Jannah Theme License is not validated, Go to the theme options page to validate the license, You need a single license for each domain name.
actualité économiqueNouvelles locales

Le sexisme est systémique au sein de la FFF

Lucile Dumont est sociologue et membre des Dégommeuses, une équipe de football et une association militante créée en 2012, composée de lesbiennes et de personnes trans, dont l’objectif est de promouvoir le football féminin et de lutter contre les discriminations sexistes, homophobes et transphobes. dans le sport et par le sport. Présent devant le siège de la FFF lors d’une action menée par l’association, mercredi 11 janvier, jour du comité exécutif extraordinaire qui a vu le retrait de Noël Le Graët, le doctorant revient sur le sens de cette opération et la crise profonde que traverse la Fédération.

Quel message vouliez-vous faire passer à travers cette action ?

L’idée principale était de mettre en lumière à la fois le comportement sexiste inacceptable de Noël Le Graët, notamment suite au discours de l’agent Sonia Souid, qui a relaté le harcèlement sexuel dont elle a été victime de la part de cette dernière. Mais dire aussi qu’une refonte de l’institution de la Fédération française de football est nécessaire. Le comportement de Noël Le Graët n’est pas isolé, le sexisme est systémique au sein de la FFF.

Ce retrait vous satisfait-il ?

Une démission aurait été préférable, mais si c’est pour mettre un remplaçant identique à Noël Le Graët, ce n’est pas la solution. Nous saluons son départ, mais nous ne pouvons pas nous contenter d’une tête coupée. Il faut un débat sur la structure même de la Fédération dans son ensemble. Le Graët est la clé de voûte de toute une institution qui couvre un système raciste, sexiste et homophobe et qui a longtemps été protégée par une forme d’omerta au sein de la FFF et dans le football en général.

Qu’attendez-vous de Philippe Diallo, président par intérim, ou futur patron de la FFF ?

Un changement radical de politique est nécessaire pour construire un football plus inclusif à tous les niveaux, car la FFF est la fédération la plus grande et la moins progressiste du pays. Une réflexion doit être engagée sur le fonctionnement de l’institution, la manière dont elle a couvert ces comportements pendant de nombreuses années et mis sous le tapis la discrimination dans le football. L’audit en cours du ministère des Sports devrait faire la lumière sur ces questions. Noël Le Graët s’est néanmoins distingué pour avoir affirmé que le racisme n’existait pas dans le football, pas plus que l’homophobie, ou qu’il n’y avait pas non plus d’ambiance sexiste à la FFF. …

Concrètement, que proposez-vous au football français pour redorer son blason ?

Il y a une série de mesures concrètes à prendre. Tout d’abord, la question de la participation des personnes trans aux compétitions sportives, puisque la FFF la refuse toujours, contrairement à la Fédération française de rugby, qui a voté l’intégration des sportifs transgenres en mai 2021. C’est la première grande fédération française à se déplacer dans ce direction, même si elle est en contradiction avec World Rugby. Ensuite, les Hijabeuses, aux côtés desquelles les Dégommeuses se sont mobilisées l’an dernier, demandent la possibilité de jouer en compétition tout en portant le voile. La Fifa l’autorise à l’international comme le basket ou la boxe, mais pas la FFF. La Fédération pourrait bouger et construire un autre football, plus inclusif. Enfin, il y a la question de l’homophobie. Le football français se distingue par la quasi-absence de joueurs sortant en exercice. Les quelques joueurs homosexuels qui l’ont fait ont attendu la fin de leur carrière. Dans le football féminin, il n’y a qu’une seule joueuse active à l’avoir fait, c’est la gardienne de l’équipe de France Pauline Peyraud-Magnin. Nous aimerions qu’il y ait une plus grande sensibilisation à l’homophobie dans le football pour permettre aux gens de s’exprimer, pour que le football soit un environnement plus confortable pour les gays et les lesbiennes.

Qu’avez-vous pensé du comportement de la FFF lors de la Coupe du monde par rapport au brassard One Love ?

Le football français est très en retard sur la question de l’homophobie. Lors de la Coupe du monde, Noël Le Graët s’est vanté d’avoir demandé à l’équipe de France de ne pas porter le brassard arc-en-ciel One Love tandis que l’équipe d’Allemagne, empêchée par la Fifa de le porter, a effectué un geste symbolique la main sur la bouche. On n’est pas dupe du brassard, on sait que ce ne sera pas une solution au problème de l’homophobie même si, symboliquement, c’était important. Puis il y a eu le double langage hypocrite de la FFF qui demandait, via une lettre, aux clubs amateurs de porter le brassard tout en disant aux joueurs de l’équipe de France de ne pas le mettre… Une manière de demander aux amateurs d’avoir bonne conscience que le football professionnel n’a pas.

Pourquoi l’équipe des Dégommeuses évolue-t-elle dans un championnat Critérium loisir de la Fédération Française du Sport d’Entreprise (FFSE) et non dans un championnat FFF ?

Tant pour des désaccords de fond sur des questions discriminatoires concernant les personnes trans ou celles qui portent le foulard que pour des questions de moyens matériels. Jouer en FFF coûte plus cher que dans d’autres fédérations, cela nécessite la disponibilité de terrains et d’encadrement auxquels les petites équipes féminines, qui sont souvent des associations et non des clubs, ont du mal à accéder. C’est aussi difficile d’obtenir des créneaux d’entraînement quand on est une équipe de foot féminine indépendante, on n’en a pas assez. En région parisienne, de nombreuses équipes féminines évoluent donc dans des centres de foot à cinq (foot à cinq), ce qui coûte cher, des city stades ou dans des parcs publics… Cela va à l’encontre du message délivré par la FFF sur le moyens investis dans le développement du football féminin.

Avez-vous déjà rencontré la FFF ?

Deux fois, mais cela n’a donné lieu à aucune collaboration. Nous leur avions demandé en 2014 de présenter le travail de l’association et de porter à leur attention les enjeux de la lutte contre le sexisme et la LGBTIphobie dans le football, il n’y avait que des hommes à ce premier rendez-vous. La deuxième fois, en 2019, nous étions invités par Brigitte Henriques, ancienne vice-présidente de la FFF. Elle était réceptive mais rien n’en est sorti. Ce qui ressort de ces deux rencontres, c’est l’ignorance totale de la FFF sur les questions de lutte contre les discriminations et l’espèce de déni généralisé de l’homophobie et de la transphobie dans le football.


Grb2

Toutes les actualités du site n'expriment pas le point de vue du site, mais nous transmettons cette actualité automatiquement et la traduisons grâce à une technologie programmatique sur le site et non à partir d'un éditeur humain.
Photo de Cammile Bussière

Cammile Bussière

One of the most important things for me as a press writer is the technical news that changes our world day by day, so I write in this area of technology across many sites and I am.
Bouton retour en haut de la page