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« Le mal est en lui », l’accusé « fait pour être cruel », constate un psychologue au procès de « toutes les horreurs »


De notre envoyé spécial à Grenoble

« Il était fait pour être cruel. » Dans la salle d’audience, la sentence résonne encore, sonnant le glas d’éventuelles explications. Et annihilant toute possibilité d’obtenir une quelconque clé de compréhension. Longuement interrogé sur la personnalité de l’accusé, qu’il a interrogé à cinq reprises, le psychologue Raphaël Loiselot est catégorique : Julien*, jugé devant les assises de l’Isère pour avoir violé et torturé trois de ses anciennes compagnes en leur imposant notamment des relations sexuelles avec des chiens. , est « vraiment sadique et pervers ». « Il ne joue aucun rôle. Il est comme ça. »

L’homme, âgé de 34 ans, n’a jamais subi d’abus dans son enfance et a grandi dans une famille dite normale. Certes, ses parents se sont séparés quand il avait sept ans. Sa mère est décédée deux ans plus tard lors d’une chute alors qu’elle montait à cheval. Mais « toutes les personnes qui ont perdu un parent ou connu un divorce ne deviennent pas des tueurs d’animaux en série » ou des tortionnaires, note l’expert. Et d’insister : « Parfois, le mal est là. Chez Julien, le mal est en lui. Il n’y a pas grand-chose qui puisse l’expliquer.

« Cruauté dans la dépendance »

Le garçon a simplement « de la cruauté dans la dépendance ». Aucune différence entre la « race humaine qu’il méprise » et les animaux qu’il aime pénétrer avant de les tuer. « Il utilise son sexe comme une arme de destruction, de souffrance et de mort afin de réduire l’autre à néant », analyse le psychologue, précisant que ses « pulsions meurtrières sont profondément ancrées en lui ».

Aussi surprenant que cela puisse paraître, l’intéressé ne souffre « d’aucune maladie mentale » qui pourrait abolir son discernement, atteste formellement le psychiatre François Renault. Comprenez que Julien est sain d’esprit, « même s’il est psychologiquement perturbé ». Le problème vient d’un « défaut structurel de développement », c’est-à-dire la façon dont il a été construit étant enfant, diagnostique l’expert, interrogé par visioconférence. Un enfant « seul, en décalage avec les autres », « inadapté à l’école » et qui ne supporte pas la « frustration ». A partir de là, la violence prendra de plus en plus de place au fil des années. Et évoluer sous toutes les formes.

« Je ne vois pas comment ça pourrait s’améliorer dans 50 ans »

« Il est autant psychopathe, pervers et narcissique. C’est ce qui fait sa dangerosité », résume Raphaël Loiselot. Alors, l’accusé peut-il « évoluer favorablement ? », demande le président du tribunal. « En vingt-cinq ans de carrière, j’ai rarement vu ces trois facteurs autant exacerbés chez un individu. Ils sont tous en zone rouge et je suis très, très pessimiste, répond la psychologue. Je ne vois pas comment, dans 50 ans, la situation pourrait être meilleure qu’elle ne l’est aujourd’hui.  » L’enjeu est de taille. Vendredi, les jurés devront se mettre d’accord sur la peine à prononcer. Et sur une éventuelle réclusion à perpétuité.

Une surveillance stricte pourrait-elle aider à contrôler ces impulsions ? Là encore, François Renault n’est guère optimiste pour l’avenir. « On ne parle pas d’arrêter la cigarette, c’est bien plus complexe que ça et plus grave. Nous ne sommes pas en train d’appuyer sur le bouton « on » ou « off ». » Déjà hospitalisé depuis cinq ans dans une clinique psychiatrique, l’accusé continuait de tuer des animaux à chacune de ses sorties, rappelle l’expert. « Le problème étant structurel chez lui, on ne va plus le transformer. Nous ne pourrons pas y changer, même si un suivi permettra peut-être un jour d’adoucir certains aspects…. Mais ce n’est pas encore aujourd’hui ! »

Julien a été clair. Sa place est en prison, insiste-t-il. Il ne demande pas à sortir. Cela l’empêche même de répéter ses actes. « Il n’y a rien à contester sur les faits qui me sont reprochés. Pour moi, l’enjeu de ce procès était de comprendre la nature précise qui m’a poussé à les commettre », explique d’une voix calme le jeune homme potelé en baissant la tête. Et de conclure pour les victimes : « J’espère qu’elles sauront se construire un avenir et que cela les aidera à avancer. »

*Le prénom a été modifié

gn france

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