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l’Union nationale des écoles, collèges et lycées juge la déclaration du ministre « choquante »

Maxime Reppert, secrétaire national aux conditions de travail du Syndicat national des écoles, collèges et lycées (Snalc), a jugé lundi 12 septembre sur franceinfo les déclarations du ministre de l’Éducation nationale »choquant« . Pap Ndiaye a estimé que la rentrée était « bien » malgré les difficultés de recrutement :  » jeIl y a tout lieu de se contenter d’une rentrée qu’on nous promettait autrement mauvaise, voire catastrophique», a déclaré le ministre sur franceinfo.

Maxime Reppert a rappelé que « la plupart des contractuels qui ont été embauchés ne reçoivent que quatre jours de formation » tandis que « chez McDonald’s, les employés bénéficient jusqu’à cinq jours« . Le ministre annonce également que les enseignants en début de carrière recevront 2 000 euros à partir de septembre 2023. Il s’agit « promesses de mises à jour » qui « ne sont pas nés aujourd’hui», souligne Maxime Reppert.

franceinfo : Pensez-vous que la rentrée s’est bien passée, comme le dit votre ministre ?

Maxime Repert : Je ne suis absolument pas d’accord avec son diagnostic. On peut être satisfait si l’objectif était de mettre un adulte face aux élèves. Mais je trouve cette déclaration quelque peu choquante. La plupart des travailleurs contractuels qui ont été embauchés ne reçoivent que quatre jours de formation. Je n’ai absolument rien contre les entrepreneurs. On en a besoin, mais je regrette cet encadrement très faible et cette formation qui est ridicule. Chez McDo, les employés reçoivent jusqu’à cinq jours de formation pour servir des hamburgers. Je suis choqué qu’à l’Education nationale, on passe moins de temps à former les enseignants.

L’annonce d’un concours exceptionnel au printemps ouvert aux contractuels pour réduire leur nombre, cela vous semble-t-il une bonne chose ?

L’ouverture des sessions de concours est une chose. Encore faut-il que les candidats répondent présents. En l’espace de 20 ans, pour les Capes, on est passé de 50 000 candidats à près de 20 000. Du coup, on a quand même une baisse de 60%, ce qui devrait faire réfléchir. En effet, les méthodes de recrutement ont évolué. On est passé de bac+3 à bac+5, mais la question de l’attractivité est centrale. Ces promesses de revalorisations à 2 000 euros ne naissent pas aujourd’hui. Ils existaient déjà sous le ministère de Jean-Michel Blanquer. Ils ont été évoqués lors du premier quinquennat d’Emmanuel Macron. Ce sont des promesses. On nous donne des chiffres pour les débuts de carrière, rien pour les mi-carrières. J’enseigne depuis quinze ans. Après quinze ans de service, le salaire de base est de 2 000 euros.

Qu’attendez-vous en fait ?

Le ministre, à court terme, n’a pas le choix : il est obligé d’embaucher des contractuels. Il n’a pas le choix car il a fait preuve d’un cruel manque d’anticipation. Sous Jean-Michel Blanquer aussi. Il est obligé d’embaucher des contractuels, qui d’ailleurs, pour certains, démissionnent au bout de quelques jours. Je vois des collègues qui, au bout de quelques jours, se disent qu’effectivement, ils ne sont pas faits pour ça et décident de démissionner.

« Il faut une vraie formation des collègues contractuels et vraiment travailler sur l’attractivité du métier. »

Maxime Reppert, secrétaire du syndicat national des écoles, collèges et lycées (Snalc)

sur franceinfo

Il y a la question de la rémunération, c’est incontournable. Et aussi, la question des conditions de travail. Il y a aussi la façon dont les enseignants sont traités. Il y a encore des violences physiques et psychologiques qui tendent à se banaliser, une absence de médecine du travail digne de ce nom, des effectifs encore nombreux et des missions de plus en plus complexes. On assiste à une perte de sens du métier d’enseignant.




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Ray Richard

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