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Les taux hypothécaires fixes explosent


Il y a beaucoup de bruit lorsque les banques centrales annoncent leurs taux. Vous me direz que c’est normal, puisque ces décisions ont un impact direct sur les taux variables.

Par contre, peu d’attention est accordée à la hausse des taux des obligations du gouvernement du Canada, qui influence l’évolution des hypothèques à taux fixe, le choix le plus populaire chez les propriétaires.

Eh bien, depuis quelques semaines, ils grimpent à une vitesse effrayante !

Environ 5 %

Début juin, le taux des obligations d’État à cinq ans s’établissait à 2,86 %. Il y a une semaine, il atteignait 3,58 %, un pic depuis 2008. On n’avait pas vu une augmentation aussi rapide depuis trente ans, et on n’en a pas vu la fin.

Ceux qui ne jurent que par le taux fixe sauteront le pas s’ils doivent renouveler leur prêt dans les mois à venir. Il y a cinq ans, ils ont obtenu un financement à moins de 3,0 % d’intérêt. Le meilleur taux sur cinq ans offert pour un prêt hypothécaire assuré se situe maintenant autour de 4,9 %; la plupart des emprunteurs paieront plus de 5 %. Prochaine étape : 6 % !

Le lien entre les obligations et les hypothèques

Les taux des obligations du gouvernement du Canada fluctuent quotidiennement. Dans un environnement inflationniste, les investisseurs, ceux qui achètent la dette publique, exigeront des taux d’intérêt plus élevés. C’est le jeu de l’offre et de la demande qui détermine les tarifs. Les institutions financières comptent sur les obligations pour fixer le taux fixe de leurs hypothèques. Pourquoi ? Pour financer leurs activités de prêt hypothécaire, les banques revendent une partie de leur portefeuille de prêts sur les marchés des capitaux, où elles concurrencent les titres de la dette publique.

Cependant, les obligations d’État sont sûres à 100 %, ce qui n’est pas le cas des hypothèques. Ce risque supplémentaire (plus la marge que les prêteurs gardent pour eux) se reflète dans le différentiel de taux entre les obligations et les hypothèques. La différence est comprise entre 100 et 200 points de base (100 points équivaut à 1 %), selon les circonstances. Il oscillait autour de 120 points il y a une semaine, il s’est creusé depuis et pourrait encore prendre de l’ampleur en raison d’un environnement financier préoccupant.

Autrement dit, les taux hypothécaires fixes grimpent un peu plus vite que les taux obligataires, qui augmentent déjà à un rythme inhabituel. Ce n’est pas une bonne nouvelle pour ceux qui renouvelleront leur prêt au cours des prochains mois.

L’impact sur le marché immobilier

  • Ceux qui s’apprêtent à magasiner pour un prêt hypothécaire à taux fixe devront se qualifier avec un taux de 7 % ! Ça frappe les esprits…
  • Au Canada, un emprunteur doit réussir le « test de résistance ». Lors de l’évaluation du poids de la dette hypothécaire dans le budget de leurs clients, les prêteurs doivent ajouter 2 % au taux d’intérêt accordé. Résultat : de plus en plus d’aspirants acheteurs sont disqualifiés !
  • La semaine dernière, Desjardins dévoilait ses prévisions immobilières, dont une baisse de 12 % des prix au Québec d’ici la fin de 2023. Dans les autres régions du pays, la baisse s’annonce plus prononcée. La Banque du Canada, sur un ton plus dramatique, a évoqué une correction et le risque d’un effet en cascade qui pèsera sur le système financier.
  • Ne cherchez pas plus loin une explication : c’est le resserrement du crédit qui va refroidir les esprits. Dans le flot actuel de nouvelles négatives, cela ressemble à une tuile de plus, mais ce resserrement est nécessaire.
  • Ceux qui se sont endettés jusqu’à la limite pour accéder à la propriété l’année dernière ne le verront pas de cette façon.



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