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« On veut qu’ils oublient que ce sont des bombes potentielles », la délicate réhabilitation des enfants de jihadistes


Au milieu de la cour de ce camp syrien, derrière la grande porte grise à l’ombre des barbelés, une française de 11 ans joue avec ses camarades tchétchènes, suédois, iraniens, russes ou anglais. Ce centre de réhabilitation pour enfants de Daech, dirigé par les forces kurdes, est situé dans le nord-est du pays, tout près de la ville de Hassaké.

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Ici vivent une soixantaine d’enfants, dont quelques enfants français. Leurs mères djihadistes sont emprisonnées à quelques dizaines de mètres. Sans aide financière suffisante, les Kurdes font pourtant ce qu’ils peuvent pour accueillir ces enfants.

Tous ces enfants passent leurs journées dans ce centre. Au programme : cours de sport et de mathématiques le matin, cours d’anglais et de sciences l’après-midi. Pendant les pauses, ils sont autorisés à regarder des dessins animés, à jouer entre eux et à traîner dans la cour. La journée terminée, ils retournent dans les cellules de leur mère pour y passer la nuit.

« On veut qu’ils oublient que ce sont des bombes potentielles », la délicate réhabilitation des enfants de jihadistes

Le directeur du centre, Perwin Husseun El Ali, assure que la difficulté majeure est d’arriver à obtenir la confiance de ces enfants. Heureusement, les comportements semblent changer avec le temps »,surtout chez les plus jeunes car ils ne sont pas encore recrutés« . Elle note également quelques évolutions positives :Avant, ils étaient très agressifs les uns envers les autres et maintenant ils jouent ensemble. Nous voulons juste qu’ils oublient qu’ils sont des bombes potentielles et qu’ils redeviennent des enfants. »

Pourtant, malgré les progrès, ces enfants ne sont pas destinés à rester dans ce centre, estime le directeur : «Ils doivent pouvoir rentrer chez eux avec leur mère car il n’est pas acceptable de les séparer. Ils ne peuvent pas rester indéfiniment en prison car ils deviendront de plus en plus radicaux. Nous devons réagir maintenant« .

Au total, selon les estimations, il faudrait plusieurs centaines de centres comme celui de Hassaké pour prendre en charge les 30 000 enfants qui croupissent dans le camp d’Al-Hol, connu pour abriter les mères les plus radicales.

« On veut qu’ils oublient que ce sont des bombes potentielles », la délicate réhabilitation des enfants de jihadistes

De son côté, le co-secrétaire kurde aux Affaires étrangères, le docteur Abdulkarim Omar, que franceinfo a pu rencontrer, constate avec inquiétude le retour de Daech, depuis que la plus grande prison de la région a été violemment attaquée par les jihadistes, en janvier dernier, tuant 373 personnes. « L’attaque contre la prison a été massive, mais le problème va au-delà« , il s’inquiète. « L’État islamique a des cellules dormantes sur le terrain, ils se réorganisent, tout cela parce que la communauté internationale ne prend pas ses responsabilités« .

Les Kurdes assurent qu’ils ne pourront pas continuer à gérer les camps et les prisons sans aide financière supplémentaire. Ils demandent aux différents pays de venir chercher leurs ressortissants, au risque de les voir fuir ou de devoir les laisser partir.

« Il faut qu’ils redeviennent des enfants », le reportage de Gaële Joly au centre de réinsertion syrien de Hassaké

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