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L’ONU documente des centaines de détentions arbitraires et de disparitions forcées

Après une enquête approfondie, l’ONU a identifié plus de 400 victimes de détentions arbitraires et de disparitions forcées dans les territoires occupés par la Russie et les groupes armés affiliés. Quant aux forces ukrainiennes, elles sont accusées d’être à l’origine d’une cinquantaine d’arrestations arbitraires et de cas de torture de prisonniers.

L’ONU a déclaré vendredi 9 septembre avoir documenté plus de quatre cents détentions arbitraires et disparitions forcées par les forces russes en Ukraine, ainsi que 51 arrestations arbitraires par les forces ukrainiennes.

Depuis le début de l’invasion ordonnée par le président russe Vladimir Poutine, le Haut-Commissariat aux droits de l’homme recueille des informations sur les violations subies par les prisonniers de guerre.

La torture, si elle était prouvée devant un tribunal, « serait un crime de guerre », a déclaré Matilda Bogner, qui dirige la mission de surveillance des droits de l’homme en Ukraine, lors d’une visioconférence depuis Odessa.

Moscou n’a pas autorisé les visites de l’ONU aux prisonniers de guerre

A ce jour, les Nations unies ont établi qu’au moins 416 personnes ont été victimes de détentions arbitraires et de disparitions forcées en territoire occupé par la Russie ou dans des zones contrôlées par les forces armées russes et les groupes armés affiliés au moment des faits. Parmi eux, 16 ont été retrouvés morts et 166 ont été relâchés.

La mission a également identifié 51 arrestations arbitraires et 30 autres cas qui pourraient être liés à des disparitions forcées perpétrées par les forces ukrainiennes.

L’ONU a obtenu « l’accès sans entrave » aux centres de détention contrôlés par Kyiv, tandis que Moscou n’a pas autorisé l’accès aux prisonniers de guerre détenus sur son territoire ou dans les zones contrôlées par les forces pro-russes, a déclaré Matilda Bogner.

« Cette situation est d’autant plus préoccupante que nous avons documenté que des prisonniers de guerre aux mains des « forces armées russes ou de groupes armés affiliés » ont subi des actes de torture et de mauvais traitements et que, dans certains lieux de détention, ils pas de nourriture, d’eau, de soins de santé et d’assainissement adéquats », a-t-elle ajouté.

Femmes enceintes, prisonniers malades…

L’ONU a également connaissance d’au moins quatre femmes prisonniers de guerre enceintes et détenues par Moscou et des groupes armés affiliés.

La mission a également reçu des informations sur la situation désastreuse de la prison d’Olenivka, en territoire séparatiste, où de nombreux prisonniers de guerre ukrainiens seraient atteints de maladies infectieuses, notamment l’hépatite A et la tuberculose.

Cas de torture et de mauvais traitements ukrainiens

Dans le territoire contrôlé par l’Ukraine, l’ONU a également recensé des cas de torture et de mauvais traitements de prisonniers de guerre – généralement lors de leur capture, lors des premiers interrogatoires ou de leur transport vers des camps d’internement.

L’ONU a pu visiter un camp de prisonniers de guerre en Ukraine non occupée mais la plupart « continuent d’être détenus dans des établissements pénitentiaires, en violation de la règle selon laquelle les prisonniers de guerre ne doivent pas être internés en confinement étroit », a déploré Matilda Bogner.

La mission doit publier le 27 septembre un rapport détaillé sur les conséquences de l’invasion russe sur les droits de l’homme en Ukraine.

Avec l’AFP

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