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Leçons de Flushing Meadows


Couvrir leurs performances était notre mission principale. Et qui dit retour au pays, après avoir traversé les Adirondacks en van et déclaré aux douaniers que nous nous étions beaucoup amusés, dit aussi bilan.

Avant le début du tournoi, le légendaire Toni Nadal nous a confié dans une interview que ce qui différencie les jeunes loups du circuit des légendes comme son neveu Rafael, c’est leur incapacité à gagner les mauvais jours.

En l’espace de 24 heures, mercredi et jeudi, l’analyse prémonitoire de l’oncle Toni s’est malheureusement réalisée avec son nouveau protégé, Félix Auger-Aliassime, et son neveu.

Mercredi soir, le Québécois a été éliminé en trois sets par le jeune Britannique Jack Draper, un bon joueur, mais loin d’être intouchable. Sans avoir été mauvais, Auger-Aliassime avait toutes les cartes en main pour s’imposer.

Le lendemain, Nadal a connu un début de match catastrophique face à Fabio Fognini. Lors de la rencontre, il s’est même coupé le nez avec sa raquette. Malgré tout, l’Espagnol a réussi à contrôler la situation et s’est imposé en quatre manches. La différence ne pourrait pas être plus claire.

C’est en partie ce qui explique la régularité de Nadal, champion à Melbourne, à Roland-Garros et demi-finaliste à Wimbledon jusqu’à ce qu’une blessure le contraint à l’abandon à la veille du match.

Le tennis est impitoyable. Il n’y a personne pour vous sauver sur le terrain ou pour vous aider lorsque les choses ne vont pas dans votre sens. Même à l’entraînement avant le tournoi, le Québécois semblait avoir du mal à trouver ses marques.

Il a reconnu quelques regrets après sa défaite. Le métier s’apprend. Tu dois être patient.

Félix Auger-Aliassime signe des autographes devant la caméra de Jean-François Vachon.

Photo : Radio-Canada / Antoine Deshaies

Cette défaite hâtive d’Auger-Aliassime, 8e mondial, le sortira du top 10. Il sera au mieux 13e au prochain classement. Il avait beaucoup de points à défendre après sa demi-finale l’an dernier.

Sa sortie rapide lui ouvrira peut-être les portes de la Coupe Davis, du 13 au 18 septembre en Espagne, avec son ami d’enfance Alexis Galarneau et le protégé de son père, Gabriel Diallo, vainqueur à Granby.

Auger-Aliassime n’était pas sur la liste annoncée par Tennis Canada, mais a déclaré qu’il était ouvert à participer après sa défaite contre Draper. Perdre au second tour n’était pas dans ses plans, mais la situation facilite son emploi du temps.

Le Québécois est également impliqué dans la Laver Cup, à Londres, fin septembre.

Denis Shapovalov a trouvé des solutions dans les deux premiers tours, même si son impatience sur le terrain est encore plus flagrante en personne qu’à la télévision. Le gaucher est une boule d’émotion dans un match, capable du meilleur comme du pire, notamment dans ses communications avec son équipe.

Son corner est évidemment coriace à subir ses foudres, erreur après erreur.

Leçons de Flushing Meadows

Denis Shapovalov lors d’un match à l’US Open

Photo : Radio-Canada / Antoine Deshaies

Au moins quand la pression baisse, Shapovalov dit qu’il s’amuse avec son équipe. Il avoue avoir ri avec son entraîneur Mikhail Youhzny, de retour dans le clan, après sa victoire au deuxième tour au cours de laquelle Shapovalov s’est envoyé deux solides coups de raquette en plein milieu d’une tomate.

Lorsqu’il jouait, en 2018, Mikhail Youzhny s’était également frappé le visage en plein match (Nouvelle fenetre)avec un résultat plus sanglant.

Reste qu’après un été d’enfer, marqué par une seule victoire entre les mois de mai et d’août, le Torontois a conclu son tournoi par un grand match face à son ami Andrey Rublev. Ce duel en cinq rounds était un régal.

Dans le tableau féminin, Rebecca Marino a réussi une très belle opération avec sa première apparition au troisième tour d’un tournoi du grand chelem en 11 ans !

Dans les circonstances, c’est un excellent résultat. Elle rate des matchs plus fréquents contre les 50 meilleurs joueurs, ce qu’elle obtiendra si elle continue à grimper dans le classement. Elle espère terminer la saison dans le top 100.

Leylah Annie Fernandez, pour sa part, n’a pas répondu à l’éclat de Liudmila Samsonova au deuxième tour. Le grand Russe jouait avec confiance et le jeune Québécois n’a pas eu ce qu’il fallait pour réagir ce soir-là.

Après un été marqué par une fracture de stress, les attentes étaient mitigées pour Fernandez, malgré son parcours jusqu’en finale en 2021. Elle aura tout de même fait un tour de plus que la championne sortante Emma Raducanu, qui s’est éclipsée dès son premier match.

Sportivement parlant, Fernandez a certainement le mérite d’avoir mieux géré les 12 mois qui ont suivi ce parcours exceptionnel. Pourtant, son tournoi n’est pas terminé puisqu’elle s’est qualifiée pour les quarts de finale du double mixte avec l’Américain Jack Sock, un puissant puncheur.

Bianca Andreescu, elle, a mordu la poussière devant Caroline Garcia, une joueuse au lancement irrésistible. Sa défaite au troisième tour, seulement sa deuxième en trois apparitions à New York, ne fera pas grande impression car elle est survenue en même temps que le dernier revers de Serena Williams.

Les adieux émouvants de Serena Williams

Ce sont évidemment les adieux de la grande Serena qui ont marqué la première semaine de l’Open des États-Unis.

Il fallait voir les rangées de caméras autour du stade le jour de ses matchs. Les grandes chaînes de télévision étaient présentes dès l’aube sur le site.

L’ambiance dans le stade vendredi soir était extraordinaire pour un match qu’on n’oubliera pas. De l’euphorie à l’émerveillement, de la peur à la déception, les spectateurs et admirateurs de Serena Williams n’ont pas vécu de pire tour émotionnel.

Leçons de Flushing Meadows

Les fans de tennis à l’extérieur du stade Arthur-Ashe à New York

Photo : Radio-Canada / Antoine Deshaies

Parce qu’il est presque impossible de quitter le tennis avec une victoire, Williams a réalisé une excellente et courageuse performance à des années-lumière du niveau qu’elle avait montré à Wimbledon, Toronto et Cincinnati cet été.

Elle quitte un sport qu’elle a contribué à changer, par ses qualités et ses défauts. Son parcours est remarquable. Presque tous les joueurs interrogés au cours de la semaine ont témoigné de l’impact que Serena a eu sur eux.

Dans tout cela, il ne faut pas non plus oublier de souligner le courage et le sang-froid d’Ajla Tomljanovic, qui a réussi à résister à sa rivale et aux 24 000 personnes qui ont soutenu Williams, parfois même au-delà de la norme et des pratiques habituelles des amateurs de tennis.

Pour le départ d’un joueur extraordinaire, cela allait de soi.

Un nouveau n°1 mondial pour les hommes

La saison de tennis 2022 aura marqué la fin du monopole de Novak Djokovic sur le 1er rang mondial qu’il détenait, quasiment sans partage, depuis quatre ans.

Son statut vaccinal lui aura fait perdre la possibilité de gagner de précieux points en Australie, au Canada et aux États-Unis. Sa victoire à Wimbledon lui a rapporté de l’argent et du prestige, mais encore une fois, aucun point au classement.

Ses absences auront ouvert les tables des tournois récents, mais sa présence aurait certainement comblé le public. Il aurait tenté, à New York, de rattraper Rafael Nadal, avec un 22e titre du Grand Chelem.

En son absence à Flushing Meadows, et après la défaite de Daniil Medvedev dimanche face à Nick Kyrgios, un nouveau roi sera couronné lundi. L’Australien, par son jeu et sa désinvolture, a la personnalité pour satisfaire le public new-yorkais.

Nadal, Casper Ruud et Carlos Alcaraz sont les trois régents mathématiquement en lice pour la 1ère place mondiale. Ce serait la cerise sur le gâteau pour Nadal s’il remportait un 23e titre du Grand Chelem.

Pour Ruud et Alcaraz, ce serait leur première présence au sommet de la hiérarchie. Si l’ascension d’Alcaraz, âgée de seulement 19 ans, était prévisible, elle reste extrêmement rapide.

Mais Ruud 1er mondial, peu auraient osé le prédire il y a encore quelques mois. Il doit d’abord maîtriser Matteo Berrettini, un joueur à qui on avait dit à l’avance de surveiller.

Dans les coulisses d’Arthur-Ashe

On ne voulait pas en parler, car il n’y a rien de moins intéressant dans la vie qu’un journaliste qui parle de ses conditions de travail. Cependant, après sa défaite, Daniil Medvedev a mentionné qu’il se sentait un peu malade.

Il a blâmé la climatisation, qui le rend constamment malade au moins une fois par an lors de la tournée nord-américaine. Sur ce, ayant aussi quelques picotements dans la gorge ce matin, on le comprend parfaitement.

Il fait terriblement chaud sur le site de Flushing Meadows, mais sous les gradins du court Arthur-Ashe, où se trouvent les quartiers des joueurs et le centre de presse, ou dans les moyens de transport, il fait glacial, comme disent les Français.

L’alternance entre très chaud et froid n’est pas idéale pour les organismes parfois en manque de sommeil.

L’ambiance sur le site était extraordinaire. Le tournoi a battu plusieurs records de fréquentation quotidiens, en partie parce que Serena Williams a joué quatre jours, dont son double du jeudi avec sa sœur Venus.

En raison de la popularité du tournoi, l’accès au site en autobus était particulièrement long et ardu certains matins. Vendredi, par exemple, votre scribe préféré a préféré descendre du bus pour parcourir à pied le dernier kilomètre qui le séparait du complexe.

Leçons de Flushing Meadows

Les partisans de Rebecca Marino

Photo : Radio-Canada / Antoine Deshaies

Notre ami caméraman, surnommé le machiniste, pris avec son matériel, a cependant dû attendre une bonne heure de plus avant que le véhicule n’arrive à destination.

Les partisans canadiens étaient nombreux et bruyants dans les gradins. Plusieurs, à notre grande surprise dans le contexte actuel, ont même porté les couleurs de Hockey Canada. D’autres arboraient des chapeaux rouges avec une feuille d’érable.

Un trio d’Abitibis a même laissé tomber le maillot pour encourager Rebecca Marino au troisième tour, avec les six lettres du patronyme MA-RI-NO séparées et inscrites sur trois torses.

Dans le bon ordre aussi. Nous les félicitons.

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