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Les pétrolières préfèrent leurs actionnaires au climat, dénonce le Pembina Institute


En juin 2021, six entreprises responsables de 95 % de la production de sables bitumineux de l’Alberta ont annoncé un objectif commun de neutralité carbone d’ici 2050. Elles se sont regroupées au sein d’une nouvelle association, la Alliance des Sentiers. Ils ont également promis de réduire leurs émissions de 22 mégatonnes d’ici 2030.

Un an plus tard, peu d’engagements concrets pour atteindre ces cibles ont été annoncés, déplore Jan Gorski, chercheur à l’Institut Pembina.

 » Nous n’avons pas vu d’annonce détaillée sur les investissements pour la réduction des émissions ni même sur la localisation des futurs sites de captage et de stockage du carbone. »

Une citation de Jan Gorski, chercheur, Institut Pembina

Il est irréaliste de s’attendre à des décisions d’investissement de plusieurs milliards de dollars avant la finalisation de la réglementationrépond par courriel Kendall Dilling, président de la Alliance des Sentiers.

Il ajoute que son groupe reste déterminé à atteindre ses objectifs et qu’un important site d’enfouissement de carbone est prévu à Cold Lake.

Le gouvernement fédéral a annoncé un crédit d’impôt pour les projets de captage et de stockage du carbone (CSC) dans son dernier budget. Cependant, les règlements permettant son entrée en vigueur n’ont pas encore été adoptés par Ottawa.

La critique faite par le Pembina Institute est sévère, croit aussi Richard Masson, qui est membre de la School of Public Policy de l’Université de Calgary.

Si vous dépensez des centaines de millions, voire des milliards de dollars, vous devez vraiment comprendre le système dans lequel vous investissez. Les ingénieurs ont encore beaucoup de travail à faire pour déterminer le véritable coût de ces technologies.

Le co-auteur de l’étude du Pembina Institute, Jan Gorski, souligne en revanche que les entreprises qui n’appartiennent pas au Alliance des Sentiers sont plus avancés dans leurs projets de captage du carbone.

Le projet Polaris, une installation de captage du carbone que Shell envisage de construire au nord-est d’Edmonton, a déjà franchi plusieurs étapes. La société pourrait prendre une décision finale d’investissement à ce sujet en 2023.

La capture du carbone comme solution au changement climatique a souvent été critiquée. Les progrès ont également été plus lents que prévu. Cependant, l’industrie s’appuie sur cette méthode pour atteindre 50 % de son objectif de réduction des émissions.

Jan Gorski, bien qu’il reste optimiste quant à la CSCestime que d’autres initiatives visant à réduire les émissions pourraient être mises en œuvre, notamment celles visant l’efficacité énergétique.

La manne pétrolière pour les actionnaires

L’Institut Pembina soutient également que les profits records actuellement générés par les compagnies pétrolières pourraient permettre des investissements massifs dans la réduction de GES.

La forte hausse des prix du pétrole a permis aux six membres du Alliance des Sentiers pour afficher des bénéfices records. Ils ont augmenté de 349% entre le premier trimestre 2021 et le 2e trimestre 2022.

Cenovus, par exemple, a promis d’investir 1 milliard de dollars sur cinq ans dans des projets de réduction des émissions. Elle a offert le même montant à ses actionnaires en seulement 90 jours par le biais de rachats d’actions.

À l’échelle mondiale, cependant, l’Agence internationale de l’énergie estime que les revenus supplémentaires générés cette année auraient pu être utilisés pour financer la réduction de GES compagnies pétrolières pour les 10 prochaines années.

Shell Oil a déjà un projet de captage et de stockage du carbone en Alberta.

Photo : La Presse canadienne/JASON FRANSON

Il était important pour eux de faire des investissements supplémentaires qui n’étaient pas déjà prévus dans cette première année.fait valoir Richard Masson, qui cite la complexité du processus d’approbation des projets énergétiques.

Il souligne toutefois que les compagnies pétrolières ont remboursé une grande partie de leurs dettes, ce qui leur permettra d’investir plus facilement dans les technologies vertes à l’avenir.

Il convient également de noter que les entreprises n’ont pas non plus investi dans l’augmentation de leur production comme elles l’avaient fait auparavant. Cela signifie que la production pourrait rester stable pour les années à venir.

Dans 10 ans, nous serons dans un environnement très différent », argumente Jan Gorski.  » Si la tendance se maintient, nous pourrions très bien voir la demande de pétrole commencer à baisser. La concurrence va devenir très intense, non seulement pour le prix, mais aussi pour [la quantité de carbone produite par baril de pétrole].

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