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Le PDG en colère contre les 98 millions de dollars de Polycor


Un fabricant québécois de produits de granit a du mal à expliquer pourquoi Québec vient d’investir près de 100 millions de dollars dans Polycor et demande au premier ministre de reconsidérer sa décision.

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« Le gouvernement n’a rien à faire là-dedans. Pourquoi est-il là ? C’est la question à se poser. Je ne sais pas », déplore Alain Robitaille, PDG de l’entreprise familiale centenaire Granicor, à Saint-Augustin-de-Desmaures.

La semaine dernière, le ministre de l’Économie, Pierre Fitzgibbon, a annoncé une prise de participation de 98 millions de dollars dans Polycor pour « maintenir les emplois et le siège social de l’entreprise au Québec ».

Lorsque le PDG de Granicor, Alain Robitaille, a appris la nouvelle, il est tombé de sa chaise et a envoyé une lettre au premier ministre François Legault et à son ministre de l’Économie leur demandant de reculer.

« Affaiblir l’industrie »

Dans sa missive dont Le journal reçu un exemplaire, l’entrepreneur parle de son « grand étonnement », de son « agacement » et se dit « choqué » par l’annonce.

Selon lui, l’investissement risque même « d’affaiblir l’industrie de la pierre au Québec en la soumettant au monopole Polycor ».

« Il n’y a aucune raison économique ou logique de faire cela. Ce n’est pas une subvention. C’est un investissement en capital social», dénonce-t-il.

Lorsqu’on lui rappelle que le but de l’investissement est d’assurer la protection des sièges sociaux au Québec, Alain Robitaille ne bouge pas.

« Ça ne tient pas la route. Pourquoi protéger ce siège-là plutôt qu’un autre ? Ce n’est pas un si grand siège social », dit-il.

« Si le siège social était ailleurs, cela ne changerait pas grand-chose. Leurs usines et carrières seraient toujours là. Cela ne ferait pas une grande différence pour le Québec », plaide-t-il.

Racines québécoises

Plus de 1 300 personnes travaillent chez Polycor, dont 400 au Québec.

Depuis 1987, l’entreprise Polycor fondée au Québec extrait du granit, du marbre et du calcaire dans une cinquantaine de carrières en Europe, en Amérique du Nord et au Québec, où elle en compte une vingtaine.

Avec la participation du Québec et celle de la direction de Polycor, l’entreprise sera désormais détenue à environ 20 % par des intérêts québécois.

Auparavant, Polycor appartenait à la société canadienne TorQuest et aux fonds d’investissement américains Wynnchurch Capital et PNC Mezzanine.

Aujourd’hui, le fonds torontois Birch Hill Equity Partners Management en fait l’acquisition pour accélérer son automatisation et son expansion.

 » Fausse route « 

Pour le grand patron de Granicor en revanche, la pilule ne passe pas. Il est convaincu que le Québec fait fausse route en misant ses œufs dans Polycor.

« S’ils deviennent trop gros, ce seront juste leurs pierres qui seront précisées dans les devis », craint l’homme du même secteur d’activité.

Selon la PME fondée par son grand-père il y a cent ans, Québec aurait mieux fait de soutenir toute l’industrie avec ces 100 millions de dollars.

Rejoint par Le journalPolycor a répondu qu' »aucun commentaire ne sera fait à ce sujet et aucune interview ne sera accordée non plus ».

Les cabinets du premier ministre François Legault et du ministre de l’Économie Pierre Fitzgibbon n’ont fait aucun commentaire.

Granicor

  • Fondation : 1922
  • Siège social : Saint-Augustin-de-Desmaures
  • PDG: Alain Robitaille
  • Actionnaires: Alain Robitaille, Yves Baillargeon, Raphaël Baillargeon et Paul Junior Robitaille
  • Employés : 50
  • Des produits: coupes sur mesure, blocs bruts, dalles, service de sciage
  • Réalisations: China Life Tower, North York City Center, CBS Building, Hotel 21 East, Musée des beaux-arts du Canada, hommage à la ville de Québec



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