Le Conseil de la nation, équivalent au Sénat en Algérie, a annoncé ce mercredi la « suspension de ses relations » avec le Sénat français, pour protester contre la visite lundi et mardi de son président Gérard Larcher dans l’ouest du Sahara, un territoire où l’Algérie soutient les séparatistes du Polisario contre le Maroc.
Dénonçant une « visite irresponsable, provocante et ostentatoire, le Bureau du Conseil de la nation, sous la présidence de Salah Goudjil, annonce la suspension immédiate de ses relations avec le Sénat de la République française, dont le Conseil parlementaire.
Une « ascension de l’extrême droite française »
« Dans une dérive de gravité extrême, reflétant la montée de l’extrême droite française et sa domination sur la scène politique, le président du Sénat français a fait une visite à la ville de Laâyoune occupé », a dénoncé le Sénat algérien, évoquant un « acte inacceptable qui méprisait la légitimité internationale et s’opposait aux résolutions du Conseil de sécurité nations unies ».
Il a été surpris en adoptant une telle décision de la part de la France, membre permanent du Conseil de sécurité des Nations Unies, « censé défendre le droit des peuples colonisés à l’auto-détermination plutôt que d’essayer de les annuler et de les nier ».
Un conflit de 50 ans entre le Maroc et l’Algérie
Les relations entre Alger et Paris ont continué de se détériorer depuis un changement de cours par rapport au président Emmanuel Macron fin juillet lorsqu’il a publié son soutien à un plan d’autonomie « sous la souveraineté marocaine » pour le territoire contesté du Sahara occidental. Alger a immédiatement retiré son ambassadeur à Paris et a menacé d’autres représailles.
Le Sahara occidental, un vaste territoire du désert avec des eaux de poisson et riche en phosphates, est une ancienne colonie espagnole, à 80% de facto de facto par le Maroc mais considérée comme un territoire non autonome par les Nations Unies. Un conflit armé s’oppose au Maroc pendant 50 ans aux séparatistes du Polisario, soutenus par Alger.
Un cessez-le-feu y avait été conclu en 1991 et une mission des Nations Unies (Minuro) a dû organiser un référendum d’autodétermination qui ne s’est jamais concrétisé. Le cessez-le-feu a brisé la mi-novembre 2020 après le déploiement de troupes marocaines à l’extrême au sud du territoire pour déloger les séparatistes qui ont bloqué la seule route vers la Mauritanie, selon eux illégaux parce qu’ils sont non existants en 1991.