiques qui ne terminent pas leur formation et qui trouvent des emplois avec des salaires souvent meilleurs. »

Une citation de Raynald Hawkins, directeur général de la Société de sauvetage du Québec

Les conditions de travail, comme les horaires irréguliers et les contrats saisonniers, sont également en cause, selon le directeur général de la Société de sauvetage du Québec.

Certains hôteliers et centres aquatiques intérieurs offrent maintenant des postes permanents, permettant une meilleure stabilité pour les candidats qualifiés. Des primes salariales étaient également nécessaires cette année pour tenter de retenir la main-d’œuvre certifiée.

Une aide qui ne suffit pas

Pour Véronyque Tremblay, présidente-directrice générale de l’Association Hôtellerie Québec, l’aide offerte par le gouvernement ne suffit pas à combler cette pénurie.

« La formation au certificat de soins d’urgence aquatique est valable deux ans. Aurions-nous pu proposer cet été de prolonger la validité du brevet ? On pourrait peut-être aussi réduire l’âge minimum pour devenir sauveteur », suggère-t-elle.

Des retraités en bonne forme physique pourraient également être appelés à combler des postes vacants habituellement occupés par des étudiants ou des travailleurs saisonniers.

Les conditions de travail sont également un problème qui peut expliquer le manque de sauveteurs.

Photo : Radio-Canada / Marc-André Landry

L’Abitibi-Témiscamingue ne fait pas exception

La moyenne québécoise de superviseurs par 1 000 habitants serait de 2,2, une statistique déjà plutôt basse selon M. Hawkins. En Abitibi-Témiscamingue, on compte environ 1,22 surveillants par 1 000 habitants.

 » Il faut travailler sur l’attractivité du métier en améliorant les conditions de travail, mais tout commence par l’amélioration de l’offre de formation. »

Une citation de Raynald Hawkin

La pandémie a frappé de plein fouet avec la mise en place de cours de natation et de secourisme dans plusieurs villes de la région.

Amos

La piscine du lycée y a été fermée pendant 14 mois pour cause de travaux, retardant le déroulement de la formation des jeunes sauveteurs de la région.

«Nous avons un gros arriéré ici. Je suis le seul à pouvoir donner ces entraînements et j’ai moi-même dû encadrer quelques nages libres cette année. C’est un processus très lent », explique Sophie-Anne Faucher, coordonnatrice aquatique et animatrice du secteur récréatif à la Ville d’Amos.

Ville Marie

La formation des sauveteurs était déjà intégralement prise en charge par la commune. C’est également le cas de nombreux employeurs, selon Raynald Hawkins.

« Bien sûr, les aides gouvernementales vont aider, mais il faut des jeunes intéressés par le métier. Nous avons perdu la moitié de nos sauveteurs cette année. Nous n’aurons d’autre choix que de limiter les heures d’ouverture », a déclaré Manon Gauthier, directrice des loisirs et des sports à la Ville de Ville-Marie.

Val d’Or

Une rémunération au taux horaire de 15,25$/an sera bientôt offerte à ceux qui désirent suivre une formation de sauveteur tout à fait gratuitement.

Selon Marc Lafortune, responsable aquatique à la Ville de Val-d’Or, il reste beaucoup de travail d’entraînement à faire.

« Nous avons réussi à recruter plusieurs sauveteurs adjoints, mais très peu de sauveteurs qualifiés. Il est certain qu’il y aura des pannes de service majeures », souligne-t-il.

Rouyn-Noranda

La situation y est moins dramatique, mais il faut tout de même rester vigilant, selon Mario Gagnon, coordonnateur aquatique à la Ville.

« La présence du cégep et de l’université aide beaucoup, mais il est certain que la formation est en baisse depuis le début de la pandémie. On a plus de mal à recruter », témoigne-t-il.

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