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Péage : les sociétés d’autoroutes nous font-elles un cadeau ?


Les remises proposées sont des oboles. Nous devons reprendre le contrôle de nos services publics et de nos biens communs.

De grands groupes privés concessionnaires de nos voies publiques ont annoncé des dons à certains usagers après les révélations de dizaines de milliards de leurs excédents de profits et la hausse de 4,75 % des tarifs en février.

Parmi ces « œuvres caritatives », pour les abonnés, une remise pour ceux qui paient avec des Chèques-Vacances dématérialisés, des réductions pour plus de 10 allers-retours par mois sur un trajet régulier, voire un report de la hausse tarifaire pour les quelques abonnés à l’électricité, c’est-à-dire un coût de quelques millions d’euros, et un blocage temporaire des prix sur les portions courtes compensé par la hausse sur les autres portions, soit un coût nul.

La com’ sur ces « gestes commerciaux » ne peut cacher les surprofits commerciaux obtenus de certains ministres par les grands groupes concessionnaires, Vinci (ASF, Cofiroute, Escota), Eiffage (APRR, Area) et Abertis (Sanef, SAPN).

Ces grands groupes ont été les bénéficiaires de la privatisation des concessionnaires d’autoroutes en 2006 par M. de Villepin, Premier ministre, avec M. Le Maire comme directeur de cabinet, qui leur a permis de réaliser plus de 19 milliards d’euros de surprofits cachés.

M. Macron, ministre de l’Économie (2014-2016), et M. Kohler, son directeur de cabinet, ont cherché à cacher pendant quatre ans les conditions de leurs négociations du « protocole d’accord du 9 avril 2015 » et du « plan de relance autoroutière (PRA) » avec ces sociétés concessionnaires (SCA), ce qui leur a permis un nouvel allongement de la durée des concessions, des hausses de prix, et donc près de 9 milliards d’euros de profits excédentaires.

Le gouvernement continue de vouloir cacher, depuis quatre ans, les rapports et notes des services qui ont préparé ce PRA pour M. Macron, M. Kohler et aussi Mme Borne, directrice de cabinet de Mme Royal, alors ministre de l’Environnement (2014- 2017).

Le gouvernement ose prétendre qu’il n’avait ni rapport ni mémorandum pour ces négociations de 2015. Ce que nous avons montré est faux. Ces montages successifs ont permis une « obole » de 30 milliards d’euros de profits excédentaires pour les grands groupes concessionnaires d’autoroutes sur la durée des contrats.

Des alertes sur ces profits excédentaires ont été lancées par tous les services de notre République, l’Inspection Générale des Finances, l’Inspection Générale de l’Environnement, la Cour des Comptes, l’Autorité de la Concurrence, l’Autorité de Régulation des Transports, l’Assemblée Nationale d’Investigation mission (2014), la commission d’enquête du Sénat (2020), et quelques journalistes.

Ces concessions au secteur privé prennent tout leur… double sens : concessions de service public et concessions au sens « attribution d’un bien ou d’un droit à titre de grâce ou de faveur ». Le gouvernement doit cesser de « faire des concessions » aux concessionnaires. L’opacité et le mensonge sur les décisions publiques sont source de corruption. Reprenons le contrôle public de nos services publics, de nos biens communs.

Les marges des groupes privés atteignent 13 %. Depuis 2006, ils ont collecté 55 milliards d’euros au détriment des financements de l’Etat.

Lancée au début des années 2000, la privatisation de pans entiers de nos autoroutes coïncide avec l’amortissement de celles-ci, dont le financement de la construction repose sur les contribuables depuis plusieurs décennies.

En 2006, Bruno Le Maire – alors directeur de cabinet du Premier ministre Dominique de Villepin – annonçait la privatisation des concessions autoroutières jusqu’en 2031, voire 2036 pour certaines. Abertis (dont les principaux actionnaires sont Axa, Crédit Agricole et la famille Peugeot), Eiffage et Vinci remportent le pari et voient leurs profits exploser : près de 55 milliards d’euros depuis 2006.

Vivement critiqués dans un rapport sénatorial en 2019, ces trois groupes, financiers historiques des campagnes électorales des présidents de la République qui se sont succédé au pouvoir en France, se gavent d’argent sur le dos des usagers de la route notamment, et sur les citoyens en général.

Dès lors, l’annonce récente d’un rabais sur les péages cet été apparaît comme une opération de communication bien éloignée d’un cadeau fait aux Français dans le contexte inflationniste et de cherté de la vie que nous connaissons depuis plus d’un an.

Comme le patron de Total « offrant » une ristourne de 20 centimes sur un litre d’essence, au passage de bénéfices colossaux puisque cette manœuvre a servi à rendre captifs les consommateurs chez Total et a permis de vendre un volume de carburant jamais égalé par le géant pétrolier. Les trois plus grands groupes concessionnaires du bâtiment et des travaux publics réalisent près de la moitié de leurs bénéfices annuels sur ce segment. A noter au passage la hausse des prix des péages de 4,7% en février.

En privant l’État de ressources considérables, des taux de marge opérationnelle pouvant atteindre 13 %, au lieu des 7 % initialement prévus dans les contrats de concession, les trois groupes ont réalisé un bénéfice net moyen de 350 000 euros au kilomètre. accordée depuis la privatisation.

A la demande polie du ministre délégué aux Transports, Clément Beaune, le 7 juin, appelant les trois compagnies à faire un geste en faveur des automobilistes, elles se sont empressées d’annoncer 20 à 25% de réduction des péages pour les mois de juillet et août .

Alors c’est un cadeau ? Une redistribution des richesses accumulées ? Le syndicat interfédéral des transports CGT (UIT CGT) a décrypté ce dispositif censé alléger le budget vacances des ménages, enfin… pour ceux qui ont la chance de pouvoir partir en vacances.

La ristourne ne concernera que les abonnés au télépéage, c’est-à-dire un « client » essentiellement professionnel et usager captif des autoroutes. L’avantage financier concédé par les trois groupes capitalistes ne se fera pas au passage de la barrière de péage mais ne sera rechargé sur le compte d’abonnement au télépéage que si les usagers l’alimentent via Chèques-Vacances entre le 15 juin et le 31 juillet. Des conditions si contraignantes que peu pourront en profiter. Avec ce gouvernement, pas question de prendre aux riches.


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Cammile Bussière

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