Une caméra posée au tribunal de Marseille dissèque un système, le trafic de drogue, qui dévore le plus faible

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Les documentaristes Alice Otiot et Jean-Robert Viallet signent un film éclairant sur les conséquences du trafic de drogue à Marseille et les dommages qu’elle cause parmi les populations les plus précaires et les plus fragiles.
Après avoir tourné la prison de Baumettes, Alice Otiot et Jean-Robert Viallet retournent à Marseille, et cette fois glissent leur appareil photo dans une salle d’audience et dans les coulisses du tribunal de Marseille. Stupeurqui raconte également cette « petite entreprise » hors champ, à savoir le trafic de drogue à la ville de Marseille, est libérée dans les salles le mercredi 1er octobre.
Dans l’antifer de la salle d’audience, une jeune femme fait le tour en rond, se frotte le visage, les tortiles de ses mains. Nous lisons dans ses yeux, le même qui apparaît sur le visage d’un autre défendeur. Ils attendent l’audience qui décidera, en apparence immédiate, à leur sort.
Ils ont en commun avoir participé, directement ou indirectement, dans le trafic de drogue. Et aussi en partageant une forte propension au déni, l’art de minimiser leurs actes devant le tribunal, qui reflète la peur d’aller, de rester ou de retourner en prison, une dose de cynisme ou de caoutchouc, ou peut-être un mélange de tout cela.
Après leur premier long métrage, Hommes (2020), la paire de réalisateurs remonte au temps judiciaire et filme les audiences en apparence immédiate de ceux qui rejoindront (ou non) un établissement pénitencier pour purger leur peine.
Grâce aux interrogatoires, en attendant dans les prisons, les actes d’accusation et les plaidoiries, un monde entier nous est donné pour voir, à l’image, mais surtout hors de champ. Un monde de misère, où la tentation de l’argent facile commence depuis l’enfance, dans les districts sans horizon à Marseille.
Ce que nous comprenons à travers ces moments saisis devant le tribunal, c’est aussi la vie quotidienne de « Ces travailleurs de la merde »De petites mains du trafic organisées comme une petite entreprise, avec son organisation, ses emplois, ses profils d’emploi : « Nanny », « Watch Out », « Carrier », « Vender » …
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La caméra discrète propose des images soignées, très proches des protagonistes, malgré des conditions de prise de vue complexes. La paire de réalisateurs a travaillé dans la préparation de ce documentaire pendant un an. Alice Otiot a passé de longs mois à la Cour de Marseille, pour établir des contacts avec des magistrats et négocier leur accord pour comparaître dans le film. Les réalisateurs avaient également obtenu l’autorisation administrative de filmer dans la salle d’audience qu’un décret, publié en mai 2022, l’autorise dans certaines conditions.
Il était également nécessaire de convaincre les accusés, dans les quelques minutes précédant le public. Alice Otiot est restée dans les prisons pour convaincre les défendeurs d’accepter d’être filmés, tandis que Jean-Robert Viallet se tenait dans la salle d’audience. « Les prisons sont le ventre du tribunal, un endroit qui contient toutes les craintes et les regrets. Le tournage de cet endroit à Marseille n’avait jamais été fait »explique Alice Audiot.
Ce film, à travers la porte fermée de la cour, dissèque un système qui mène au mieux le plus précaire et le plus fragile derrière les barreaux, au pire pour se terminer par une balle dans la tête. « Je suis le petit échec de la famille »confie l’un des accusés, un autre lâche en apprenant qu’il ne soutient pas la prison parce que sa mère « Il manque trop ».
Les accusés sont des hommes, des femmes, mais aussi des mineurs, qui se trouvent dans la cour pour enfants. « Avez-vous fait le petit calcul que je vous ai demandé de faire? »Demande le juge des enfants (extraordinaire du calme et de l’humanité) à l’accusé, qu’elle semble bien connaître. Ce qu’elle lui demande, c’est de calculer ce que son travail dans les stuples lui a concrètement signalé, en Euros, sans parler des séjours répétés en prison. « Ceux que nous avons filmés sont des esclaves au sens littéral du terme, ils fonctionnent gratuitement »souligne Alice Otiot.
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Les réalisateurs saisissent la dimension dramaturgique de la cour, où tout le monde joue son rôle sur la scène d’un théâtre, offrant leurs moments de tragédie, mais aussi de comédie, dans un jeu où personne n’est dupe. Les magistrats, qui de la lassitude semblent parfois croire en leur texte, font face aux accusés qui, eux-mêmes, jouent leur peau, leur avenir. Nous nous laissons adoucir les accents de la sincérité de certains (autres, agacer ou sang glacial), même si nous savons très bien qu’ils mentent, parce que nous comprenons rapidement qu’ils sont les petites mains d’un trafic dont les véritables responsables et les bénéficiaires, ils ne passeront jamais la porte ou du tribunal, ni de prison.
Le film se termine sur les cris d’une femme que la décision du tribunal renverra en prison. « Rotting Justice! »Elle crie, confondant la «société» et la «justice», sans aucun doute parce que la justice est le seul corps de la société avec laquelle il est toujours en contact, comme la plupart des accusés qui ont réussi dans la salle d’audience. « Il est complexe de juger une population éloignée pendant si longtemps de tout ce qui fait de la société: école, travail, vacances … tout cela est toujours très triste », regrette Alice Otiot.
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Genre : Documentaire
Réalisation: Alice Otiot, Jean-Robert Viallet
Pays : France
Durée : 1h26
Sortie : 1er octobre 2025
Distributeur: Films JHR
Synopsis :: Une grande porte métallique qui glisse pour laisser entrer la police de la police. Les hommes sortent, avec leurs histoires. Les murs, les prisons, les escaliers en pierre, les chambres du public, les coulisses, les larmes, les cris, les regards. Le tribunal de Marseille est submergé par les affaires médicamenteuses. Ceux qui y sont jugés sont les gestionnaires d’une économie du chaos. Ce sont aussi les petits travailleurs de la merde, les enfants qui ont grandi seuls. Ci-dessous, le port, au loin, les districts périphériques, la ville bouillante, remplies de ses blessures. De ses beautés aussi.
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