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L’affaire Rushdie divise plus que jamais


Vendredi 19 août, dans la matinée, une dizaine d’écrivains se sont réunis devant la principale bibliothèque publique de New York, sur le Ve Ave. Parmi eux, Paul Auster, Siri Hustvedt, Colum McCann, Reginald Dwayne Betts, les journalistes Tina Brown, Andrew Solomon et Gay Talese. A l’invitation de PEN America, une association d’écrivains attachés à la liberté d’expression, ces célèbres auteurs nord-américains sont venus exprimer leur soutien à Salman Rushdie, toujours hospitalisé après avoir été poignardé à plusieurs reprises lors d’une attaque au couteau le 12 août dernier. les gens assistaient aux lectures et brandissaient des pancartes. Bien peu par rapport à la manifestation qui avait eu lieu trente-trois ans plus tôt, le 22 février 1989, à l’initiative de la même association, suite à la fatwa annoncée par l’ayatollah Khomeiny, condamnant à mort Salman Rushdie pour son roman Les versets sataniques.

« Où êtes-vous allé la solidarité que j’ai ressentie en 1989 ?, se demande aujourd’hui John R. MacArthur, le directeur du Magazine Harper, indigné que le New York Times n’a même pas publié d’éditorial après l’attaque. Où est le front populaire pour défendre la liberté d’expression ? » En 1989, près de 500 personnes se pressaient à l’intérieur des Columns, un loft artistique de Soho, en soutien à l’écrivain britannique. Plus de 3 000 d’autres supporters s’étaient rassemblés devant le bâtiment, bravant la pluie et le froid. Intercalés parmi eux, quelques fanatiques criaient : «  Mort à Rushdie ! »

Rejoignez la publication du livre

A l’origine de l’événement, le journaliste John R. MacArthur, qui avait, en décembre 1988, publié en exclusivité les bonnes feuilles du versets sataniques. Il considéra alors qu’il était de son devoir de soutenir Rushdie, qui commençait sa vie clandestine sous la protection des services secrets britanniques. Susan Sontag, qui fut présidente du PEN Club, entreprit après elle de convaincre les auteurs de participer à une lecture publique du versets sataniques. Il a rassemblé vingt et une personnalités, dont Joan Didion, Claire Bloom, Edward Saïd, Don DeLillo ou, déjà, Gay Talese. Il a fallu un peu pousser Norman Mailer, mais il a rejoint la troupe. Sontag a alors fait appel au « courage civique », à « refus d’être intimidé ».

« La lâcheté est horriblement contagieuse, mais cette terrible semaine a montré que le courage peut aussi être contagieux », écrit Christopher Hitchens dans ses Mémoires. Le rallye n’était pas une déroute « chic radical »selon la formule de Tom Wolfe, qui raillait les postures révolutionnaires des « Les gauchistes de Park Avenue ». Il s’agissait de s’associer symboliquement à la publication du livre, et donc de se répartir les risques en se déclarant « co-responsable » de l’édition.

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Cammile Bussière

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