L’ex-compagne de Chloé P. écope de 15 ans de prison

À cette peine de 15 ans de réclusion criminelle, motivée pour violences volontaires ayant entraîné un handicap, s’ajoutent une période de sûreté des deux tiers, sept ans de suivi socio-judiciaire avec ordonnance de traitement et une interdiction de contact avec les parties civiles. La procureure générale Stéphanie Clément-Bornet avait requis 22 ans de prison, estimant qu’il n’y avait « aucun doute » sur l’intention de tuer, ce que Marvin Joli, 30 ans, a toujours démenti.
Dommages neurologiques irréversibles
Après avoir suivi dignement l’intégralité des débats et entourée de ses parents, Chloé P., aujourd’hui âgée de 27 ans, a semblé subir le coup à l’annonce du verdict. La veille, elle était sortie brièvement, choquée de découvrir les images de son visage défiguré par les coups. Les séquelles de la jeune femme, « miraculeuses » selon sa mère, sont nombreuses. “Je suis très déçue, je ne comprends pas. Il vaudrait peut-être mieux que la femme meure”, a déploré la mère de Chloé P., qui avait réclamé une “peine maximale et exemplaire”.
Outre la perte de son œil droit, Chloé P. a subi des lésions neurologiques irréversibles, notamment après deux mois de coma. Jeudi, à la barre, sa mère a détaillé la perte de « souvenirs », « goût », « odeur » dont souffre désormais sa fille. Me Isabelle Steyer, l’avocate de Chloé P., a rappelé que « Chloé a échappé de peu à la mort ». “Elle ne comprend pas, elle est très déçue”, a-t-elle ajouté. Marvin Joli, 30 ans, a présenté ses « excuses » avant la clôture des débats, assurant n’avoir jamais voulu tuer son ex-compagne.
« Trois coups de pied à la tête »
“Je me suis tordu (…) C’était comme si ma force avait été décuplée”, a raconté l’accusé, crâne rasé et jogging, dont le casier judiciaire compte déjà quatorze inscriptions. Le jour des faits, alors que Chloé P. avait auparavant rompu, l’accusé a expliqué être revenu à Blois pour renouer avec la jeune femme, tombée enceinte de lui et qui avait avorté avant l’agression. «J’étais triste et en colère», a déclaré Marvin Joli, qui a rencontré la victime en août 2022, minimisant les violences et les menaces décrites par les proches de la jeune femme. Il revient également sur la journée du 13 décembre 2022, au cours de laquelle la victime s’est présentée au commissariat de Blois pour porter plainte contre lui, avant d’être invitée à revenir le lendemain.
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