A l’exception d’Israël, la dernière idée de Donald Trump sur le Moyen-Orient ne passe pas du tout dans la région. Le Hamas mais aussi le président palestinien Mahmoud Abbas ont critiqué dimanche la proposition de la Maison Blanche de déplacer les habitants de Gaza vers l’Egypte et la Jordanie, alors qu’une trêve fragile entre dans sa deuxième semaine sur le territoire.
Le président américain a comparé le territoire palestinien dévasté samedi à un « chantier de démolition ». « Nous parlons d’environ 1,5 million de personnes, et nous y faisons simplement le ménage », a-t-il expliqué en suggérant un déplacement « temporaire ou à long terme ». « J’aimerais que l’Egypte accueille les gens. Et j’aimerais que la Jordanie accueille les gens », a-t-il ajouté.
Des millions de déplacés
La grande majorité des 2,4 millions d’habitants de la bande de Gaza ont été émus par la guerre dans le territoire assiégé. Pour les Palestiniens, toute tentative de déplacement hors de leur territoire évoque le souvenir de la « Nakba », ou « catastrophe » en arabe, nom donné au mouvement de masse qui a suivi la création d’Israël en 1948.
Les Palestiniens « va échouer » la proposition de Donald Trump « comme ils ont échoué tous les projets de voyage (…) depuis des décennies », a réagi dimanche Bassem Naïm, membre du bureau politique du Hamas. Le Jihad islamique, un autre mouvement armé palestinien, a déclaré que ces propos encourageaient « les crimes de guerre et les crimes contre l’humanité » à Gaza.
L’Egypte et la Jordanie rejettent la proposition
Rival du Hamas qui avait chassé l’autorité palestinienne et pris le pouvoir à Gaza en 2007, Mahmoud Abbas a également condamné « tout projet » visant à déplacer les Gazaouis. Et la Jordanie, qui accueille environ 2,3 millions de réfugiés palestiniens, tout comme l’Egypte, a réaffirmé dimanche tout rejet d’un « déplacement forcé » des Palestiniens. La Ligue arabe a mis en garde contre « les tentatives visant à déraciner les Palestiniens de leur terre », qui « ne sauraient être qualifiées autrement que de nettoyage ethnique ».
Notre dossier sur le conflit israélo-palestinien
Le ministre israélien d’extrême droite Bezalel Smotrich a qualifié la proposition de Donald Trump d' »excellente idée », affirmant que les Palestiniens pourraient « établir une nouvelle et bonne vie ailleurs ».