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Ottawa veut réduire la surreprésentation des Autochtones dans les prisons du Nunavik

Le ministère de la Justice du Canada fournira 2,22 millions de dollars sur cinq ans. Cet investissement servira à améliorer le programme Makivik, qui offre des services de justice communautaire aux Inuits du Nunavik.

Le budget alloué vise également à assurer une plus grande accessibilité aux services de postcure.

Cette surreprésentation est alarmantselon le ministre de la Justice du Canada, David Lametti.

Les données du ministère de la Justice du Canada indiquent que bien qu’ils ne représentent qu’environ 3 % de la population adulte au Canada, les adultes autochtones sont surreprésentés lorsqu’il s’agit d’admissions dans les services correctionnels provinciaux et territoriaux au Canada; en 2015-2016, ils représentaient 26 % des entrées.

En plus des sommes injectées dans le système de justice, Ottawa accordera des fonds pour la mobilisation de la société Makivik en vue de développer une stratégie de justice autochtone en collaboration avec les acteurs de la région.

En soutenant les services de justice autochtone, comme Gladue Aftercare, et un processus de mobilisation dirigé par les Autochtones pour l’élaboration d’une stratégie de justice autochtone, nous contribuons à un changement systémique qui permettra de mettre fin à cette réalité inacceptable.dit David Lametti.

Le président de Makivik Pita Aatami se réjouit de cette annonce de financement du gouvernement fédéral. Pendant longtemps, la prestation des services de justice au Nunavik a été difficile pour tous les gouvernements puisque le système imposé aux Inuits nous est étranger et n’est pas adapté à la culture. Grâce à ce financement du Canada, la Société Makivik jouera un rôle plus efficace dans le domaine de la justiceil a dit.

La société Makivik, créée en 1975, représente les Inuits du Nunavik dans la région du Nord-du-Québec. En matière d’aide juridique, dix comités locaux de justice offrent des services à la population à différentes étapes du processus judiciaire.

Une annonce dans un contexte de tension

Rappelons qu’en début d’année, un recours collectif de 294 millions de dollars a été intenté contre le gouvernement du Québec. Québec est accusé d’avoir violé les droits de près de 1 500 individus en prolongeant la détention préventive dans 97,55 % des cas au-delà du délai légal de trois jours entre 2015 et 2019.

La question de l’efficacité du système judiciaire dans le Nord-du-Québec n’est pas récente. En 1975, la Convention de la Baie James et du Nord québécois prévoyait la construction d’un centre de détention pour éviter les longs déplacements des détenus vers le sud du Québec. Cependant, cette mesure n’a jamais vu le jour.

Ce n’est que depuis 2019 que des enquêtes sur les rejets ont lieu au Nunavik et qu’un système de visioconférence a été mis en place.

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