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Le danger de la pollution plastique sur la faune n’est pas un cliché !


La pollution plastique tue des milliers d’animaux chaque année. Depuis le début de la crise sanitaire, la multiplication des masques jetables a accéléré cette pollution, au détriment d’une faune sauvage toujours plus vulnérable. Pour alerter et sensibiliser contre ce fléau, 30millionsdamis.fr partage des photos engagées de photographes animaliers.

Des déchets plastiques dans le bec des oiseaux, un nid fait de masques chirurgicaux… A travers leurs clichés emblématiques, les photographes animaliers tentent de sensibiliser contre les effets catastrophiques de la pollution plastique sur les animaux sauvages.

Plastique : le 6e continent

Une quantité telle que l’on parle du « 6e continent » : chaque année, près de 8 millions de tonnes de plastique sont déversées dans les océans. Un écosystème qui couvre plus de 70% de la surface terrestre et fournit 70% de notre oxygène. Les animaux marins (poissons, mammifères marins, tortues marines) en sont les principales victimes : plus d’un million d’entre eux meurent chaque année des suites de blessures, de mutilations et d’asphyxie causées par ces détritus. Pour ne citer qu’un exemple – et pas des moindres – selon une étude du Plymouth Marine Laboratory (Royaume-Uni) de 2020, 100% des tortues marines ont déjà intégré des déchets plastiques. Récemment, en France, le centre de réhabilitation de la faune sauvage d’Antibes a accueilli une jeune tortue retrouvée coincée dans un sac plastique (06/10/2022).

Le plastique : un piège olfactif

Ce Macareux moine devra savourer le poisson qu’il vient de pêcher… en mode plastique. ©Aurélien Fayolle

Les oiseaux de mer sont également gravement touchés.  » Ils choisissent leur nourriture grâce à leur odorat ; cependant, le plastique peut être confondu avec de la nourriture à cause des algues et des bactéries qui dégagent une forte odeur de soufreexplique le réseau intergouvernemental MedWet, qui œuvre pour la protection des zones humides méditerranéennes. Les oiseaux de mer associent cette odeur à la nourriture et tombent dans des « pièges à odeurs » qui les poussent à manger du plastique au lieu de leurs proies « .

De nombreuses images particulièrement poignantes en témoignent. Dans un cliché d’Aurélien Fayolle, un Macareux avale un gros morceau de déchet plastique :  » Derrière de belles images, il y a aussi une triste réalité qu’il ne faut pas éluder.s’émeut le photographe animalier. Quand le plastique s’en mêle… Selon un rapport du WWF publié en 2018, 90% des oiseaux marins dans le monde ont des fragments de plastique dans leur estomac (« Pollution plastique en Méditerranée. Sortons du piège »). Un taux considérable qui pourrait atteindre 99% en 2050 si les pouvoirs publics n’adoptent pas des mesures drastiques pour y remédier.

Plastique : en ville aussi !

Le danger de la pollution plastique sur la faune n’est pas un cliché !
Sortez du lot. Triste signe des temps au troisième millénaire, les cigognes n’auront d’autre choix que d’amener les bébés dans des sacs en plastique. ©La Minute Sauvage

Sans parler des déchets qui inondent les villes !  » Photographier la faune en milieu urbain, c’est aussi assister à des scènes particulièrement délicates : à Bruxelles, j’ai observé un groupe de cigognes blanches qui venaient se nourrir dans une déchetterie en pleine villese souvient le photographe Thomas Jean, rejoint par 30millionsdamis.fr. Après avoir photographié plusieurs cigognes en train de se nourrir, j’ai vu arriver cet individu, gêné par un sac plastique estampillé du logo du recyclage universel. Les anses du sac entouraient son cou ainsi qu’une de ses jambes. Cependant, elle était toujours capable de voler et de se déplacer au sol. « .

Malgré ses efforts, le photographe ne parvient malheureusement pas à rattraper la pauvre cigogne pour la libérer de cet obstacle. Il a alors eu l’idée d’immortaliser cette scène pour sensibiliser le grand public.  » Considérer le problème du sac plastique uniquement sous l’angle de sa composition, tout en appliquant un logo « vert », est-il suffisant pour résoudre le problème ?demande T. Jean. Cette photo répond à elle seule à la question : notre consommation et l’usage que nous faisons du sac plastique conduisent malheureusement à de véritables pièges pour la faune. »

Le plastique : un fléau aggravé par la crise sanitaire

Si elle est désormais connue et condamnée, la pollution plastique ne cesse d’augmenter. En cause : la crise sanitaire liée au Covid-19. Les masques chirurgicaux censés protéger contre la pandémie sont eux-mêmes faits de fibres plastiques et contiennent en grande partie du polypropylène, un thermoplastique utilisé pour la fabrication des bouchons de bouteilles et qui peut être mortel pour la faune.

Le danger de la pollution plastique sur la faune n’est pas un cliché !
Plus besoin d’apprendre au vieux singe à faire des grimaces… ils seront désormais cachés derrière un masque. ©Mohd Rasfan

Une étude néerlandaise publiée en mars 2021 dans la revue « Animal Biology » met en garde contre ces protections à usage unique, responsables de la mort de nombreux animaux. Piégés dans ces objets abandonnés, épuisés, certains n’ont pas survécu. D’autres ont succombé après avoir ingéré ces déchets, comme un pauvre manchot de Magellan retrouvé mort sur une plage du Brésil en pleine pandémie, un masque facial dans le ventre. Quelques images, devenues tristement célèbres, parlent d’elles-mêmes. En janvier 2021, le photographe Mohd Rasfan a immortalisé des macaques mâchonnant les élastiques de masques usagés sur les hauteurs de Kuala Lumpur, en Malaisie.

Plastique : faites vite !

Ce fléau perdure malgré l’assouplissement des restrictions sanitaires. Début juin 2022, à l’occasion du Festival de la Photographie Nature Ecologique à Cusset (03), le photographe Frédéric Tiller a fait une malheureuse découverte. Alors qu’il observe les Choucas des tours nichant dans les grands arbres de la ville – où l’espèce est devenue aussi commune que le Pigeon biset -, il aperçoit des masques chirurgicaux jetables au milieu des branches qui forment un nid au creux d’un platane.  » Un signe que l’espèce n’hésite pas à tester de nouveaux matériaux, ce qui n’est pas sans risque pour leur progéniture », déplore le photographe animalier.

Le danger de la pollution plastique sur la faune n’est pas un cliché !
Désormais, les Chouca doivent envisager le nid « douillet » au sens propre… en utilisant du plastique paramédical. ©Frédéric Tillier

C’est à nous tous, citoyens et « consommateurs », d’opter pour des emballages éco-responsables. Et les Etats à adopter les mesures nécessaires pour réduire les flux de plastique en mer et sur terre.


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