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Le Parlement bulgare soutient la levée du veto sur l’adhésion de la Macédoine du Nord à l’UE


Le Parlement bulgare a voté vendredi en faveur de la levée du veto à l’ouverture des négociations d’adhésion de la Macédoine du Nord à l’Union européenne, un sujet suivi de près au sommet des Vingt-Sept à Bruxelles.

Le Parlement bulgare a décidé vendredi 24 juin de lever le vote sur l’ouverture des négociations d’adhésion de la Macédoine du Nord à l’Union européenne, ouvrant la voie à un déblocage de la situation.

« La décision a été adoptée avec 170 voix pour, 37 voix contre et 21 abstentions », a annoncé Atanas Atanasov, vice-président du Parlement, après le vote. Elle doit désormais être entérinée par le gouvernement sortant du pro-européen Kiril Petkov, qui s’est dit prêt jeudi à agir « rapidement ».

Un différend diplomatique

La Macédoine du Nord est bloquée depuis 2005 dans l’antichambre de l’UE. La Grèce avait d’abord opposé son veto jusqu’en 2018, avant que Sofia ne bloque le dossier en 2020 au milieu de différends historiques et culturels de longue date. La Bulgarie avait pourtant été, en 1992, le premier pays à reconnaître l’indépendance de son voisin, lors de l’éclatement de l’ex-Yougoslavie communiste, mais les relations se sont ensuite tendues.

En raison de ce différend, les négociations avec l’Albanie sont également au point mort, les deux candidatures étant liées par l’UE. C’est le renversement de deux partis d’opposition bulgares, dont celui de l’ancien Premier ministre Boïko Borissov, qui a permis ce vote au Parlement, dans un contexte de médiation par la France, qui assure actuellement la présidence tournante de l’UE.

Selon le compromis sur la table, Skopje doit notamment s’engager à modifier sa Constitution pour inclure les Bulgares dans les ethnies reconnues et à « mettre en œuvre » un traité d’amitié de 2017 visant à éradiquer les discours de haine.

« Il est dans notre intérêt d’offrir une perspective d’adhésion à l’UE aux Balkans occidentaux »

Lors des débats précédant le vote, Hristo Ivanov, président du parti Bulgarie démocrate à l’initiative de la motion parlementaire, avait appelé les partis à « ne pas laisser passer cette chance » de trancher la question avant la fin de la présidence française le 30 juin. . . « En fin de compte, il est dans notre intérêt d’offrir aux Balkans occidentaux la perspective d’une adhésion à l’UE », a-t-il souligné.

Plusieurs dirigeants de ces pays avaient exprimé jeudi leur « mécontentement » et dénoncé le manque de « crédibilité » de l’UE à l’issue d’un sommet à Bruxelles avec les Vingt-Sept.

La guerre en Ukraine a remis sur la table la question de l’élargissement de l’UE aux Balkans, avec une importance géostratégique accrue, et la pression occidentale pour que Sofia lève son opposition s’est accrue.

Malgré l’opposition d’une grande partie de l’opinion publique et de plusieurs partis, le Premier ministre Kiril Petkov s’est engagé ces derniers mois dans une stratégie de rapprochement. Pour autant, les contestations restent nombreuses et les députés ont prévenu vendredi que de nouveaux blocages ne pouvaient être exclus si les discussions venaient à achopper.

Selon le texte approuvé vendredi, « rien dans le processus d’adhésion à l’UE ne peut être interprété comme une reconnaissance par la Bulgarie de la langue macédonienne », que Sofia considère comme un dialecte bulgare.

Skopje reste également à convaincre : le Premier ministre, Dimitar Kovacevski, avait jugé jeudi que cette proposition de compromis « sous sa forme actuelle » était « inacceptable ».

Avec l’AFP


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