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Les soins de santé en milieu rural et les pénuries de personnel inquiètent en Abitibi-Ouest |  Élections Québec 2022


Selon le Syndicat interprofessionnel de la santé de l’Abitibi-Témiscamingue (FIQ-SISSAT), il manque 38 % des infirmières nécessaires dans le secteur de La Sarre et il manquera 45 % de la main-d’œuvre dans cinq ans.

La situation est plus stable dans le secteur d’Amos où il manque 17 % de la main-d’œuvre, mais les nombreux départs à la retraite au cours des cinq prochaines années feront passer ce taux à 46 %.

Une situation alarmante selon le président du syndicat Jean-Sébastien Blais, qui a déposé en août un plan d’urgence de 25 millions de dollars pour bonifier les mesures existantes et en développer de nouvelles. Il réitère que l’Abitibi-Témiscamingue doit être reconnue comme une région éloignée.

 » Je pense qu’il faut prévoir des budgets pour chacune des MRC pour être certain d’avoir des mesures d’attraction et de rétention propres à chacune des sous-MRC de la région. »

Une citation de Jean-Sébastien Blais

Il fait également campagne pour des bourses d’études, une plus grande flexibilité des horaires et l’application de ratios infirmière-patients sûrs pour inverser la tendance.

Carl Verreault, représentant national du syndicat APTS, est d’accord.

On se retrouve dans une région éloignée et en plus, avec tous les employeurs dans les mines, il y a beaucoup d’employeurs de choix avec de bonnes conditions de travail. Il faut s’assurer d’avoir des conditions attractives pour pouvoir attirer les genssouligne-t-il, insistant également sur une plus grande décentralisation des pouvoirs de décision vers la région.

Incitations modulées

L’un des artisans de la Grande séduction en Abitibi-Ouest, qui a amassé 1 million de dollars pour recruter et retenir le personnel de la santé, Sylvain Trudel souhaite aussi que Québec mette en place des incitatifs financiers. Mais ceux-ci doivent être modulés en fonction des besoins, selon lui.

Sylvain Trudel, membre du comité citoyen pour le maintien des soins de proximité en Abitibi-Ouest. (les archives)

Photo : Radio-Canada / Jean-Michel Cotnoir

La moitié des lits de l’hôpital La Sarre sont fermés depuis octobre 2021 faute de personnel.

On ne dit pas que l’Abitibi-Témiscamingue n’a pas besoin d’aide, mais l’Abitibi-Ouest a besoin d’une dose encore plus forte de médicaments. Si on donne la même dose qu’à Rouyn-Noranda, Val-d’Or ou Amos, on n’obtiendra pas les mêmes résultats, car on a un facteur d’éloignement, tout comme le Témiscamingue, qui n’est pas reconnu en ce momentcroit Sylvain Trudel, qui grince des dents lorsqu’il entend des partis promettre des baisses d’impôts alors que le réseau de la santé a besoin d’aide.

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L’initiative La Grande Séduction a été dévoilée en décembre 2021.

Photo: Radio-Canada / Andreï Audet

La préfète de la MRC Abitibi-Ouest, Jaclin Bégin, lance un appel pour des gestionnaires de proximité dans les hôpitaux.

Que nous nous rapprochions des décisions, que nous soyons informés, et surtout, que nous puissions travailler avec euxargumente-t-il en insistant sur l’importance de maintenir les services de proximité dans les zones rurales.

Son homologue de la MRC Abitibi, Sébastien D’Astous, est d’accord. Selon lui, nous avons besoin de services de santé sur tout le territoire si nous voulons l’occuper. Il revient également à la charge dans le dossier de la réfection du bloc opératoire, qui doit se faire selon lui dans la foulée des travaux de rénovation des urgences et des soins intensifs.

L’Hôpital d’Amos effectue plus de la moitié des opérations pour la région. Le jour où il n’y aura pas d’équipements de pointe, d’équipements de qualité, il y a un risque de dévitalisation au profit des grands centres. Nous serons obligés de migrer vers les grands centres pour nous faire opéreril réitère.

Préoccupations partagées par les candidats

La pénurie de main-d’œuvre et son impact sur les services de santé inquiètent également les quatre candidats qui nous ont accordé des entrevues.

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Suzanne Blais, députée sortante et candidate de la Coalition avenir Québec.

Photo : Radio-Canada / Martin Guindon

La députée sortante et candidate de la Coalition avenir Québec, Suzanne Blais, mise sur le plan Dubé en santé, qui prône notamment l’utilisation des nouvelles technologies, une plus grande décentralisation et un virage accru vers le maintien à domicile.

La requalification des personnes, comme on l’a vu avec la formation de plus de 9 000 préposés aux bénéficiaires, et le recours à la main-d’œuvre étrangère sont aussi des pistes de solution qu’elle propose.

Sur la question de l’urgence, des soins intensifs et du bloc opératoire à l’hôpital d’Amos, elle partage les préoccupations de Sébastien D’Astous.

C’est tellement important que j’ai écouté le ministre de la Santé [Christian Dubé] en août. Nous avons eu une visioconférence avec l’hôpital d’Amos, toute l’équipe du ministère. Nous travaillons très fort et je peux vous assurer que c’est une priorité. Le ministre Dubé a pris le temps de voir tous les problèmes que nous avions dans la région en ce qui concerne le bloc opératoireelle dit.

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Alexis Lapierre, candidat de Québec solidaire.

Photo : Radio-Canada / Martin Guindon

Du côté de Québec solidaire, le candidat Alexis Lapierre rappelle que son parti a proposé un plan d’urgence de 30 millions de dollars en santé pour la région. Ces sommes serviront, entre autres, à offrir des primes de disparité, qui seront ajustées pour tenir compte des besoins plus importants à La Sarre, Senneterre, Ville-Marie et Témiscaming.

Nous pensons qu’il permettra également de mettre fin aux heures supplémentaires obligatoires et au recours aux agences de placement. Comme on le sait, cela coûte extrêmement cher aux contribuables. Et tout cet argent va à l’extérieur de la région, parce que les travailleurs fly-in fly-out. C’est problématique. Il y a aussi toute une partie de la gestion des plannings, qui est externalisée pour le moment. Pour nous, cela doit se faire dans les hôpitaux, dans lesdit-il, se prononçant également en faveur du maintien des CLSC en première ligne et du développement des soins à domicile.

Créer un contexte favorable

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Guy Bourgeois, du Parti libéral, se dit ouvert aux primes de disparités régionales, mais il y voit surtout une mesure transitoire.

Photo : Radio-Canada / Martin Guindon

Guy Bourgeois croit qu’il faut mettre à jour les installations pour qu’elles soient attractives, citant le bloc opératoire d’Amos, et créer un contexte favorable avec des logements et des services de garde pour retenir le personnel recruté à l’extérieur.

Qu’est-ce que ça me donne de faire venir quelqu’un au travail pour dépanner ou faire une pause, et ne pas s’en occuper, pour que la personne nous dise au bout de quelques mois qu’elle va ailleurs. Tous ces efforts auront été vains. Il faut pouvoir s’équiper des outils adéquats pour faire cet accompagnement croit-il, s’engageant à accompagner les instances régionales dans la recherche de solutions.

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Le candidat du Parti québécois, Samuel Doré, a fait de l’accès aux services de santé locaux une priorité.

Photo : Radio-Canada / Martin Guindon

Les CLSC doivent redevenir la porte d’entrée du réseau et il propose d’améliorer grandement les soins à domicile. Partisan des primes d’éloignement, il prêche aussi pour une amélioration des conditions de travail des personnels de santé.

Nous avons besoin d’eux. Nous avons besoin d’eux pour être heureux au travail. Nous devons améliorer leurs conditions de travail et ils reviendront. Il y en a qui sont partis, qui ont pris leur retraite, qui se sont réorientés, qui sont allés dans le privé. Tout ça veut dire que oui, on perd des ressources, mais je pense qu’avec un bon coup de pouce et des investissements, ça va prendre une autre tournureil avance.

Souffrant lui-même d’insuffisance rénale, il s’est également engagé personnellement à offrir à Amos un service de dialyse, le seul grand centre de la région qui n’offre pas ce service. Les gens d’Amos, pour recevoir leur traitement trois fois par semaine, doivent se rendre à Val-d’Or, La Sarre ou Rouyn-Noranda. C’est quelque chose dont il faut absolument s’occuper. Chaque semaine qui passe est vraiment une semaine de tropil dit.

Le candidat du Parti conservateur du Québec, François Vigneault, n’a pas répondu à notre demande d’entrevue.

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