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Le culte viril des chefs d’armée

L’Europe sort de la pandémie et de ses tourments pour entrer dans l’angoisse de la guerre. L’adversité est de nouveau de mise sur le Vieux Continent. Lors du premier pic de la pandémie de Covid, on avait constaté – cela mérite certainement d’être nuancé – que les pays dirigés par des femmes avaient fait preuve d’une plus grande réactivité, d’une transparence plus avérée et d’une plus grande empathie envers les patients, les familles et leur opinion publique. Par la suite, l’alignement des politiques a fait perdre de vue ce premier constat et certains spécialistes de la cause des femmes ont même mis en garde contre le risque de sexisme inversé.

Au moins, a contrario, en ce début de conflit européen, il n’y a pas de risque de fausse répartition genrée des rôles. Les hommes dirigent le spectacle, et le virilisme souvent déclaré de Poutine en tant que forme d’autopromotion se déploie dangereusement à travers l’Europe.

La réflexion peut être approfondie par la publication de l’ouvrage récent de David Bell le culte des chefs, charisme et pouvoir à l’ère des révolutions. Croisant les biographies de Pascal Paoli, Washington, Bonaparte, Toussaint Louverture et Bolivar, il montre comment, à la fin des révolutions, au lieu de consolider un héritage républicain et démocratique, la voie du césarisme, à fortes nuances, s’est imposée à ces militaires vainqueurs. Certes, les destins sont différents, mais, le plus souvent, leur politique s’est accompagnée de formes masculines d’affirmation de pouvoir, de paternalisme assumé, voire de mise en place de systèmes patriarcaux, visant à minorer leur peuple et l’ensemble des femmes. Ce que résume à lui seul le Code civil napoléonien.

Bien sûr, personne ne songerait à résumer la tragédie ukrainienne à un système de pouvoir masculin, pourtant surjoué par l’image que Poutine veut donner de lui. Il reste que cette image, ainsi que l’une de ses conséquences catastrophiques, à savoir la prétendue vérité de la force démontrée par la puissance des armes, relève bien d’un système global. C’est hérité d’une histoire, ou très souvent des personnages hypermasculinisés, pour ne pas écrire testostérones, comme l’ancien locataire de la Maison Blanche, imposent leur pouvoir arbitraire.

La violence comme horizon ne doit pas être une fatalité dans nos histoires. Nous devons léguer autre chose à notre jeunesse. Un monde à parts égales, avec une pensée mixte, des exigences égales. La déconstruction des dirigeants est possible, et représente une des clés du bonheur futur.


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