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Nouvelles locales

L’attentat d’Arras, une onde de choc durable pour les enseignants


C’était un geste inoffensif, celui d’un homme marchant dans la rue et mettant la main dans la poche intérieure de son manteau. Lorsqu’il s’est contenté de sortir son téléphone portable, Caroline (elle a souhaité rester anonyme, comme toutes les personnes mentionnées par leur prénom) a néanmoins poussé un soupir de soulagement. Car ce jour-là, alors qu’elle conduisait ses élèves de CP au gymnase la semaine qui a suivi l’attentat du 13 octobre – au cours duquel Dominique Bernard, professeur au lycée Gambetta d’Arras, a été assassiné –, elle ne pouvait s’empêcher d’imaginer que l’individu devant elle pourrait avoir envie d’attaquer le professeur qu’elle est. « On a peur, on se dit que ça pourrait viser n’importe lequel d’entre nous »souffle cette enseignante des Yvelines.

Pour une profession déjà profondément ébranlée par l’assassinat de Samuel Paty, professeur d’histoire-géographie tué par un terroriste à Conflans-Sainte-Honorine (Yvelines) en 2020, l’attentat d’Arras fait l’effet d’un « terrible tremblement de terre avec de multiples répliques »» selon Sophie Vénétitay, responsable du premier syndicat du secondaire, le SNES-FSU.

Après le choc, les hommages, et une dernière semaine de cours d’apnée rythmée par des alertes à la bombe dans de nombreuses écoles avant les vacances de la Toussaint, la question de ses répercussions à long terme se pose désormais, alors qu’élèves et professeurs ont repris le chemin des classes lundi 1er novembre. 6.

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La mort de Samuel Paty, assassiné pour avoir exposé des caricatures de Mahomet lors d’un cours sur la liberté d’expression, avait montré aux enseignants qu’ils pouvaient être tués pour le contenu de certains cours ; celle de Dominique Bernard leur a inculqué l’idée vertigineuse qu’ils pouvaient être visés simplement en raison de ce qu’ils sont. « Notre mission auprès des étudiants, celle qui nous anime au quotidien et à laquelle nous donnons tout ce que nous avons, a été attaquée sans aucun prétexte. Cela m’a vraiment fait prendre conscience de notre vulnérabilité. », explique Marie Cuirot, professeur d’histoire-géographie au lycée de Paris. Malgré un « une combativité réaffirmée », elle se demande maintenant : « Comment continuer ? »

« Les séquelles sont plus profondes qu’en 2020, estime Elisabeth Allain-Moreno, du SE-UNSA. Lorsqu’une crise frappe l’école, on constate généralement qu’elle touche principalement des personnels en situation de fragilité morale ou professionnelle. Cette fois, l’impact se fait sentir même chez les personnes qui ne doutent pas de leur engagement en faveur de l’éducation nationale. »

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