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Marine Le Pen dans la bataille des législatives pour conforter sa place de première opposante


Après plus de deux semaines de silence suite à sa défaite au second tour de l’élection présidentielle, dimanche 24 avril 2022, Marine Le Pen est en campagne pour les élections législatives des 12 et 19 juin.

Marine Le Pen lance son parti, mercredi 11 mai, dans la bataille des élections législatives où la finaliste à la présidentielle entend conforter sa place de première opposante à Emmanuel Macron, également revendiquée par Jean-Luc Mélenchon et son union de la gauche.

La candidate d’extrême droite était restée discrète depuis son échec à l’élection présidentielle face au président sortant, où elle a réuni 41,5 % des suffrages au second tour.

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Elle a fait sa rentrée médiatique mardi soir, à la veille d’une conférence de presse du Rassemblement national (RN) où Jordan Bardella, qui la remplace à la tête du parti jusqu’en septembre, présente la stratégie du RN et des 577 candidats investis. ou soutenu par le parti.

Mardi soir sur TF1, pour sa première interview depuis l’élection, Marine Le Pen semblait considérer qu’Emmanuel Macron obtiendrait la majorité aux législatives des 12 et 19 juin. Et que « la vraie question » était « quelle opposition » le chef d’État lui ferait face.

Les Français « ont déjà un peu choisi en me mettant au second tour », a-t-elle fait valoir, et ils « ne veulent pas de cette opposition » de la Nouvelle Union populaire écologique et sociale (Nupes) dirigée par Jean-Luc Mélenchon, qui « va défendre le burkini à la piscine », « régulariser les sans-papiers », « augmenter les impôts » ou encore « désarmer la police ».

Marine Le Pen et le chef des insoumis, troisièmes à l’élection présidentielle, se disputent désormais la place de premier adversaire d’Emmanuel Macron.

Une projection de l’Institut OpinionWay a publié des attributions entre 135 et 165 sièges au Nupes, et entre 20 et 40 au RN, la majorité présidentielle obtenant entre 310 et 350 sièges.

« Il va falloir créer les conditions d’une remobilisation »

La députée du Pas-de-Calais se représente à Hénin-Beaumont, où elle a visé dimanche Jean-Luc Mélenchon, qualifié de « fou du roi », pour avoir, selon elle, favorisé la réélection du président sortant .

C’est aussi à Marine Le Pen, qui vient de subir son troisième échec à la présidentielle, de remotiver ses troupes.

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« On sent que le peuple est peu mobilisé et il va falloir créer les conditions d’une remobilisation », admet Louis Aliot, vice-président du parti. Mais « même si les gens sont déçus, ils veulent plus le système que Marine Le Pen », tempère l’ancien directeur de campagne adjoint, Jean-Philippe Tanguy.

Le RN entend faire campagne, comme à la présidentielle, sur le pouvoir d’achat. Un thème qui avait permis à Marine Le Pen de reléguer au second plan ses propositions controversées sur l’immigration et l’islamisme.

Le RN espère former un groupe à l’Assemblée, ce qui est possible à partir de 15 députés, malgré un mode de scrutin – majoritaire – défavorable au parti d’extrême droite.

A l’élection présidentielle de 2017, Marine Le Pen avait réuni 33,9% des voix mais n’avait obtenu que huit députés (sept aujourd’hui, dont un lié).

Pas d’alliance avec le parti d’Eric Zemmour

Le Front national (devenu RN) n’a obtenu qu’une seule fois un groupe entre 1986 et 1988, avec 35 députés, grâce à la représentation proportionnelle.

Le RN avance cette fois que Marine Le Pen avait dépassé les 40 % dans 339 circonscriptions. Pourtant, la bataille se déroulera sans accord avec le parti de la Reconquête ! d’Éric Zemmour, qui a réuni 7,07% des voix à l’élection présidentielle et présentera 550 candidats.

Même Stanislas Rigault, chef de file de la Reconquête ! mouvement de jeunesse, qui a été approché par Jordan Bardella, affrontera un candidat RN au 2et circonscription du Vaucluse.

Laurent Jacobelli, porte-parole du RN, invité de Mardi Politique


Mais « si vous avez 50 % d’abstention, vous devez obtenir 25 % des voix [pour accéder au second tour]. Cela suppose donc des alliances partout pour pouvoir gagner », rappelle le directeur d’Ipsos Brice Teinturier.

L’ancien président du FN, Jean-Marie Le Pen, qui avait hésité à soutenir Éric Zemmour avant de lui préférer sa fille, regrette cette absence « d’accord » et prévient Reconquête d’une possible « déroute ».

Jordan Bardella avait fustigé « l’incohérence » d’Éric Zemmour à critiquer Marine Le Pen puis à « demander son aide pour se faire élire ». « Ne pensez pas que j’ai offensé le RN. […] Cette union, ils ne l’ont pas voulue. C’est comme ça », s’est défendu dimanche Éric Zemmour, qui hésite lui-même à se lancer.

Avec l’AFP

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