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Les « dark stores » sont bien des entrepôts, tranche le gouvernement


Les « dark stores », ces locaux où sont stockés des produits du quotidien qui peuvent être commandés sur internet et livrés en quelques minutes à domicile, sont des entrepôts, a jugé mardi le gouvernement, une décision qui peut avoir de lourdes conséquences pour le secteur naissant. « commerce rapide ».

Le gouvernement, après concertation avec les élus locaux, va prendre un décret dans les prochains jours pour mettre fin au « flou » des « dark stores ».

Dans cet arrêté à venir, « les dark stores sont considérés en termes de sous-destination comme les entrepôts, qu’il y ait ou non un point de retrait », a indiqué la ministre déléguée au Commerce Olivia Grégoire à l’issue d’une rencontre avec les élus concernés à Paris.

En devenant des entrepôts, et non plus des commerces, ces lieux peuvent être contraints de fermer si le plan local d’urbanisme (PLU) interdit ce type d’activité à leur adresse.

Concernant une autre activité, les « cuisines noires » qui préparent des repas qui seront ensuite livrés à domicile, « il a été convenu avec les élus de créer une nouvelle catégorie spécifique », a précisé le gouvernement dans un communiqué.

– Des fermetures administratives en vue ? –

Le texte doit être un « outil pour que les collectivités locales et les maires puissent les réglementer, les interdire ou non selon leur volonté », a résumé Olivia Grégoire qui assure que « ce n’est pas la fin des dark stores » pour autant.

Olivier Klein, ministre délégué à la Ville et au Logement, à Ris-Orangis (Essone) le 2 septembre 2022 (POOL/AFP/Archives – Raphael Lafargue)

Le « commerce rapide », dont les acteurs majeurs sont Cajoo, Gorilles, Getir, Flink ou encore Gopuff, a émergé grâce aux confinements et à l’épidémie de Covid-19 depuis 2020 et propose la livraison de produits du quotidien, similaires à ceux en vente dans un supérette du centre-ville, à quelques minutes.

Mais cette activité est critiquée par de nombreux élus du monde entier, qui dénoncent pêle-mêle, l’arrivée des « villes-entrepôts », les nuisances pour les riverains, voire « l’économie de la paresse ».

En mars dernier, la mairie de Paris avait demandé la fermeture de 45 « magasins noirs » qui se seraient « créés illégalement » dans la capitale, les services de l’urbanisme les considérant comme des entrepôts alors qu’ils s’étaient installés dans des immeubles commerciaux.

Mi-août, elle avait dénoncé un projet d’arrêté ministériel qui aurait permis de les considérer comme des lieux de commerce ou de restauration, à condition qu’ils disposent d’un point de collecte pour le public.

Enfin, il s’agit bien d’entrepôts et les entreprises qui n’ont pas procédé aux changements de destination des locaux seront en infraction et devront « très probablement » fermer à l’issue de la procédure légale, selon Olivier Klein, ministre délégué à la Ville et Logement. Des démarches qui peuvent cependant prendre un certain temps.

Les mauvais élèves « n’ont plus d’échappatoire aujourd’hui », s’est réjoui le député à l’urbanisme à la mairie de Paris, Emmanuel Grégoire, lui aussi très critique de leur modèle social.

– Activité en cours –

En France, l’activité « commerce rapide » est en hausse, explique à l’AFP Emily Mayer, experte en produits de grande consommation à l’IRI, avec un chiffre d’affaires global de 224 millions d’euros sur la période août 2021-juillet 2022, contre 146 millions d’euros de revenus pour l’année civile 2021.

A noter toutefois que sur ces 224 millions d’euros de chiffre d’affaires, 125 sont, selon le spécialiste, réalisés par Frichti, qui livre aussi des repas, mais qui a été racheté par Gorillas en mars dernier. Le turc Getir a de son côté publié un chiffre d’affaires de 2,4 millions d’euros pour l’année 2021, pour des pertes de 22,5 millions d’euros, comme l’a révélé début août le média spécialisé LSA.

Malgré ces chiffres peu spectaculaires – l’ensemble du secteur vendant en France l’équivalent d’un seul grand hypermarché, estime un autre média spécialisé, Linéaires -, et malgré une nouvelle difficulté à lever des fonds auprès d’investisseurs qui privilégient désormais des activités rentables à plus court terme, les spécialistes sont plutôt optimistes quant à l’existence d’une demande.

Dans un communiqué mardi soir à l’AFP, Gorillas préfère attendre de connaître « le contenu des décrets » et entend « poursuivre les discussions avec le ministère », « avant de prendre toute décision sur une éventuelle évolution de son modèle ».


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