“On continue le mouvement mais casser le flic, c’est non !” Près de 500 agriculteurs rassemblés dans le Gers

Face à la crise, les syndicats agricoles du Gers ont mis de côté leurs divergences pour parler d’une seule voix, à Saint-Jean-le-Comtal, devant une salle comble. Narratif.
Les agriculteurs du Gers, de tous bords syndicaux, sont venus en masse à Saint-Jean-le-Comtal pour assister à une réunion de crise. La salle des fêtes s’est rapidement remplie, au point que beaucoup ont suivi les débats de l’extérieur.
Devant près de 500 personnes, silencieuses et attentives, le président de la Maison de l’élevage, Damien Latapie, et de la Chambre d’agriculture, Lionel Candelon, ont dressé un bilan des dernières mobilisations, et appelé à la poursuite du mouvement.

“Les agriculteurs gersois veulent des solutions, et ne sont pas décidés à baisser les bras après plus d’un mois de mobilisation, insiste Lionel Candelon. Cependant, ils n’ont pas le sentiment d’être entendus !” En effet, une fois les discours des deux présidents terminés, la parole a été donnée aux représentants des syndicats, mais aussi à l’assistance, qui n’a pas hésité à décrire au micro les difficultés et les inquiétudes qu’endurent les opérateurs gersois.
« Sortez les Kalachnikov ! »
Parfois avec des expressions extrêmes. Certains esprits sont surchauffés par des semaines de manifestations et d’affrontements.
Entre appels au Frexit et techniques de guérilla contre l’État, fusils à montrer aux vétérinaires pas assez conciliants, ou imprécations guerrières – « Il faut sortir les kalachnikovs ! », les représentants syndicaux ont parfois dû hausser le ton pour ramener le calme. « Il s’agit d’être clair », assène le président de la chambre. “On continue le mouvement, on continue les manifestations, mais briser les flics, c’est non !”
A lire aussi :
Nouvelle action puissante des Jeunes Agriculteurs pour sensibiliser à l’origine des produits dans les supermarchés
Le souhait général est de voir les syndicats travailler ensemble. Requête entendue : La Coordination rurale, la Jeunesse paysanne et la Confédération paysanne ont fait taire leurs dissensions à la tribune pour réaffirmer leur volonté de faire valoir des revendications communes. « Nous sommes nombreux, il faut arriver à nous écouter », constate Damien Latapie, le président de la Maison de l’Élevage. “Je voulais déclencher cette réunion pour recentrer les débats.”
L’ambition de créer un lien entre les syndicats et la Chambre d’agriculture semble avoir atteint son objectif.
Le moment n’est pas anodin pour l’élevage gersois : près de 95 % du cheptel est vacciné. La période de 28 jours débutera, sauf en cas de nouvelle épidémie. Avec possibilité de déplacer éventuellement le bétail. « Le bout du tunnel arrive », souligne Damien Latapie. “Nous avons 28 jours pour travailler au redémarrage des marchés. Il y a un gros travail de négociation.”
Union sacrée
Un comité restreint se réunit mardi pour mettre en place le groupe de travail intersyndical, initié par Damien Latapie. Il tentera d’obtenir des solutions auprès d’interlocuteurs départementaux en qui “les agriculteurs n’ont pas confiance”.
A lire aussi :
Colère des agriculteurs : “Ils lui ont sauté dessus”, Lionel Candelon, président de la chambre d’agriculture du Gers, interpellé
Car si la Chambre d’agriculture pousse désormais à l’union des syndicats, « pour laisser le passé derrière nous » selon les mots de Lionel Candelon, les revendications demeurent. L’arrêt du protocole d’abattage de la DNC, qui sera systématiquement refusé. Celle de la directive nitrates dans le Gers, jugée inutile. L’eau, pour laquelle la chambre demande la gratuité totale de l’irrigation dans l’Adour-Garonne en 2026. La baisse de la taxe foncière sur les immeubles non bâtis (TFNB), pour compenser les dégâts climatiques, est insuffisante. « L’Etat doit valider ce qui lui est proposé », réclame le président de la Chambre d’agriculture.
Source | domain www.ladepeche.fr




