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Bertrand Guay / AFP
Les syndicats tels que le CGT de Sophie Binet et le CFDT de Marylie Léon ainsi que les organisations des employeurs, notamment le MEDEF de Patrick Martin, ont commencé les discussions sur le conclave sur les pensions.
Politique – Il n’y a pas de fumée blanche sans feu ni sans matchs. Et dans ce domaine, ceux qui sont disponibles pour les syndicats des travailleurs participant au «conclave» sur les pensions, sont surtout très humides. La conférence des partenaires sociaux recherchés par François Bayrou pour examiner la réforme des pensions reportant l’âge de départ à 64 ans commence son travail ce jeudi 27 février dans l’après-midi.
Autour de la table chaque semaine, ces trois prochains moins: les organisations des employeurs (MEDEF, CPME, U2P), Union Training (CGT, CFTC, CFDT, FO …), le médiateur désigné Jean-Jacques Marette, et en particulier le rapport de la Cour de comptes de Pierre Moscovici la semaine dernière, comme la base des discussions et des négociations. Tout dans un cadre établi par le Premier ministre dans une lettre adressée ce mercredi aux partenaires sociaux: « Restauration du solde financier de notre système de retraite 2030 ».
À partir de là, tout le monde viendra avec sa propre recette et personne n’entendra. Au risque de voir la concerté a fait Pschitt et la réforme reste telle qu’elle est?
Pour les syndicats, c’est 62 ans (mais pas seulement)
En fait, les deux dirigeants du CGT et du CFDT sont très clairs dans leur posture vis-à-vis de la réforme adoptée par 49.3 en mars 2023. Pour Sophie Binet, c’est à l’abrogation pure et simple de ce texte que le conclave doit servir; Marylie Léon affiche, pour sa part, plus de flexibilité. Tout en avançant que le retour à 62 devrait être « La base de discussions »Celui qui a succédé à Laurent Berger a également l’intention de profiter de la séquence pour obtenir des « limites » sur la pénitence et la situation des femmes. Un poste similaire à l’UNSE qui dit qu’il est prêt à « rayer un jour, un mois, un an ». Quant à l’Union de Force Ouvrière, elle n’exclut tout simplement pas de quitter la conférence si le cadre des négociations ne lui convient plus. Et peut-être aussi ce jeudi, car de l’Union Source, c’est à ce stade que le périmètre et le calendrier des discussions seront mentionnés.
Face à ce bloc syndical plus hétérogène qu’il n’y paraît, les organisations des employeurs bloquent et parlent d’une voix: le retour à 62 ans n’est pas le sujet central de ces consultations.
Alors que le MEDEF est fermement opposé à tout vers l’arrière sur l’ère légale et propose même de pousser le curseur plus loin, les autres organisations d’employeurs soutiennent également d’introduire une dose de capitalisation dans le financement. Il s’agit d’une ligne rouge sérieuse pour le CGT, entre autres. Voilà pour les démonstrations de muscle en amont.
Le gouvernement arbitre de la ligne de touche?
Dans la sueur promise par ces négociations, le gouvernement – qui jure la main sur le cœur qu’elle permettra aux partenaires sociaux de décider – n’a pas l’intention de rester complètement sur la touche. Pendant plusieurs jours, les ministres de François Bayrou ont profité du rapport soumis par la Cour des auditeurs pour multiplier les déclarations et les postes dans une langue qui fait écho aux organisations des employeurs.
Lorsque le patron de Bercy, Éric Lombard, juge « Que nous avons absolument des moyens » Pour abroger la réforme de la transmission, le ministre du Travail, Astrid Panosyan-Bouvet, donne une épaisseur à la voie de la capitalisation, à la sous-indexation des pensions ou à une extension de la durée de la contribution. Moyen pour le gouvernement d’afficher ses préférences à faible coût tandis que François Bayrou a promis un changement dans la loi si les partenaires sociaux étaient d’accord. Une perspective improbable telle qu’elle est.
Dans son rapport, la Cour des auditeurs a calculé que le déficit des pensions devrait atteindre 6,6 milliards d’euros en 2025 « Stabiliser » Jusqu’en 2030, plongez-vous à environ 15 milliards d’euros en 2035 et 30 milliards en 2045. L’âge de départ, la durée des contributions, le montant des pensions … le tribunal a également quantifié les effets financiers de plusieurs « Leviers » Possible, comme une congélation possible de l’âge légal à 63 ans ou un passage à 65 ans, mais sans calculer le retour à 62 ans. Sur ce sujet précisément, le conclave risque donc de sonner … concave.
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