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L’Autorité de la concurrence s’associe au débat sur le recyclage des plastiques


Publié le 21 décembre 2022 à 18:45Mis à jour le 21 décembre 2022 à 20:24

Une saisine de l’Autorité de la concurrence peut avoir un effet boomerang. Le gouvernement vient d’en faire l’expérience en ce qui concerne la gestion du secteur des déchets plastiques. Interrogée sur un projet de décret relatif à la procédure d’agrément des éco-organismes du secteur des emballages ménagers, l’Autorité demande un encadrement de l’exclusivité de fait accordée, au printemps dernier, à l’éco-organisme -Citeo organisme sur la gestion des déchets plastiques qui n’est pas assez recyclé, voire pas du tout.

Par un arrêté du 15 mars, au sujet duquel l’Autorité de la concurrence rappelle qu’elle n’a pas été saisie par les pouvoirs publics, Citeo s’est vu attribuer la propriété d’emballages tels que des pots – principalement de yaourt – et des barquettes en polystyrène (PS), des films plastiques et bouteilles et barquettes en polyéthylène téréphtalate (PET) sombres et opaques. Cela avait provoqué un tollé, tant de la part des entreprises de services environnementaux que des communautés locales. Des organisations professionnelles ont même saisi le Conseil d’Etat…

Confinement

L’Autorité de la concurrence participe donc à son tour au débat. Dans l’avis qu’elle vient de rendre, cette dernière considère que « l’exclusivité pour l’organisation […] risques conduisant au verrouillage ou au cloisonnement de la filière des matières plastiques, dans la mesure où il permet aux éco-organismes d’exercer une maîtrise complète des approvisionnements et des débouchés des plastiques non encore recyclés. »

L’Autorité reconnaît néanmoins qu’une telle exclusivité apparaît « nécessaire » dans la mesure où elle donne aux éco-organismes – en l’occurrence Citeo – la capacité de structurer les investissements, et donc la filière elle-même. Elle la juge également « proportionnée » puisqu’elle ne concerne qu’une partie du gisement mondial de déchets plastiques. Cependant, conclut-elle, cette exclusivité doit être limitée et ne pas aller au-delà de 2029.

« C’est un message fort de l’Autorité de la concurrence », commente le délégué général de l’association des collectivités territoriales Cercle national ducyclisme, Bertrand Bohain. « Enfin, nous sommes entendus pour la première fois par une autorité publique, réagit pour sa part, le président de la branche plasturgie de la Fédération professionnelle des entreprises du recyclage, Christophe Viant. Depuis des années, Citeo tente de mettre la main sur une partie des déchets plastiques. »

Percée majeure pour l’économie circulaire

Hasard du hasard, l’avis de l’Autorité de la concurrence est rendu alors que Citeo met justement en place de nouvelles filières de recyclage. L’éco-organisme a annoncé mercredi le lancement d’une filière de recyclage « à grande échelle » pour le polystyrène, avec la possibilité d’un retour à l’usage alimentaire. En clair, une avancée majeure pour le développement d’une économie circulaire dans l’industrie agroalimentaire.

Suite à un appel d’offres, Citeo a retenu deux propositions pour recycler à terme au moins 10 000 tonnes par an. L’essentiel du marché, soit 80 % du flux géré par Citeo, alimentera pendant neuf ans une usine que la société belge Indaver doit ouvrir à Anvers en 2024. Cette unité de production, à vocation européenne, alimentera, grâce à un procédé basé sur la pyrolyse, une matière première qui, une fois polymérisée en Belgique, deviendra du plastique recyclé à usage alimentaire.

Les 20 % restants seront confiés à l’espagnol Eslava, associé au recycleur français Valorplast. Ce duo continuera d’approvisionner les débouchés existants en polystyrène recyclé, c’est-à-dire en granulés transformables en pots de fleurs ou en suspensions.

Bien entendu, c’est la future production d’Indaver qui intéressera particulièrement les entreprises agroalimentaires françaises. Certains d’entre eux ont également été impliqués dans la démarche de Citeo. L’éco-organisme a en effet été soutenu par le « Consortium PS25 » dédié à la réflexion sur l’implantation d’une filière de recyclage du polystyrène en France. Ce consortium a été créé sous l’impulsion de la filière des produits laitiers frais représentée par Syndifrais, Citeo et plusieurs entreprises utilisatrices d’emballages en PS : Agromousquetaires, Bigard, Cooperl Arc Atlantique, Lactalis, LDC, notamment.

Syndifrais, qui confirme son intérêt pour la solution belge, précise également que certains groupes, comme les coopératives Eurial avec la marque « 300 laiteries » et Sodiaal avec les paniers Yoplait, commercialisent déjà des pots de yaourt en polystyrène recyclé produits au Canada.

« Gros boulot »

Surtout, l’initiative Citeo en appelle d’autres. Selon l’éco-organisme, 100 000 tonnes de polystyrène sont mises sur le marché chaque année, dont 60 000 de pots sécables. « Ceci est une étape importante. Nous avons encore beaucoup de travail à faire sur la collecte et le tri des Français », observe sa directrice Recycling Services, Sophie Génier. Par ailleurs, Citeo doit encore conclure des contrats relatifs au recyclage des barquettes PET, PET foncé et opaque, ainsi que des films plastiques.

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