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Le pourboire, un petit plus toujours aussi indispensable


Nous pouvons devenir réticents à donner un pourboire maintenant que nous ressentons plus de pression pour le faire en payant tout et n’importe quoi avec une carte. Mais ceux dont le salaire en dépend en ont tout autant besoin.

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«J’ai l’impression que ça donne une motivation supplémentaire pour faire la petite attention supplémentaire, pour passer la minute supplémentaire avec le client», explique Nicolas Bergeron, serveur et gérant du Bistro Tendresse, à Montréal, à propos du pourboire.

Dans ce restaurant où tout est végétalien, les cuisiniers reçoivent 17,5 % de tous les pourboires. Une manière de les motiver aussi.

« Pour nous c’est important, on travaille très étroitement avec les cuisiniers, on est capables de faire notre travail grâce à eux », dit-il.

En plus de 12 ans dans l’industrie, Nicolas Bergeron observe que les cuisiniers reçoivent 4 % à 8 % de pourboires, quand ils n’en reçoivent pas du tout.

Un système qui fonctionne bien

À la fin de la semaine, les cuisiniers du Tendresse peuvent s’attendre à gagner 3 $ à 4 $ de l’heure de plus. Les serveurs gagnent 11,40 $ de l’heure avant de calculer le pourboire.

« Il y aurait moyen de s’en passer, mais le prix des plaques augmenterait drastiquement. Le système fonctionne bien comme ça, c’est bon pour nous et pour le client », estime-t-il.

Car être serveur, « ça reste un métier qui se valorise à la hauteur des pourboires que l’on reçoit ».

Le Bistro Tendresse est ouvert midi et soir, en formule classique. Ce qui n’est pas le cas de tout le monde.

Important partout

La restauratrice Isabelle Picard n’est ouverte que le déjeunerce qui le pousse à mieux payer ses serveurs, car ils travaillent moins.

« Pour avoir des employés qui travaillent 3 à 4 heures par jour, je ne peux pas les payer 11,40 $ de l’heure. C’est important pour moi de leur donner un salaire de base plus conséquent », explique le propriétaire du Café Eugène à Montréal.


Le pourboire, un petit plus toujours aussi indispensable

Photo Julien McEvoy

Gisèle Huard (à gauche) est très prudente quand vient le temps de donner un pourboire avec sa carte.

Ils sont payés « au moins » 15 $ de l’heure, voire plus, auxquels s’ajoutent les pourboires.

« Bien sûr que pour eux, c’est essentiel, ça améliore leur salaire », estime-t-elle.

Quant aux nouvelles bornes de paiement qui incitent fortement à laisser 18 % ou 20 % de pourboire, il faut être prudent, précise le restaurateur.

« Il y a l’option ‘autre’, j’explique. Ils peuvent laisser ce qu’ils veulent. Avec cette option, ils peuvent mettre eux-mêmes un pourcentage ou un montant », explique-t-elle.

Payer les dépenses quotidiennes

Il n’y a pas que dans les restaurants et les bars où il est de tradition de laisser un pourboire. C’est aussi le cas du coiffeur, par exemple, même si ce n’est pas aussi codifié.

«Les gens le laissent encore souvent en catimini, dans le tiroir ou en personne», s’amuse Debbie de Kochendoerffer, propriétaire du salon Debbie Coiffure à Montréal.

Sur les sept coiffeuses et coiffeurs de son salon, elle estime que le client moyen laisse 15% à 20%.

« Un bon barbier peut gagner entre 200 et 400 $ par semaine, mais cela dépend toujours du prix de la coupe », dit-elle.

Chez Debbie Coiffure, une coupe de cheveux pour femme coûte environ 100 $ et moitié moins cher pour un homme.

La propriétaire explique que la plupart de ses employés parviennent à payer leurs dépenses quotidiennes avec des pourboires.

« Vin, nourriture, déjeuners, cigarettes et ce genre de dépenses », dit-elle.

Mais que ce soit chez le coiffeur, au restaurant ou ailleurs, il faut toujours rester vigilant lorsqu’on donne un pourboire, rappelle Gisèle Huard, une sympathique retraitée de Montréal.

« J’ai toujours l’impression qu’ils veulent que nous donnions plus. Je n’aime pas ça », a-t-elle déclaré.



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