« L’Affaire Bojarski », une histoire vraie incroyable et un excellent divertissement grand public

Dans « Les Experts Cinéma » cette semaine, Matteu Maestracci revient sur les films « L’Affaire Bojarski » de Jean-Paul Salomé et « Furcy, né libre » d’Abd al Malik.
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On se demande comment cette belle – vraie – histoire n’a pas été adaptée auparavant : Ian Bojarski, né en 1912 et mort en 2003, était un célèbre contrefacteur, ingénieur architecte de formation, citoyen polonais réfugié en France après la Seconde Guerre mondiale.
Inventeur brillant mais méprisé, qui doit vivre de petits boulots dont certains peu légaux. À partir de 1950, il commença à fabriquer et à vendre des billets contrefaits, à l’insu des autorités et de sa propre famille. Le trajet durera près de 15 ans. Le réalisateur Jean-Paul Salomé a été attiré à la fois par le génie créateur du personnage et par sa solitude.
Dans le rôle principal, Reda Kateb est parfaite, avec sa douceur et sa minutie. A ses côtés, Bastien Bouillon, Sara Giraudeau et Pierre Lottin (même Arthur Teboul, de Feu ! Chatterton, fait une apparition) pour un excellent divertissement grand public, avec du suspense et de l’humour, dont on espère vraiment qu’il fonctionnera.
Le chanteur, écrivain et réalisateur, entreprend ici de nous raconter une partie de la vie de Furcy Madeleine, un esclave réunionnais du XIXe siècle resté célèbre pour les poursuites judiciaires engagées contre ses maîtres pour retrouver sa liberté. Cette histoire intime accompagne la grande Histoire, celle de la traite négrière et des lois régissant l’esclavage dans la France post-napoléonienne.
Film historique donc, avec Makita Samba dans le rôle titre, mais aussi Anna Girardot, Romain Duris, Vincent Macaigne (entre autres). Abd al Malik estime que son film correspond à un angle mort, un manque, dans la fiction, qui selon lui est aussi lié au manque de représentation dans le cinéma français.
Non exempt de défauts, parfois trop solennel ou un peu surchargé, avec quelques comédiens jouant au hasard, Furcy, né libre a encore le mérite d’éclairer une période méconnue de l’histoire de France. Il serait sans doute bienvenu de projeter ce long métrage en milieu scolaire.
Source | domain www.franceinfo.fr




