Le procureur de Pau, Rodolphe JarryReçoit des victimes de violence jeudi dans la caméra de Notre-Dame-de-Bétharram, près d’une semaine après l’acte d’accusation d’une ex-monnaie de cet établissement catholique dans les Pyrénées-Atlantiques.
« Un corpus de 40 nouvelles plaintes, dont 18 sur les faits de nature sexuelle », sera remis à l’accusation avant la réunion prévue à 9h30, a déclaré le porte-parole du collectif des victimes, Alain Esquerre, établissant le nombre de dénonciations à 152.
Trois nouveaux prêtres ciblés
Parmi ces nouvelles victimes, « beaucoup vivent à l’étranger », a déclaré Alain Esquerre, citant l’Irlande, le Mexique, l’Australie ou la Suisse. Trois nouveaux prêtres sont ciblés. Un ancien superviseur placé en garde à vue la semaine dernière mais libéré en raison de prescription, est de nouveau cité, selon le porte-parole du collectif. Cet homme né en 1955, surnommé « Horse » par les étudiants en référence à son anneau de signalisation qu’il a utilisé pour les frapper « , est parti en 1990 de Betharram ». « Ce sont encore des faits prescrits, mais nous continuerons de les marteler, peut-être que cela changera le législateur », a ajouté Alain Esquerre.
La semaine dernière, un prêtre né en 1931 avait également été placé en garde à vue puis libéré pour prescription des faits. Seul un ancien superviseur, né en 1965, a été inculpé de viol et d’agression sexuelle et placé en détention préalable. Les huit autres hommes ont jusqu’à présent contesté pour violences sexuelles à Betharram sont déjà décédées, a annoncé vendredi dernier le procureur.
« La conscience se déroule »
Après l’ouverture d’une information judiciaire, Alain Esquerre a été félicité « pour être entendue par la justice » et avait exhorté d’anciens étudiants qui ont pu subir des violences dans ce dossier « tentaculaire ». Près d’une semaine plus tard, « cela arrive partout. La conscience a lieu. C’est cataclysmique, vertigineux », dit-il.
Des collectifs d’anciens étudiants disent avoir subi des violences physiques et sexuelles dans d’autres établissements privés situés dans les Landes, les Pyrénées-Atlantiques ou les Hautes-Pyrénées s’épanouissent sur les réseaux sociaux ces derniers jours. Jeudi, Alain Esquerre a l’intention de mettre l’accent sur le procureur de PAU, Rodolphe Jarry, sur « l’importance d’inclure l’institution de Betharram dans l’enquête judiciaire, pour remettre en question les responsabilités de l’établissement », longtemps réservé aux garçons, avec son école d’embarquement connue pour ses méthodes autoritaires.